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» prit et de lumière ; mais, avec votre permission, » M. le maréchal , je crois me connaîtrr en vers aussi v bien qu'eux. » Là-dessus , le maréchal accourt chez le Roi, et lui dit d'un air vif et impétueux : a Sire, » n'admirez - vous pas l'insolence de Despréaux , qui » dit se connaître mieux en vers que Votre Majesté ?

Oh! pour cela, répondit le Roi, je suis fâché » d'être obligé de vous dire, M. le maréchal , que Des» préaux a raison. »

(8) Devisé dit au sujet de cette raillerie contre les marquis : « Il ne suffit pas de garder le respect que » nous devons au demi-dieu qui nous gouverne; il faut épargner ceux qui ont le glorieux avantage de l'ap» procher, et ne pas se jouer de ceux qu'il honore de »son estime. » (Lettre sur les affaires du Théâtre.) La Harpe a répondu à ce censeur : « Les raisonnemens » de ce Devisé sont aussi forts que ses intentions sont » loyales. Il veut que les personnages de comédie » soient tous des héros , parce que ce sont des gens

de » cour; il veut qu'ils ne puissent pas être ridicules , » parce que ce sont des gentilshommes; il veut que » chacun d'eux prenne Molière à partie, et il ne songe » pas que des peintures générales ne peuvent jamais » offenser personne. Il serait superflu d'opposer des » vérités trop connues à une déclamation trop absurde. » Je ne l'ai citée que pour faire voir qu'en tout temps » les mauvais critiques ont été aussi des hommes très» méchans, et que, non contens de dénigrer l'ouvrage, » ils se croient tout permis pour perdre l'auteur. »

(9) « C'est une satire cruelle et outrée, a dit Vol

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» taire: la licence de l'ancienne comédie grecque n'allait » pas plus loin. Il eût été de la bienséance et de l'hon» nêteté publique de supprimer la satire de Boursault »et de Molière. Il est honteux que des hommes de

génie et de talent s'exposent, par cette petite guerre, » à être la risée des sots. » Palissot, dans ses Mémoires sur la Littérature , article Molière, porte un jugement semblable.

(10) Josias de Soulas, écuyer, sieur de Prinefosse, né en Brie , était fils d'un gentilhomme d'origine allemande, qui s'était retiré dans cette province après avoir embrassé la religion catholique. Josias de Soulas, ayant fini ses études, prit le parti que prenaient ordinairement les jeunes gentilshommes sans fortune, celui des armes. Il entra d'abord dans le ré giment des Gardes Françaises du Roi (Louis XIII), puis passa dans le régiment de Rambure, avec le grade d'enseigne. Quelques compagnies de ce corps ayant été supprimées, de Soulas, compris dans cette mesure et privé de ressources, embrassa la profession de comédien, et prit le nom de Floridor. Il se vit successivement applaudir en province, puis à Paris au théâtre du Marais, et ensuite à celui de l'hôtel de Bourgogne. Il obtint un égal succès comme auteur et comme orateur de la troupe. Il avait beaucoup de grace et de noblesse dans les manières. Il ne se borna pas à se concilier les suffrages de tous les spectateurs; il sut encore commander l'estime et la considération publique. Au milieu de la corruption du théâtre, il menait une vie exemplaire. On l'aimait beaucoup

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à la cour. Louis XIV lui-même, dont il était connu particulièrement, se fit un plaisir de lui accorder plusieurs graces tant pour lui que pour sa compagnie.

Étant tombé dangereusement malade vers la fin de 1671 ou au commencement de 1672 , le curé de Saint-Eustache, M. Marlin ,' qui l'assista, exigea de lui la

promesse de ne jamais remonter sur le théâtre. Il revint de cette maladie et tint fidèlement sa promesse. Il ne survécut pas long-temps à sa retraite. (Le Théâtre Français par Chapuzeau, p. 182 ; Lettre sur Molière et sur les comédiens de son

mps, Mercure de juin 1738, p. 1134 et 1135; Histoire du TheatreFrançais par les frères Parfait, t. VIII, p. 217 et suiv.; Galerie du Theâtre-Français , par M. Lemazurier , t. I. , p. 263 et suiv.

(11). Le plus grand nombre des historiens du théâtre attribue à cette cause la fin tragique de Montfleuri. D'autres prétendent même que a le cer» cle de fer qu'il était obligé d'avoir pour soutenir » le poids énorme de son ventre n'empêcha point » que, par les mêmes efforts, son ventre ne s'ou» vrit'. » Les frères Parfait , qui rapportent ces deux versions, p. 129 du tome VII de leur Histoire du Théâtre-Français, transcrivent aussi un passage d'une

1. Ce curé de Saint-Eustache au commencement de 1672, l'était probablement encore au mois de février 1673, où Molière termina sa carrière. Défense lui fut faite de recevoir le corps de cet homme de bien.

2. Voir le mot de Cirano de Bergerac, sur l’excessif embonpoint de Monfleuri, Note 12 du ivre I.

lettre qui leur fut adressée, le 17 février 1739, par mademoiselle Desmarres, actrice, arrière - petitefille de Montfleuri : « A l'égard de Montfleuri père, » il est faux que le rôle d'Oreste ait été la cause de » sa mort, par une veine qu'il s'était cassée ; ma » grand' mère m'a conté cette mort plusieurs fois;

mais les particularités paraitraient des fables, si on » les exposait au jour. Il est seulement certain que » Montfleuri , étant chez un marchand de galons, un

inconnu qui s'y trouva l'avertit de songer à lui, » parce qu'il était bien malade. Montfleuri ne fit pas » grande attention aux discours d'un homme qu'il » regardait comme un fou; mais, de retour chez lui, » ayant appris que la même personne était venue » dire à ses domestiques que leur maître était en grand danger , il se sentit ému, frappé. Il alla le » soir jouer Oreste, revint avec la fièvre , et mourut » en peu de jours.... Je ne puis vous en donner d'au» tres preuves que de l'avoir entendu dire à sa fille , » mademoiselle d'Ennebault, ma grand’mère. Elle » m'a dit aussi que, comme son père était à l'article » de la mort, plusieurs de ses camarades, les méde»cins et le confesseur étant dans la chambre, le » même inconnu entra, et dit à Montfleuri , qui le re» connut : « Allons , Monsieur, cela ne sera rien; que » l'on me donne du vin et un verre. » Les médecins » avaient condamné le malade, et soutinrent à sa » femme que c'était un charlatan; le confesseur, que » c'était un sorcier. Le malade criait en vain qu'on » donnât à cet homme ce qu'il demandait; on fut

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» sur le point de l'arrêter. C'était sur les neuf heures » du soir ; il s'en alla, et, étant sur le pas de la » porte, il dit : « J'en suis fâché ; j'aurais tiré ce pau» pre Montfleuri d'affaire ; mais il ne passera pas mi» nuit : » ce qui arriva ».

Sans doute cette rupture de veine n'est pas un événement ordinaire; mais on répugne moins à y ajouter foi qu'à l'histoire du sorcier de la petite-fille de Montfleuri. Cette première version est d'ailleurs confirmée par un journal du temps, la Gazette de Du Lorens, du 17 décembre 1667 (Histoire du Théâtre - Français, par les frères Parfait, tome VII, p. 132); et une semblable fin n'était pas sans exemple parmi les acteurs de ce temps. Le célèbre Mondory tomba en apoplexie et mourut peu après, pour avoir joué avec trop de chaleur le rôle d'Hérode, de la Mariamne de Tristan, (Histoire du Théâtre-Francais, par les frères Parfait, tome V, p. 97 ); et Brécourt mourut, au mois de février 1685, pour s'être rompu une veine dans le corps, en représentant, à la co'ır, le principal rôle de sa comédie de Timon (Histoir: du Théâtre-Français, t. VIII, p. 407).

Chapuzeau , dans Le Théâtre - Français, p. 177 et 178, parle de Montfleuri comme d'un excellent comédien ; mais, avant que l'école de Molière l'eût emporté, les cris forcés et l'exagération étaient loin d'être regardés comme des défauts.

(12) Grimarest, qui rapporte une partie de ces faits, en détruit , selon son habitude, la vraisemblance en disant que Molière avait imposé à Racine la condition

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