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seule héritière : Marie Pocquelin, épouse de M. PaulAndré Verany de Varenne, avocat (née en 1699, elle mourut quelques années après son cousin); et l'autre y est portée comme créancière : c'était sans doute Anne-Elisabeth Poquelin , veuve de René Lenoir, chevalier, sieur de Verneuil, ancien capitaine de cavalerie. Ellemourut le 24 août 1773, rue de l'Eperon Saint-André-des-Arcs, âgée d'environ 68 ans.

(11) Molière fut inhumé au cimetière de Saint-Joseph, le 21 février 1673. La Grange dit dans son Registre de la comédie qu'il lui fut élevé une tombe d'un pied hors de berre; mais il n'indique pas à quel endroit.

D’Olivet dit dans son Histoire de l'Académie Française, imprimée en 1729 et 1730, tom. 11, p. 313, que La Fontaine avait été enterré auprès de Molière. La tradition d'après laquelle il avançait ce fait désignait le pied du crueifix, sis ordinairement au milieu des cimetières, comme le lieu où reposaient le fabuliste et, par conséquent, son ami.

En 1732, Titon du Tillet (voir ci-dessus pag. 305), dit qu'un ancien chapelain lui avait assuré que Molière n'avait pas été inhumé sous sa tombe, mais dans un endroit plus éloigné attenant à la maison du châtelain.

Les administrateurs de la Section de Molière et de La Fontaine s'embarrassant peu de ces contradictions, allèrent sans hésiter déterrer les ossemens d'une fosse sise près les murs d'une petite maison située à l'extremité du cimetière, comme devant être ceux de Molière d'après les historiens tonlemporains et la tradition non suspecte. LES HISTORIENS CONTEMPORAINS se réduisent à

Titon du Tillet qui écrivait cinquante-neuf ans après l'enterrement de Molière, et LA TRADITION NON SUSPECTE au récit d'une seule personne diametralement opposé à la version de d'Olivet, et à celle de La Grange.

Quant à La Fontaine, son acte de décès porte qu'il fut enterré au cimetière des Innocens, et c'est d'après des autorités également imposantes.qu'au mépris de cet acte on prétendit devoir chercher ses restes à Saint-Joseph.

Les procès-verbaux de ces fouilles, dont nous avons copie sous les yeux, sont remplis de il parait que, et de peut-être , qui dénotent la légèreté avec laquelle on procéda à ces opérations.

(12) Epitaphe de Molière gravée sur l'une des faces de son tombeau :

Ossa J.-B. POQUELIN MOLIÈRE, Parisini, comædice

Principis, huc translata et condita. A. S. 1817,
Curante urbis præfecto comite Guil. Chabrol

De Volvic. Obiit anno S. 1673, ætatis 57.

NOTES SUPPLÉMENTAIRES.

Ce n'est qu'au moment où les dernières feuilles de cet ouvrage allaient être livrées à l'impression que nous sommes parvenus à recueillir les renseignemens compris dans ce supplément.

(1) Sur le nombre des frères et sæurs de Molière.

Nous avons dit, pag. 3, en parlant de Molière : Aîné de six enfans, etc.; il fallait dire Aîné de dix enfans.

Outre les six enfans nés du mariage de Jean Poquelin et de Marie Cressé, ses père et mère (pag. 6 de la Dissertation sur Molière), il naquit encore deux fils de 1629 à 1632, Jean et Robert. M. Beffara n'a pu jusqu'à ce jour découvrir leurs actes de naissance; mais il a trouvé l'acte de fiançailles et de mariage de Jean sur les registres de Saint-Eustache à la date des 15 et 16 janvier 1656, dans lequel il est nommé fils de Jean Pauclain et de défunte Marie Cressé. Il fut inhumé au cimetière des Innocens, le 6 avril 1660. Quant à Robert, on le voit figurer comme oncle de la mariée dans un acte de mariage d'une nièce de Molière, fille de son second frère, et comme oncle du marié dans celui du fils du même. Il est évident par conséquent que ce Robert Poquelin, portant le nom de famille de Molière, et oncle comme lui de ces jeunes gens, ne pou

vait être qu'un de ses frères. On lit dans la Gazette de France du 12 janvier 1715, p. 24 : «Robert Poquelin, » docteur en théologie de la maison et société de Na» varre, et doyen de la Faculté de Paris, mort à quatre» vingt-cinq ans. » Il était donc né vers 1630.

Aux noms de ces huit enfans issus du premier mariage de son père, on doit joindre ceux de Catherine et de Marguerite, nées, la première, le 15 mars 1634, la seconde, le 1 er novembre 1636, de son mariage avec Catherine Fleurette, célébré à Saint-Germain-l'Auxerrois le 30 mai 1633.

Ainsi, il est constant que Molière comptait au moins neuf frères et sæurs. Nous disons au moins; car il est possible qu’on parvienne de nouveau à en découvrir. Il y eut dans cette famille plusieurs mariages encore plus féconds. Le second frère de notre auteur, marié à Anne de Faverolles, en eut seize enfans, et Robert Poquelin, un de ses parens, et Simone Gandouin , sa femme, donnèrent le jour à vingt.

(2) Sur les subventions accordées par Louis XIV à la troupe de Molière. .

On a vu, pag. 111, que le Roi attacha la troupe de Molière à sa personne en lui donnant une pension de sept mille livres. Nous devons ajouter qu'outre ce traitement annuel, ce prince gratifiait leur directeur de subventions assez fréquentes.

On trouve à la Bibliothèque du Roi, section des manuscrits :

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1° Du 19 janvier 1667, quittance par Molière au trésorier de l'argenterie du Roi de la somme de 2200 livres, savoir : 1800 livres pour habits et adjustemens de l'augmentation du ballet , et 400 livres pour les adjnstemens précédens du même ballet".

2° Du 26 juillet 1668, autre quittance par Molière au trésorier de l'argenterie du Roi de la somme de 400 livres pour les adjustemens et les augmentations des habits de la feste de Versaillesa.

3° Du 7 août 1669, autre quittance par Molière au trésorier-général des Menus-Plaisirs, de la somme de 144 livres pour lui et onze acteurs de sa troupe à 6 livres chacun par jour, pour deux jours passés à SaintGermain, pour y représenter les comédies de l'Avare et du Tartuffe au Château neuf.

4° Du 31 août 1669, autre quittance par Molière au trésorier-général des Menus-Plaisirs de 500 livres pour l'impression de la comédie à ballet de la Princesse d'Élide.

1. D'après la date de cette quittance, il est vraisemblable que ces 2200 livres étaient données à Molière comme dédommagement de la dépense extraordinaire occasionnée par la double représentation du Ballet des Ballets dans lequel sa troupe avait joué Mélicerte et la Pastorale comique, au mois de décembre 1666, et la Pastorale comique et le Sicilien au mois de janvier 1665,

2. Cette fête de Versailles est celle donnée le 18 juillet par le Roi, et dont la première représentation de George Dandin fit le principal attrait.

3. La Princesse d'Élide ayant été imprimée dans la description des Plaisirs de l'ile enchantée, dont la première édition parut en 1665, Molière, que cette concurrence eût privé d'un grand nombre d'ache

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