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» de cinquante-cinq ans, décédée le dernier jour de » novembre de la présente année, dans sa maison , prue de Touraine. Et ont assisté audit convoi , ser»vice et enterrement, Nicolas Guérin , fils de ladite » défunte, François Mignot, neveu de ladite dé» funte , et M. Jacques Raisin, officier du Roi et ami » de ladite défunte, qui ont signé. Guérin, François » Mignot et Jacques Raisin. »

(16) Les premiers écrivains qui ont donné des détails biographiques sur Molière et sur sa femme, ont tous présenté celle-ci comme fille de Madelaine Béjart et du comte de Modène. L'inexactitude reconnue de leurs autres assertions pouvait faire douter du fondement de celle-ci , quand, en 1821, M. Beffara publia dans sa Disserlation sur Molière l'acte de naissance de la fille de la Béjart et du comte de Modène, constatant qu'elle est née en 1638, et a reçu le nom de Francoise, tandis que, suivant l'acte de mariage de Molière, sa femme se nommait Armande-GresindeClaire Élisabeth , était née en 1645, et avait pour père et mère Joseph Béjart et Marie Hervé, sa femme '. L'acte de décès de la veuve de Molière, rapporté dans

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On trouve dans les registres de naissance de la paroisse de SaintEustache, sous la date du dimanche 11 juillet 1638, un acte de bap

tême de Françoise, née du samedi 3 dudit mois, fille de mes » sire Esprit de Raymond, chevalier seigneur de Modène et autres

lieux, chambellan des affaires de MONSEIGNEUR , frère unique du Roi; » et de damoiselle Madeleine Béjard , sa mère, demeurant rue Saint» Honoré; le parrain, Jean-Baptiste de L'Hermitte, écuyer, sieur » de Vauselle, tenant lieu de messire Gaston-Jean-Baptiste de Ray

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la note précédente, prouve également qu'elle est née en 1645. Grimarest, Voltaire et les autres biographes se sont donc trompés sur le nom, l'âge et la filiation de la femme, comme sur l'époque et le lieu de la naissance du mari et sur le nom de sa mère.

Un littérateur dont le talent et le caractère inspirent également l'estime et le respect, M. le marquis de Fortia d'Urban a, dans trois Dissertations publiées successivement, pris la défense de la tradition, si souvent en défaut, contre l'imposante autorité d'actes authentiques. Il était impossible de tirer plus de parti d'une cause aussi faible. Nous renvoyons les lecteurs, qui voudraient être à même de prononcer dans ce débat, aux trois Dissertations

que M. le marquis de Fortia a publiées sur ce sujet, (1821, 1824 et 1825), et à la Leltre que nous lui avons adressée, imprimée en 1824.

(17) Voici l'acte de baptême du filleul de Louis XIV et de madame Henriette d'Orléans , relevé sur les registres de Saint-Germain-l'Auxerrois :

«Du jeudi, 28 février 1664, fut baptisé Louis, fils de » M. Jean-Baptiste Molière, valet-de-chambre du Roi, et » de damoiselle Armande-Gresinde Béjart, sa femme, » vis-à-vis le Palais-Royal ; le parrain, haut et puissant » seigneur, messire Charles, duc de Créquy, premier

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» mond , aussi chevalier , seigneur de Modène ; la marraine, damoi» selle Marie Hervé , femme de Joseph Béjard , écuyer.

En marge de cet acte est écrit : Françoise, illegitime. (Dissertation sur Molière, par M. Beffara , p. 13.)

2. Voir l'acte de mariage, Note 2 de ce livre.

» gentilhomme de la chambre du Roi, ambassadeur và Rome, tenant pour Louis quatorzième, roi de » France et de Navarre; la marraine, dame Colombe » le Charron, épouse de messire César de Choiseuil, » maréchal du Plessy, tenante pour madame Hen» riette d'Angleterre, duchesse d'Orléans. L'enfant » est né le 19 janvier audit an. » Signé Colombet.

Cet enfant mourut avant son père.

(18) Dans les premiers temps de la passion du Roi pour mademoiselle de la Vallière, «Belloc composa » plusieurs récits qu'on mêlait à des danses , tantôt » chez la Reine, tantôt chez MADAME ; et ces récits » exprimaient avec mystère le secret de leurs cours, » qui cessa bientôt d'être un secret. » ( VOLTAIRE, Siècle de Louis XIV, édit. de Lequien , tom. XX,

pag. 144.)

(19) M. Sevelinges, auteur de l'article Lalli , de la Biographie universelle, prétend que Lulli n'eût jamais osé faire une semblable réponse à M. de Louvois. Lorsque ce littérateur a révoqué ce fait en doute, il n'avait probablement pas présente à la mémoire la plaisanterie que Lulli se permit à l'égard du Roi lui-même. Il avait été chargé à la cour de diriger un divertissement. L'heure indiquée pour le lever du rideau était passée depuis long-temps, et le spectacle ne commençait pas. Le Roi, ennuyé de ce retard, avait déjà envoyé dire à Lulli de faire commencer; mais ses ordres demeuraient sans effet. Il envoya de nouveau dire au Florentin qu'il se retirait, qu'il ne pouvait plus attendre. « Est-ce que le Roi n'est

» pas le maître? » répondit Lulli. ( Récréations littéraires , par Cizeron-Rival.)

(20) Il ne sera pas inutile, dit d'Alembert, dans sa note 27 sur l'Éloge de Despréaux, de rappeler ici le trait principal de cet arrêt si étrange et si peu connu. Les magistrats qui le liront auront pitié de leurs prédécesseurs, et craindront de leur ressembler.

« ARRÊT contre Villon, BITault et DE Claves , accusés

d'avoir composé et publié des thèses contre la doctrine d'Aristole.

« Ces trois philosophes antipéripatéticiens avaient fait afficher leurs thèses ; Bitault devait les soutenir, Villon en être le juge, et De Claves le président. Le 23 du mois d'août 1624 était le jour fixé pour la dispute ; elle devait se faire dans la salle du palais de la reine Marguerite, où s'étaient déjà assemblées près de mille personnes pour y assister. Mais avant qu'elle commencât, le premier président défendit cette dispute; De Claves' fut mis en prison, et Villon , craignant le même sort, prit la suite. Voici l'arrêt que le parlement donna contre leurs thèses :

«Vu par la cour la requête présentée par les doyens, » syndics et docteurs de la Faculté de théologie en l'Univer» sité de Paris, tendant à ce que, pour les causes y conte» nues, fut ordonné que les nommés Villon, Bitault et De Claves comparaitraient en personne, pour » avouer ou désavouer les thèses par eux publiées, et, » ouï leur déclaration, être procédé contre eux ainsi

» que de raison; cependant, permis de faire saisir » lesdites thèses, et défenses faites de les disputer, etc. » La cour, après que ledit De Claves a été admonesté, » ordonne que lesdites thèses seront déchirées en sa » présence, et que commandement sera fait par un » des huissiers de ladite cour auxdits De Claves, Vil» lon et Bitault, en leurs domiciles, de sortir dans

vingt-quatre heures hors de cette ville de Paris, avec » défense de se retirer dans les villes et lieux du res» sort de cette cour, d'enseigner la philosophie en » aucune des universités d'icelui, et à toutes les per» sonnes de quelque qualité et condition qu'elles » soient, de mettre en dispute lesdites propositions » contenues esdites thèses, les faire publier, vendre » et débiter, à peine de punition corporelle, soit qu'elles » soient imprimées en ce royaume ou ailleurs; fait

défenses à toutes personnes, A PEINE DE LA VIE , d'ob» tenir ou d'enseigner aucune maxime contre les an» ciens auteurs approuvés, et de faire aucune dispute » que celles qui seront approuvées par les docteurs » de ladite faculté de théologie ; ordonne que le pré» sent arrêt sera lu en l'assemblée de ladite Faculté » de Sorbonne, mis et transcrit en leurs registres ; et ven outre copies collationnées d'icelui baillées au » recteur de l'Université, pour être distribuées par » les collèges, à ce qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance. Fait au parlement, le quatrième jour » de septembre 1624. Ledit jour, ledit De Claves » mandé, lesdites thèses ont été déchirées en sa pré

»

sence. »

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