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prologue, en vers, mis en musique, par Aubert, 1722.

Le Ballet des Vingt-quatre Heures, composé pour une fête, donnée au roi, par M. le Duc, à Chantilly, est un ambigu-comique., onvrage de fantaisie, dont le phıs grand mérite consiste dans la nouveauté. La scène d'un ivrogne , qui prend le Pont-Neuf pour son appartement, et celle d'Arlequin , près d'être pendu, fait chanter et danser sès juges, se jouent encore souvent à la Comédie Italienne, avec des 'augmentations qui tiennent à la farce. On trouvė, darts cé même ambigu, la comédie des Paniers, et le Rendez-vous Nocturne. Dans l'une, madame Vertugadin fournit i un amant, qu'elle cache-sous un grand panier, la facilité d'enlever sa maîtresse. L'autre, est une tracasserie de valets, qui se disputent le cœur d'une servante. Ces différentes pièces, mêlées de chants et de danses , occupèrent plus de deux cents personnes, prises dans les divers speetacles de Paris. Ces beaux jours de réjouissances et de fêtes par ticulières , a dit un écrivain du tems, në se trouvent plus que dans les fastes de Chantilly'; de Saint-Cloud et de Sceaux.

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BALLET EXTRAVAGANT (le), comédie erf un acte, en prose , de Palaprat, 1690.

Julie, mère d'Angélique et de Marianne, est si fort entêtée de musique, qu'elle veut mettre sur pied ùn opéra. C'est ce qui fait naître à Clitandre et à Dorante l'idée d'ene lever ces deux filles, dans un ballet qui a pour' titre : L'Enlèvement des Sabines.

BALOURDE (la), comédie en in aete , au Théâtre

Italien , 1717

Flaminia, âgée de vingt-un ans, s'amuse encore à faire des poupées et d'autres jeux d'enfant. Lélio, qui en devient amoureux, à cause de son innocence ; se déguise en ouvrier, pour s'introduire dans la maison de son père : il se prête d'abord à tous les enfantillages de sa maltresse, joue avec elle à la cligne-musette, et à colin-maillard. Il lui enseigne ensuite le jeu d'amour; et voici comme il s'y prend : il la prię de le regarder fixement, et d'arrêter ses yeux sur les siens. Il soupire en même tems, et lui'serre la main; Flaminja le regarde, lui serre la main, et soupire, à son tour. Pantalon arrive, dans ces circonstances , et veut tuer Lélio , comme un vil suborneur; alors, Lélio se découvre; et le docteur, ami de Pantalon, qui, accourt au bruit, détermine ce dernier à donner sa fille à Lélio's dont il rend un bon témoignage,

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BALTHAZAR , tragédie en cinq actes et en vers, par Petit, curé, imprimée en 1756.

Rien n'est plus simple; que cette tragédie. Le sujet est un festin splendide. Cyrus s'avance vers Babylone; Nitocris, mère de Balthazar, Aristée son épouse et Artabaze son confident, veulent l'engager à se mettre à la tête de son armée ,, et à marcher contre l'ennemi: De leur côté, les Mages d’Assyrie lui représentent qu'il ne peut, sans impiété, se dispenser du festia, qui se dopne en l'honneur des dieux du pays: Balthazar.y assistera-t-il? n'y assistera-t-il pas? tel est l'unique fondement des cinq actes; enfin, Balthazar) un, peu gourmand, se décide pour le festin. La table est dressée sur le théâtre. Balthazar passe'la nuit dans le vin et dans la débauche; il boit dans les vases sacrés du Temple de Jérusalem, pour insulter au Dieu d'Israël. Tout-à--coup, une main invisible trace , en hébreu, sur la muraille de

la salle du festin, ces trois mots, qui épouvantent le roi, et que les mages ne peuvent deviner : Mané, Thécel', Pharès. Cyrus , cette nuit même , s'empare de Babylone ; Balthazar est massacré par ses soldats; Nitocris et Aristée accablent le vainqueur d'injures. Le tendre 'Cyrus s'enflamme pour Aristée ; il lui offre sa main, qu'elle rejette avec indignation. Ces deux femmes sortent, en disant qu'elles vont se tuer; et voilà le dénouements il ne reste plus qu'à donner une idée de la versification : les vers sont pris au hasard :

me Je lui veus épargner l'horreur de voir Cyrus,
» Au trône de mon", fils indignement intrus.

» Soulevez, s'il le faut, le bras de l'univers;

Inplorez même éncor les cieux et les enfers.

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19 Occapé d'une fête, où, parmi la crapulé,
>> Lai nuit ne connaitra, ni remords, ni scrupule.

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» Ma coupe, malgré moi , s'échappe de mes doigts ; » Et je sens peu à peu se dérober ma vois : **» Mes yeux sont chancelans; mes genoux s'entre-choquent;

) Et toutes les horreurs à la fois me suffoquent.

et

BALUSTRADES. Le 23 mai 1759, jour de la rentrée, le théâtre s'ouvrit par la représentation des Troyennes

du Legs. Un applaudissement général et, réitéré avec transport , dit un historien , partit au lever de la toile, à l'aspect de la scène, devenue libre par: la suppression des Balustrades. Cette heureuse innovation, désirée depuis si long-tems par les amateurs du théâtre, et dont Voltaire, qui en connaissait , plus que

personne, l'importance, avait fait plusieurs fois sentir la nécessité, dans les préfaces de ses pièces, est la plus agréable époque de l'histoire du Théâtre. Le comte de Lauraguais, sentant combien cette aisance de la scène ajouterait au mérite brillant des chefs-d'oeuvre de Corneille, de Racine et des modernes, et rajeunirait, pour ainsi dire, ceux des auteurs dramatiques les plus anciens, envoya une somme aux Comédiens, sous la condition qu'ils débarrasseraient pour jamais le théâtre des obstacles, qui s'opposaient au jeu des acteurs, et à l'illusion si propre au charme de la représentation.

Tout Paris, dit aussi Saint-Foix, a vu avec la plus grande satisfaction , en 1759, le premier de nos Théâtres , notre Théâtre par excellence , tel qu'on le désirait depuis si long-temps, c'est-à-dire, délivré de cette portion brillante et légère du public , qui en faisait l'ornement et l'embarras; de ces gens du bon ton; de ces jeunes officiers, de ces magistrats oisifs, de ces petits-maîtres charmans, qui savent tout sans rien apprendre , qui regardent tout sans rien voir , qui jugent de tout sans rien écouter ; de ces appréciateurs du mérité qu'ils méprisent ; de ces protecteurs des talens qui leur manquent ; de ces amateurs de l'art qu'ils ignorent. La frivolité française ne contrastera plus ridiculement avec la gravité romaine. Le marquis de ***, sera placé dans l'éloignement, où il convient qu'il soit d'Achille, de Nérestan , de Chatillon, etc.

BANIÈRES (N.) debuta en 1729, par Mithridate , dans la tragédie de ce titre. Il joua ce rôle avec tant d'emportement, qu'il fit rire tout le monde. A la fin de la pièce , il se présenta au parterre , et lui dit: qu'il le suppliait de

revenir

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tėvenir le samedi suivant , pour juger s'il avait profité de la leçon; il joua ce jour-là, avec tant d'intelligence, qu'il fut fort applaudi. Quelque tems après, ce comédien, ayant été reconnu pour déserteur , fut arrêté et condamné , par un conseil de guerre , à avoir la tête cassée : beaucoup de gens s'employèrent pour obtenir sá grâce, surtout la Comédie; mais rien ne pút le sauver.

BAOUR-LORMIAN (M.), auteur de quelques satires, des traductions de la Jérusalem délivrée, et des poemes d'Ossian. Il a composé une tragédie d'Onasis, ou Joseph en Égypte , dont le mérite semble annoncer un digne émule de nos tragiques modernes.

BAPTISTE, ou LA CALOMNIE, tragédie traduite du latin , de Buchanan, par Pierre Brinon, 1613.

Dans cette vieille pièce, on trouve deux yers remarquables, que voici :

Par moi, le peuple obéirait aux rois,
Les rois à Dieu, si je faisais des lois.

BAPTISTE ( ainé ) jouait, depuis quelques années, avec distinction, à un nouveau Théâtre, établi au Marais sous les auspices de Beaumarchais ; il y avait créé le rôle du comte Almaviva , dans la Mère Coupable; et ses succès, dans le Glorieux , dans Robert, Chef de Brigands, et d'autres ouvrages, avaient déterminé les directeurs du Théâtre de la rue de Richelieu à s'attacher cet estimable comédien.

Ses débụts dans la Coquette Corrigée, dans Nanine, l'Homme Singulier , la Métromanie, etc. , furent vus avec

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