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» demeurer là ; il ne veut point que j'aie de mise» ricorde auprès de Dieu ; il veut absolument que je >> sois damné, c'est une affaire résolue. Ce livre, » Sire, a été présenté à V. M. , etc... »

« Si l'on compare maintenant les dates, elles offri» ront une preuve au moins aussi decisive. On ne » trouve malheureusement pas celle du placet de Mo» lière; mais il est certain qu'il fut présenté au Roi » dans l'intervalle qui s'écoula entre la représenta» tion des trois premiers actes à Versailles, et le » moment où il fut permis de jouer la pièce pour » la première fois en public, c'est-à-dire de 1664 » à 1667 ; et précisément le libelle , signé Rochemont , » a paru en 1665, et il a été imprimé par permission de M. le baillif du Palais , du 8 avril de la même an» née. Telle est à coup sûr l'époque où Molière prés senta son placet à Louis XIV.

Ce qui vient encore à l'appui de l'opinion de M. Étienne, c'est que tous les argumens de cet antagoniste de Molière portent un cachet ecclésiastique : « S'il lui restait encore quelque ombre de pu» deur, ne lui serait-il pas fâcheux d'être en butte à v tous les gens de bien, de passer pour un libertin » dans l'esprit de tous les prédicateurs, et d'entendre » toutes les langues que le Saint-Esprit anime con» damner publiquement son blasphême ; et, enfin, » je ne crois pas faire un jugement téméraire d'avan»cer qu'il n'y a point d'homme si peu éclairé des lu» miéres de la foi qui , sachant ce que contient cette » pièce (le Tartuffe), puisse soutenir que Molière,

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» dans le dessein de la jouer, soit capable de la participation des sacremens , qu'il puisse être reçu à pénitence sans une réparation publique; ni même » qu'il soit digne de l'entrée des églises après les ana» thèmes

que

les conciles ont fulminés contre les au» teurs de spectacles impudiques ou sacrilèges. »

Enfin, ce qui achève de convertir cette conjecture en certitude, c'est que ce nom de Rochemont et cette qualité d'avocat en Parlement étaient supposés. C'est ce qui semble résulter du moins de la Réponse aux observations touchant le Festin de Pierre de M. de Molière , Paris, 1665. « Mais, dit l'auteur de cette ré»ponse, en parlant de ce libelle, lorsque je vois le »livre de cet inconnu , elc... »

(31) Cette ordonnance du Roi , datée du 9 janvier 1673 « fait défense à toutes sortes de personnes » de quelque qualité, condition et profession qu'elles » soient, de s'attrouper et de s'assembler au-devant » et aux environs des lieux où les comédies sont réci» tées et représentées ; d'y porter aucunes armes à » feu , de faire effort pour y entrer, d'y tirer l'épée » et de commettre aucune violence ou d'exciter au» cun tumulte, soit 'au-dedans ou au-dehors, à peine » de la vie, et d'être procédé extraordinairement con» tre eux, comme perturbateurs de la sûreté et de la

tranquillité publique, » (Le Théâtre Français, par Chapuzeau, p. 253 et suiv.)

(32) Ce second enfant était une fille qui survécut à son père, et dont nous aurons occasion de parler plus tard. Elle fut nommée Esprit Madeleine ; elle eut pour

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párrain le comte Esprit de Modène, et pour marraine Madeleine Béjart sa tante. (Dissertation sur Molière, par M. Beffara, p. 15.)

(33) On lit dans les Mémoires de L. Racine sur son père, Lausanne, 1747, p. 32, que lors de son premier ouvrage, il fut pris en amitié par Chapelain, « qui lui » offrit ses avis et ses services, et, non content de les » lui offrir, parla de lui et de son ode si avantageuse» ment à M. de Colbert, que ce ministre lui envoya » cent louis, et peu après le fit mettre sur l'état pour » une pension de six cents livres en qualité d'homme » de lettres. »

On ne peut justifier Racine en disant qu'il n'attaquait Chapelain que comme auteur, car outre que de semblables distinctions ne sont pas d'un cour reconnaissant, personne d'ailleurs n'était plus que lui sensible à la critique; on sait qu'il pardonna difficilement à Chapelle, qu'il sollicitait de se prononcer sur sa rénice, de lui avoir répondu en riant : Marion pleure, Marion crie, Marion veut qu'on la marie ; et la rime indécente qu'Arlequin mettait à la suite de la reine Bérénice le chagrinait au point de lui faire oublier le concours du public à sa pièce, les larmes et les éloges de la cour. (Mémoires sur Jean Racine , Lausanne, 1747, p. 90.)

(34) Bret, dans son Supplément à la vie de Molière (tom. I, p. 78 de l'édition de 1773), dit qu'en 1676 Lulli eut à soutenir une affaire horrible et criminelle contre l'intendant-général des bâtimens de S. A. Monseigneur. Nous ignorons de quelle affaire Bret veut

parler; mais nous sommes porté à croire que, quelle qu'elle fût, elle n'était ni horrible ni criminelle, puisque le 9 septembre de l'année suivante, le Roi et la Reine lui firent l'honneur de tenir son fils sur les fonts de baptême (Dissertation sur Molière, par M. Beffara, p. 15), et que Louis XIV déplora sa perte en disant · qu'il avait perdu deux hommes qu'il ne recouvrerait jamais, Molière et Lulli. ( Addition à la Vie de Molière, par Grimarest, p. 62.)

(35). Voltaire prétend que l'histoire du souper d'Auteuil n'est pas digne de créance, et cite à ce propos quelques amis de Chapelle qu'il avait entendus assurer qu'elle n'en méritait aucune. Mais ils ne lui avaient pas rapporté que Chapelle leur en eût parlé dans ce sens. Ils avaient probablement tiré cette conséquence de son silence à ce sujet. Mais Louis Racine a dit dans ses Mémoires sur son père (p. 119) : « Ce fameux » souper, quoique peu croyable, est très-véritable... » Mon père heureusement n'en était point... Boileau » a raconté plus d'une fois cette folie de sa jeunesse.

(36) Quoique Corneille ne fût pas un des habitués des réunions de Molière et de ses amis, il venait cependant quelquefois le voir et souper avec lui. C'est ce que prouve l'anecdote suivante, rapportée par Brossette et consignée dans les Récréations littéraires de Cizeron-Rival, p. 68 : « Baron, ce célèbre acteur, » devait faire le rôle de Domitien dans Tite et Bérénice, » et, comme il étudiait son rôle, l'obscurité de quelv ques vers lui fit quelque peine, et il alla en deman» der l'explication à Molière, chez qui il demeurait.

» Molière, après les avoir lus, dit qu'il ne les entendait pas non plus.

- « Mais attendez, dit-il à Baron, »M. Corneille doit venir souper avec nous aujour» d'hui, et vous lui direz qu'il vous les explique. » Dès que Corneille arriva, le jeune Baron alla lui » sauter au cou comme il faisait ordinairement parce » qu'il l'aimait; et ensuite il le pria de lui expliquer » ces vers, disant à Corneille qu'il ne les entendait » pas. Corneille, après les avoir examinés quelque » temps, dit : « Je ne les entends pas trop bien non » plus; mais récitez-les toujours : tel qui ne les en» tendra pas les admirera. »

(37) Voici l'aventure dont Ninon fit le récit à Molière : « Lorsque M. de Gourville, qui fut nommé vingt» quatre heures pour succéder à Colbert, et que nous » avons vu mourir l'un des hommes de France les plus » considérés; lors, dis-je, que ce M. de Gourville, crai» gnant d'être pendu en personne, comme il le fut en » effigie, s'enfuit de France, en 1661, il laissa deux » cassettes pleines d'argent, l'une à Ninon, l'autre à » un faux dévot. A son retour, il trouva chez Ninon sa » cassette en fort bon état; il y avait même plus d'ar» gent qu'il n'en avait laissé, parce que les espèces » avaient augmenté depuis ce temps-là. Il prétendit » qu'au moins le surplus appartenait à la dépositaire; » elle ne lui répondit qu'en le menaçant de faire jeter » la cassette par les fenêtres. Le dévot s’ý prit d'une » autre façon; il dit qu'il avait employé son dépôt en » Quvres pies , et qu'il avait préféré le salut de l'ame » de Gourville à un argent qui sûrement l'aurait

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