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Ny permet qu'an langage, et sans suite et sans choix,
La liberté, l'amour, la feinte et la méprise
Sont les divinités de ce lieu de franchise.
La vanité se tait, la padeur s'enhardit;
Lise, laisse échapper un mot, qui la trahit :
Ici, c'est un secret, qu'a surpris l'artifice;
Une vengeance, ailleurs, qu'on tire avec malice

: ;
Les intrigues partout, les sermens vrais ou faux,
Les ruses des amans, les piéges des 'rivaus;
Même la jalousie a pris l'air de la joie.
Chacun avec ardeur se cherché, se coudoie,
Se quitte, se reprend dans ces lieux enchantés.
Damis passe', repasse , attaque vingt beautés;
Questionne, à travers le tourbillon qui roule,
N'atiend pas la réponse, et-se perd dans la foule.
Agréable désordre, et passe-tems chéris ,
Formés du bruit confus des danses et des ris ,
Rapide enchantemeni de ce lieu de délices ,
D'égalité, d'ivresse ; et de joyeux capricesă pentrs

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BAL DE STRASBOURG (le), opéra-comique en un acte , par Favart , de la Garde et Laujeón , à la Foire Saint-Laurent, 1744.

Cette pièce, donnée à l'occasion du rétablissment de la santé de Louis XV , ne pouvait manquer, dans les cir. constances, d'être fort agréablement' reçue : mais, ce qui en fit le principal succès, ce fut le vaudeville touchant de la scène du courrier , dont les paroles et l'air sont de Favart et que toute l'assemblée chantait avec les acteurs. Il lui valut une députation des dames de la halle , avec un présent de fleurs et de fruits.

BALETTI (Joseph), dit MARIO, né à Munich , et mort en 1762. Il fut un des acteurs italiens , que Riccoboni amena à Paris, en 1716, lorsque le régent voulut rétablir la Comédie Italienne dans cette capitale; et, il y joua les rôles d'amoureux. En 1720, il épousa Jeanne-Rose Benozzi , si connue depuis sous le nom de Silvià , une des plus parfaites actrices qui aient paru sur aucun théâtre. Les vers suivans font connaître ce qu'on pensait des talens et du caractère de son mari :

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BALETTI (Gianetta-Rosa Benozzi), dite SILVIA, née à Toulouse de parens Italiens , est venue fort jeune, en 1716, à Paris , où elle épousa Joseph Baletti , dit Mario. Elle a joué, pendant quarante-deux ans, les rôles d'amoureuses, avec des applaudissemens et un succès toujours soutenus ; et elle est morte regrettée du public, en 1758.

BALETTI (Louis), fils des précédens, débuta à la Comédie-Italienne dans le Petit-Maître Amoureux , fit le rôle, qui donne le titre à cette pièce , et fut reçu , quelques années après, pour la déclamation et pour la danse, dans laquelle il excella. Lejour de son début , la demoiselle Silvia, sa mère, avait favorablement disposé le parterre , par un compliment, qui fut fort applaudi. Le jeune aéteur, auquel on trouva beaucoup de dispositions, ne le fut pas moins. Il fut reçu avec Carlin, au mois d'août de l'année suivante. C'est pour lui qu'on a fait ce quatrain :

Baletti, lorsque je te vois,
J'entends anssitôt le parterre
Se récrier, tout d'ane vois :
Son talent est héréditaire!

BALICOURT ( Marguerite - Thérèse de ) débuta aux Français , en 1727, par le rôle de Cléopâtre dans Rodegune, et fut reçue dans la même année. Elle remplissait les rôles de reines et de mères , et quitta le théâtre en 1738, avec la pension de mille livres , dont elle jouit jusqu'à sa mort, arrivée en 1743

BAL-IMPROMPTU ( le ), opéra-comique de Harvyä musique de Desbrosses , aux Italiens, 1760.

Un homme de condition, voulant donner une fête à sa campagne, imagine de déguiser les valets en maîtres , et les maîtres en valets. Delà, différentes scènes, ou ces derniers , parlant de leurs maîtres, comme s'ils ne devaient plus redevenir leurs valets, sont punis; et la subordination, dans laquelle ils rentrent, termine la fête et l'ouvrage.

BALLET. Danse figurée , exécutée par plusieurs per-, sonnes , qui représentent , par leurs pas et leurs gestes, au son des instrumens et de la voix, une action naturelle ou merveilleuse. Nous ne le considérons ici

que

relative ment à la partie dramatique.

Les Égyptiens firent les premiers , de leurs danses , des hiéroglyphes d'actions, pour exprimer les mystères de leur culte, le mouvement réglé des astres , l'ordre immuable et l'harmonie constante de l'univers. Les Grecs les imitèrent en ceci ( Voyez Cheur); et, chez eux le ballet renferma souvent des allégories ingénieuses , qui lui fit donner le nom de Danse Philosophique.

Ce fut , vers le quatorzième siècle, qu'il fut en Europe une composition théâtrale, et servit à célébrer les mariages des rois, les naissances des princes et les grands événemens.

Les grands þallets, sę divisèrent en plusieurs espèces :

Les ballets historiques sont les actions connues dans l'histoire , comme 'le Siege de Troie , les Victoires d'Alexandre, le Retour d'Ulysse.

Les ballets fabuleux sont tirés de la fable, comme le Jugement de Paris, la Naissance de Vénus. Les ballets poétiques, qui sont les plus ingénieux, étaient de plusieurs espèces , et tenaient pour la plupart de l'histoire et de la fable. Ce spectacle avait des règles particulières , comme le poëme épique, la tragédie et la comédie.

L'unité de dessin était seule nécessaire , et l'on n'exigeait ni l'unité de tems , ni celle de lieu.

La division ordinaire des ballets était en cinq actes; et chaque acte était divisé en trois, six, neuf , et quelquefois douze entrées. (Voyez Entrée.)

On nous a conservé l'idée de quelques-uns de ces ballets. En voici un de ceux qu'on appelait Allégoriques. Il fut donné, au mariage d'une princesse de France et du duc de Savoie. Le gris de lin en fut le sujet, parce qu'il était la couleur favorite de la princesse.

Au lever de la toile, l'Amour parait et déchire son bandeau : il appelle la lumière, et l'engage par ses chants à se répandre sur l'univers, afin que, dans la variété des couleurs , il puisse, choisir la plus agréable. Iris étale , dans les 'airs , les couleurs les plus vives. L'Amour se décide pour le gris de lin. Il veut qu'à l'avenir il soit le symbole d'un amour sans fin.

Quelques-uns de ces ballets portaient le titre de Ballets Moraux, comme celui qui était intitulé : la Vérité , ennemie des Apparences et soutenue par le Tems. On voyait d'abord l’Apparence portée sur un grand nuage,

vêtue d'une étoffe de couleur changeante , ornée de différens attributs, et environnée des Fraudes et des Mensonges. Le

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Tems paraissait, avec une horloge de sable , de laquelle sortaient les Heures et la Vérité.

A l'époque de l'établissement de l'Opéra en France, on conserva le fonds du grand ballet ; mais on en changea la forme. Quinault imagina un genre, où les récits firent la plus grande partie de l'action, et où la danse ne fut plus qu'un accessoire. Sęs successeurs l'imitèrent dans ses bala lets , et restèrent fort au-dessous de lui.

La Mothe, en 1697, créa un genre nouveau qui fut adopté. L'Europe Galante a servi de modèle à tous les ballets , qu'on a donnés depuis. On se plaint que, dans la plupart de ces ballets, les actes forment autant de sujets différens , liés seulement entr'eux par quelques rapports généraux, étrangers à l'action, et que le spectateur n'apercevrait jamais , si l'auteur n'avait soin de l'en avertir dans le prologue. Malgré cet inconvénient, il paraît qu'on ne se détachera pas facilement d'un genre , qui produit une grande variété, sans exiger du poëte de grands efforts de génie.

Le ballet de cette nouvelle forme consiste en trois ou quatre entrées , précédées d'un prologue.

Le prologue et chacune des entrées forment des actions séparées , ayec un ou deux divertissemens , mêlés de chants et de danses. Le fonds du ballet, et des danses qu'il amène , doit être galant, noble, intéressant ou badin, suivant la nature des sujets, Telle est au moins la forme de tous ceux qui sont restés au théâtre.

L'amateur de la vérité et de la nature a souvent demandé çe que signifiait tel ballet , où l'on balançait les bras , ou l'on levait alternativement les pieds sans dessein marqué, où l'on dansait enfin pour danser. Les arts sont tellement soumis à une routine puérile et invétérée, que l'on a vų.

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