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fait, tome VIII, page 314 et suivantes; Petitot, p. 16.) Ce n'était qu'à Paris que Molière pouvait bien étudier ce ridicule.

Dans sa Préface, il distingue les précieuses ridicules des véritables précieuses. Segrais a dit dans des vers à madame de Châtillon :

Obligeante, civile, et surtout précieuse ;
Quel serait le brutal qui ne l'aimerait pas ?

(42) Ces accusations se trouvent consignées dans les Nouvelles Nouvelles , de Devisé, et dans l'Avertissement des Véritables Précieuses , de Somaise, déjà citées.

Selon l'Histoire du Théâtre-Français , des frères Parfait , et l'Histoire de Paris, par M. Dulaure, 1re édition, tome IV, p. 165, ce Guillot-Gorju, également surnommé Saint-Jacques, et dont le véritable nom était Bertrand HAUDRIN, selon l'un , et Nicolas HARDUIN, selon les autres, succéda à Gautier Garguille, Gros Guillaume et Turlupin. Il avait étudié en médecine, même en pharmacie, et renonça à ces sciences pour embrasser la carrière du théâtre. Il jouait ordinairement les rôles de médecins ridicules, et les faisait rire eux-mêmes. Il était grand, noir et fort laid ; il avait une excellente mémoire, et aommait avec une volubilité extraordinaire les drogues des apothicaires et les instrumens de chirurgie. Après avoir joué des farces pendant huit ans, il se retira à Melun, où il exerça la profession de médecin. Ennuyé de son nouvel état, il tomba dans une mélan

colie qui l'obligea à revenir à Paris, où il mourut en 1648. Petitot prétend que Somaise ne fit ses Véruables Précieuses qu'à l'instigation des comédiens de l'hôtel de Bourgogne, jaloux de Molière. Voir notre Notice sur les Précieuses ridicules, tome 1, page 384, de notre édition des OEuvres de Molière.

(43) Bussy Rabutin, qui avait cherché à séduire Madame de Sévigné, sa cousine, et qui avait vu ses vaux rebutés, se vengea de ses mépris en l'attaquant dans son Histoire amoureuse des Gaules, t. 1, p. 234, édit. de 1754, in-12 (voir dans cet ouvrage l'Histoire de Madame de Sévigny). L'auteur pour qui la réputation d'aucune femme ne fut sacrée, se borne à taxer de licence l'imagination de la beauté cruelle : « Toute » sa chaleur est à l'esprit... Si l'on s'en rapporte à ses » actions, je crois que la foi conjugale n'a point été » violée; si l'on regarde l'intention c'est tout autre » chose. Pour parler franchement, je crois que son » mari s'est tiré d'affaire devant les bommes, mais je » le tiens C... devant Dieu. » C'est aussi d'elle qu'il a voulu parler quand il a dit dans ses Mémoires secrets (édition de 1721, t. 2, p. 108): « Il arriva encore , » pour achever de me mettre mal avec lui (Fouquet),

qu'il devint amoureux de ***, et que celle-ci n'étant » pas favorable à ses veux, il s'en prit à moi, me crut » bien avec elle, et ne put s'imaginer qu’une dame pût » résister aux graces qui accompagnent les Surinten» dans, si elle n'était prévenue d'une grande passion.

Quelque temps après, elle le désabusa sans qu'il lui » en coûtât la moindre faveur : il changea son amour

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» en estime pour une vertu qui lui avait été jusqu'alors » inconnue. »

(44) Le 4 ou le 5 novembre 1660. ( Histoire du Théâtre-Français par les frères Parfait, t. IX, p. 13.) Cette salle était contiguë au Palais-Royal , du côté de la rue des Bons-Enfans. C'est après l'incendie qui la consuma en 1781 que l'on bâtit celle de la Porte Saint-Martin , qui fut élevée et mise en état de recevoir les dieux de l'Olympe en quarante jours. (HisLoire de Paris, par Dulaure, 1re édition in-8°, t. 4, p. 157 et 158).

(45) Presque tous les éditeurs de Molière fixent, nous ne savons pourquoi, la première représentation dle cette pièce au 24 juin 1661. La Muse historique de Loret, dans sa feuille du 17 juin , annonçait qu'elle avait été jouée le 12 de ce mois, chez le surintendant Fouquet devant la reine d'Angleterre, Monsieur et MADAME, et que cet ouvrage faisait le charme de tout Paris. On aura donc écrit à tort le 24 pour le 4.

(46) Les Mémoires du temps, et entr'autres ceux de Saint-Simon, de Bussy-Rabutin , et de Choisy; les lettres de Madame de Sévigné, etc., etc., contiennent sur Fouquet un grand nombre des faits qui précèdent. M. Walckenaer, dans le cadre duquel cet épisode et tous ses détails rentraient nécessairement, en a tracé un tableau fort intéressant, auquel nous croyons devoir renvoyer nos lecteurs, Histoire de la Vie et des Ouvrages de La Fontaine , in-8°, 3me édition , pag. 75, et suivantes.

(47) Grimarest, page 49, dit que ce ne fut pas

M. de Soyecourt, mais une personne qu'il a des ralsons pour ne pas nommer, qui dicta cette scène tout entière à Molière dans un jardin. Nous avons aussi nos raisons pour accorder plus de confiance à Menage, auquel on doit la première version , qu'à Grimarest.

(48) Outre la comédie des Fâcheux, faite, apprise et jouée en quinze jours, nous voyons encore Molière composer et faire jouer, en huit jours, l'Impromptu de Versailles , en cinq, l'Amour médecin.

(49) La Monnaye , trompé probablement par ce bruit , dit, en parlant de Chapelle , dans la préface de son Recueil de pièces choisies tant en prose qu'en vers, La Haye, 1714; «C'est à lui qu'est due une grande » partie de ce qu'ont de plus beau les comédies de Molière, qui le consultait sur tout ce qu'il faisait, et

qui avait une déférence entière pour la justesse et la délicatesse de son goût. »

Callières a adopté la même opinion (voir p. ij de la préface des OEuvres de Chapelle et de Bachaumont , 1755.) On lit aussi dans la Vie de Molière, par Grimarest, pages 226 et 227, et dans le dictionnaire de Moréri , qu'à la suite d'un défi porté par Molière à Chapelle, celui-ci traita le sujet du Tartuffe dont Molière lui avait donné le plan, et que « une famille de Paris, jalouse avec justice de la réputation de Chapelle, se vantait de posséder l'original du Tar» tuffe, écrit et raturé de sa main. » Il n'est

pas

douteux que Molière sachant très-bien, par la scène des Fâcheux, à quoi s'en tenir sur le talent de Chapelle

»

pour la comédie, n'aura pas été lui proposer une sorte de cartel littéraire; il l'est encore moins qu'il n'aura nullement pu profiter de l'ouvre de son ami.

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