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cher), et l'abbé d'Olivet (Histcire de l'Académie Française , tom. II, pag. 185), s'accordent tous à dire que Menage fut le second acteur de cette scène. Mais celui-ci, en la rapportant ( Menagiana , 1715 , tom. III, pag. 23), ne fait pas connaître l'adversaire de Cotlin. L'auteur du Bolæana (pag. 34) prétend que c'était Gilles Boileau, frère du satirique. L'autorité du seul Montchesnay, historien si souvent inexact, ne saurait balancer à nos yeux celle de Carpentier, de Richelet, et de l'abbé d'Olivet. Il

у d'ailleurs dans la scène de Molière nombre de traits, qui, comme nous nous sommes attaché à le

prouver, ne peuvent servir à désigner que Menage. Cottin fit d'ailleurs paraître en 1666 une satire contre lui, la Ménagerie, qui prouve évidemment qu'il y avait eu rupture entre eux.

(13) Voltaire se montra d'autant moins conséquent avec lui-même, que dans l'Écossaise il ne se borna pas à ridiculiser Fréron, il tenta encore de l'avilir. Molière, au contraire, n'attaqua que l'esprit de Cottin; car ce ne pouvait plus ètre, ce n'était plus lui qu'il avait en vue, quand il traça la cupidité de Trissotin aspirant à l'hymen d'Henriette , Cottin étant depuis long-temps dans les ordres.

(14) Cet enfant fut nommé Pierre - Jean - BaptisteArmand ; il fut baptisé le 1er octobre 1672, et eut pour parrain Boileau Puimorin , frère de Despréaux, et mademoiselle Mignard, fille du célèbre peintre, pour marraine. ( Dissertation sur Molière, par M. Beffara , pag. 16).

(15) Les registres des paroisses Saint-Germainl'Auxerrois et Saint-Paul-de-Paris contiennent les uns le premier, les autres le second des actes qui suivent :

« Le vendredi, 19 février 1672, le corps de feue v damoiselle Marie-Madelaine Béjart, comédienne de v la troupe du Roi , prise hier · dans la place du Palais-Royal , et portée en convoi en cette église : par » permission de monseigneur l'archevêque, a été » portée en carrosse en l'église de Saint-Paul. » Signé Cardé, exécuteur testamentaire, et de Voulges.

« Le 17 février 1672, demoiselle Magdelaine Béjart » est décédée paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, » de laquelle le corps a été apporté à l'église Saint» Paul, et ensuite inhumé sous les charniers de ladite »église , le 19 dudit mois. » Signé Béjard-l'Éguisé ; J-B-P. Molière.

Nous avons rapporté ces actes parce qu'ils sont la me:lleure réponse aux écrivains, qui, prenant le parti du clergé contre Molière, ont prétendu que les canons, alors observés par l'Eglise, s'opposaient à ce que les restes des comédiens obtinssent les cérémonies funèbres. La présentation du corps de Madelaine Béjart à deux paroisses prouve que ce n'était pas le comédien, mais l'auteur du Tartuffe que Harlay de Champvalon et sa secte poursuivaient mème au tombeau.

(16) L'auteur de la Fameuse comédienne a dit que

1. On aurait dû dire avant-hier.

Molière avait été pris d'un vomissement de sang sur la scène, ce qui effraya beaucoup les spectateurs, et qu'on l'emporta chez lui aussitôt. Quelques biographes de Molière l'ont répété d'après cette autorité : le fait est entièrement faux. La Grange, dont le témoignage ne saurait être recusé ici, puisqu'il remplissait à cette même représentation le rôle de Cléante, dit seuleinent dans sa Préface de l'édition des OEuvres de Molière de 1682: «Il fut si fort travaillé de sa fluxion, » qu'il eut de la peine à jouer son rôle ; il ne l'acheva » qu'en souffrant beaucoup ; et le public connut aisé» ment qu'il n'était rien moins que ce qu'il avait voulu v jouer : en effet, la comédie étant faite, il se retira » promptement chez lui, etc...)

LIVRE QUATRIÈME. .

(1) Nous avons pensé que l'on serait curieux d'avoir des détails sur la vie d'un prélat qui crut devoir refuser les honneurs religieux aux restes d'un homme de bien. En voici quelques-uns que nous avons puisés à des sources authentiques :

HARLAY DE CHAMPVALON ( François de), dit l'auteur de l'Histoire de Paris (première éclition, t. V, p. 39), était fameux par ses galanteries ou plutôt par ses débauches. Il eut plusieurs maîtresses en titre, parmi lesquelles figurait au premier rang la dame de Bretonvilliers, qui poussait la complaisance jusqu'à lui fournir des doublures dans le rôle qu'elle jouait prés de sa grandeur. Voici ce qu'on lit dans une lettre du 12 juillet 1675, de madame de Scudéri (Supplément aux Mémoires et Lettres du comte Bussy-Rabutin, deuxième partie, page 190): « Cela est assez étrange » qu'on n'ait pu souffrir le scandale du.... et de ma» dame de...., et que l'on souffre celui de M. (l'arche» vêque) de Paris et de madame de Bretonvilliers : » car, quoique le mari de celle-ci soit plus docile que » celui de l'autre, il est toujours contre la bienséance »à un évêque d'être toujours avec une jolie femme. » Une lettre du 27 février 1680, du même recueil, nous fournit l'anecdote suivante : « Madame de Bre

» tonvilliers s'avisa, il y a quelque temps, pour mieux v régaler M. l'archevêque de Paris , de lui faire venir » la petite Varenne. L'archevêque la trouva plus jolie » que la cathédrale (nom plaisant donné par le public à » madame de Bretonvilliers), de sorte qu'il l'a mise de » toutes les parties de Conflans. Pierre Pont, lieute» nant des gardes-du-corps , amant de la petite Va

rennes, et jaloux du prélat, s'appliqua à découvrir » jusqu'où il en était avec sa maîtresse ; et, comme le » curieux impertinent, il la trouva une nuit à une » heure indue, sortant dans le carrosse de son rival: » il se mit dedans avec elle, lui chanta pouille, et le » dit partout. Cela d'abord a fait grand bruit contre » l'archevêque ; mais enfin celui-ci a fait entendre au que

Pierre Pont était janseniste; car vous savez » bien que les rivaux des Pères de l'église ne sont pas » de la vraie religion ; et sur cela il a été envoyé en » son gouvernement, » Ce prélat eut plusieurs autres maîtresses, notamment la marquise de Gourville, scur du maréchal de Tourville ; les chansonniers s'égayèrent sur ses galanteries. On peut citer ce couplet :

Sire, dedans votre ville,
On parle d'un grand malheur :
La sacrilège de Gourville
A gâté notre pasteur;
La donzelle n'est pas saine,
Le prélat en a, etc.

» Roi

(Histoire de Paris , première édition, tome V, p. 41.) Il allait, dit-on , recevoir le chapeau de cardinal,

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