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» avec

» sant monsicur et madame de Montausier pour y » retirer madame de Montespan chez eux, au milieu » de la cour, et pour l’y garder contre son mari. Il y » pénétra pourtant un jour ; et, voulant arracher sa » femme des bras de madame de Montausier, qui » cria au secours de ses domestiques , il lui dit des » choses horribles. Quelque temps après , descendant

son écuyer et ses gens un petit degré pour » aller de chez elle chez la Reine, elle trouva une » femme assez mal mise, qui l'arrêta , lui fit des re» proches sanglans sur madame de Montespan, et » lui parla même à l'oreille. Elle empêcha ses gens » de la maltraiter; et, toute éperdue, rentra chez velle, s'y trouva mal, et tomba incontinent dans une » maladie de langueur qui lui fit fermer sa porte và tout le monde. On prétendit que sa tête se trou» blait souvent, et l'on ne sut si cette femme qui » lui avait parlé en était une ou un fantôme. Enfin, » madame de Montausier , qui ne parut jamais depuis » cette aventure, en mourut à soixante-quatre ans , » au mois d'avril 1671. »(Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV, précédé de Nouveaux moires de Dangeau , par P. E. Lemontey, p. 56 et 57.)

(45) Grimarest dit que Baron était âgé de treize ans lors de cette scène (p. 111); elle eut par conséquent lieu dans le temps des répétitions de Mélicerte, et non de celles de Psyché, comme l'a dit M. Després. Psyché ne fut joué qu'en 1671, époque à laquelle il avait dix-huit ans et non pas treize ans.

Voici son acte de naissance, qui avait jusqu'à ce jour échappé à toutes les recherches, et que M. Beffara, de qui nous le tenons, a découvert sur les registres de la paroisse Saint-Sauveur :

» Du 8 octobre 1653. Baptême de Michel, fils de » André Boyron, bourgeois de Paris, et de Jeanne » Ausou , sa femme; le parrain, Michel Bachelier , bourgeois de Paris, de la paroisse Saint-Eustache; » la marraine, Catherine Jon, femme de Jacques » Guillhamar, avocat au parlement, de la paroisse » Saint-Eustache. » Son acte de décès , inscrit aux registres de la

paroisse Saint-Benoît, constate qu'il est mort le 22 décembre 1729. Il mourut par conséquent à plus de soixante-seize ans. Quelques historiens du théâtre se sont montrés plus généreux encore envers lui que la nature. Ils l'ont fait vivre quatre-vingts ans.

LIVRE TROISIÈME.

(1) « Si les deux Reines avaient été à la tête des » ennemis de Molière, dit Bret, comme voulut l'insi» nuer l'auteur des Observations sur le Festin de Pierre, pag. 22, Monsieur, frère du Roi, n'aurait pas eu » l'imprudence de faire représenter devant elles les » trois premiers actes du Tartuffe, à Villers-Cotterets, » le 24 septembre de la même année... » (OEuvres de Molière, avec les remarques de Bret, 1773, tom. IV,

p. 244.)

(2) La farce de Scaramouche hermite présentait entre autres situations indécentes celle d'un moine escaladant le balcon d'une femme mariée, et y reparaissant de temps en temps en disant que c'était ainsi qu'il fallait mortifier la chair : Questo e per mortificar la carne.

(3) Molière, dans le Misanthrope, acte V, scène 1, fait allusion à la perfidie de ses ennemis qui composèrent et firent courir un libelle sous son nom :

Et, non content encor du tort que l'on me fait,
Il court parmi le monde un livre abominable,
Et de qui la lecture est même condamnable;
Un livre à mériter la dernière rigueur;

Dont le fourbe a le front de me faire l'auteur.
Et là dessus on voit Oronte qui murmure,
Et tâche méchamment d'appuyer l'imposture;
Lui qui d'un honnête homme à la cour tient le rang.

(C

(4) L'abbé Mervesin, an témoignage duquel il ne faut pas ajouter une pleine confiance, donne quelques détails sur les empèchemens apportés à la représentation du Tartuffe. Nous allons transcrire le passage de son Histoire de la Poésie française qui les renferme. Le récit que nous avons tracé, d'après les meilleures autorités, de ce grand événement de notre histoire littéraire mettra le lecteur à même de relever les inexactitudes de Mervesin, saņs que nous ayons besoin de les signaler.

Après qu'il ( Molière) eut composé son Tartuffe , » il le fit voir à la cour. Le Roi, à qui une piété sin» cère a toujours fait haïr l'imposture, permit de »jouer cette pièce; mais tant de gens représentèrent »à Sa Majesté que cela pouvait avoir de dangereuses conséquences , qu'elle révoqua la permission qu'elle » avait donnée. Quelque temps après, comme elle » était sur son départ pour la Flandre, Molière revint » à la charge ; il obtint ce qu'il souhaitait, et fit bientôt afficher sa pièce. M. de Lamoignon, premier président, crut qu'il voulait profiter de l'absence » du Roi; il envoya des archers qui arrachèrent les v affiches, et se saisirent des portes de la comédie lorsque les comédiens se préparaient à paraître. » Molière pria M. Despréaux de le présenter à cet » illustre magistrat , qui le reçut agréablement. « Je

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» sais, lui dit-il, après avoir écouté ses raisons, que » vous avez un mérite qui vous élève au-dessus de » votre état; je ne me suis pas opposé à la représen» tation de votre pièce pour vous empêcher de jouer » des faux - dévots, mais seulement à cause que vous » vous ingérez d'y mettre des moralités peu propres » à être débitées sur le théâtre. Molière se détermina » à retrancher beaucoup de choses de sa pièce, et ne » put la donner que long-temps après. Tout Paris » était cependant dans l'impatience de la voir; on » priait souvent l'auteur d'aller la lire chez des gens » de qualité, et M. Despréaux , qui travaillait alors à » la satire du Repas , fit dire à propos à celui qu'il » introduit:

Molière avec Tartuffe y doit jouer son rôle.

(5) Le caractère de Molière rend bien cette anecdote invraisemblable à nos yeux; mais nous ne voyons pas, comme un de ses commentateurs, une impossibilité de fait dans le désappointement des spectateurs, ou du moins d'un certain nombre d'entre eux. On avait donné, le vendredi 5, la première représentation du Tartuffe.' A la fin du spectacle de ce jour, l'orateur de la troupe dut, selon l'usage, annoncer la composition de celui du dimanche. Il devait sans aucun doute se composer de la seconde représenta

1. La troupe de Molière ne jouait, comme nous l'avons déjà dit, que trois fois par semaine.

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