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» vous pas, mon cher duc, que le ridicule de poète de » qualité vous désigne encore plus clairement. » (OEuvres de Molière , avec les remarques de Bret, t. III, p. 417.)

(44) Nous empruntons à l'annotateur anonyme des Mémoires de Dangeau quelques détails peu connus sur M. de Montausier et sa femme, la célèbre Julie d'Angennes, dont nous avons déjà eu occasion de parler, au sujet des Précieuses ridicules.

«M. de Montausier était Pressigny de Saint-Maure, » et de fort bonne maison ; beaucoup de courage, » d'esprit et de lettres. Une vertu hérissée et des » mæurs antiques firent de lui un homme extraor» dinaire ; toutes choses qui devaient faire obstacle »à sa fortune et qui la lui firent. Sa femme était An» gennes, fille de M. de Rambouillet.

» Mais on eut lieu d'être surpris de ce qu'une » élève de l'hôtel de Rambouillet, et pour ainsi dire » l'hôtel de Rambouillet en personne, et la femme » de l'austère Montausier, succédât dans la place de » dame d'honneur de la Reine, à mademoiselle de » Navailles, si glorieusement chassée pour n'avoir » pu tolérer les entrées nocturnes du Roi dans la » chambre des filles, et en avoir muré la porte par » où il venait; il trouva visage de pierre. Mais, ce qui o surprit encore davantage, ce fut la protection que » madame de Montespan trouva auprès de madame » de Montausier, au commencement de son éclat » avec son mari, pour les amours du Roi, et l'a» sile que le Roi lui - même lui donna , en choisis

» sant monsieur et madame de Montausier pour y » retirer madame de Montespan chez eux, au milieu » de la cour, et pour l'y garder contre son mari. Il y » pénétra pourtant un jour ; et, voulant arracher sa » femme des bras de madame de Montausier, qui » cria au secours de ses domestiques, il lui dit des » choses horribles. Quelque temps après , descendant » avec son écuyer et ses gens un petit degré pour » aller de chez elle chez la Reine, elle trouva une » femme assez mal mise , qui l'arrêta , lui fit des re» proches sanglans sur madame de Montespan, et » lui parla même à l'oreille. Elle empêcha ses gens » de la maltraiter; et, toute éperdue, rentra chez velle, s'y trouva mal, et tomba incontinent dans une » maladie de langueur qui lui fit fermer sa porte và tout le monde. On prétendit que sa tête se trou» blait souvent, et l'on ne sut si cette femme qui » lui avait parlé en était une ou un fantôme. Enfin, » madame de Montausier, qui ne parut jamais depuis » cette aventure, en mourut à soixante-quatre ans , » au mois d'avril 1671. »(Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV, précédé de Nouveaux moires de Dangeau , par P. E. Lemontey, p. 56 et 57.)

(45) Grimarest dit que Baron était âgé de treize ans lors de cette scène (p. 111); elle eut par conséquent lieu dans le temps des répétitions de Mélicerte, et non de celles de Psyché, comme l'a dit M. Després. Psyché ne fut joué qu'en 1671, époque à laquelle il avait dix-huit ans et non pas treize ans.

Voici son acte de naissance, qui avait jusqu'à ce jour échappé à toutes les recherches, et que M. Beffara, de qui nous le tenons, a découvert sur les registres de la paroisse Saint-Sauveur :

» Du 8 octobre 1653. Baptême de Michel, fils de » André Boyron, bourgeois de Paris, et de Jeanne » Ausou , sa femme; le parrain, Michel Bachelier , bourgeois de Paris, de la paroisse Saint-Eustache; » la marraine, Catherine Jon, femme de Jacques » Guillhamar, avocat au parlement, de la paroisse » Saint-Eustache. » Son acte de décès , inscrit aux registres de la

paroisse Saint-Benoît, constate qu'il est mort le 22 décembre 1729. Il mourut par conséquent à plus de soixante-seize ans. Quelques historiens du théâtre se sont montrés plus généreux encore envers lui que la nature. Ils l'ont fait vivre quatre-vingts ans.

LIVRE TROISIÈME.

(1) « Si les deux Reines avaient été à la tête des » ennemis de Molière, dit Bret, comme voulut l'insi» nuer l'auteur des Observations sur le Festin de Pierre, pag. 22, Monsieur, frère du Roi, n'aurait pas eu » l'imprudence de faire représenter devant elles les » trois premiers actes du Tartuffe, à Villers-Cotterets, » le 24 septembre de la même année... » (OEuvres de Molière, avec les remarques de Bret, 1773, tom. IV,

p. 244.)

(2) La farce de Scaramouche hermite présentait entre autres situations indécentes celle d'un moine escaladant le balcon d'une femme mariée, et y reparaissant de temps en temps en disant que c'était ainsi qu'il fallait mortifier la chair : Questo e per mortificar la carne.

(3) Molière, dans le Misanthrope, acte V, scène 1, fait allusion à la perfidie de ses ennemis qui composèrent et firent courir un libelle sous son nom :

Et, non content encor du tort que l'on me fait,
Il court parmi le monde un livre abominable,
Et de qui la lecture est même condamnable;
Un livre à mériter la dernière rigueur;

Dont le fourbe a le front de me faire l'auteur.
Et là dessus on voit Oronte qui murmure,
Et tâche méchamment d'appuyer l'imposture;
Lui qui d'un honnête homme à la cour tient le rang.

(4) L'abbé Mervesin, an témoignage duquel il ne faut pas ajouter une pleine confiance, donne quelques détails sur les empèchemens apportés à la représentation du Tartuffe. Nous allons transcrire le passage de son Histoire de la Poésie française qui les renferme. Le récit que nous avons tracé, d'après les meilleures autorités, de ce grand événement de notre histoire littéraire mettra le lecteur à même de relever les inexactitudes de Mervesin, saņs que nous ayons besoin de les signaler.

Après qu'il (Molière) eut composé son Tartuffe , » il le fit voir à la cour. Le Roi, à qui une piété sin» cère a toujours fait haïr l'imposture, permit de » jouer cette pièce; mais tant de gens représentèrent » à Sa Majesté que cela pouvait avoir de dangereuses conséquences, qu'elle révoqua la permission qu'elle » avait donnée. Quelque temps après, comme elle » était sur son départ pour la Flandre, Molière revint » à la charge ; il obtint ce qu'il souhaitait, et fit bien» tôt afficher sa pièce. M. de Lamoignon, premier » président, crut qu'il voulait profiter de l'absence » du Roi; il envoya des archers qui arrachèrent les v affiches, et se saisirent des portes de la comédie » lorsque les comédiens se préparaient à paraître. » Molière pria M. Despréaux de le présenter à cet » illustre magistrat , qui le reçut agréablement. « Je

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