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et de goût. Elle est ici appelée Lycoris, nom sous lequel Gallus l'avait célébrée dans ses élégies. Pour ajuster son sujet au génie de l'églogue, Virgile fait un berger de son ami, Il feint que Gallus s'est retiré dans les bois de l'Arcadie, où les dieux tâchent en vain de lui faire oublier l'infidèle Cythéris.

Aux antres du Lycée , attirés par tes pleurs...

Montagne de l'Arcadie.

V

LE SIÈCLE PASTORAL.

IDYLLE.

Précieux jours dont fut ornée
La jeunesse de l'univers,
Par quelle triste destinée
N'êtes-vous plus que dans nos vers ?

Votre douceur charmante et pure
Cause nos regrets superflus,
Telle qu'une tendre peinture
D'un aimable objet qui n'est plus.

La terre, aussi riche que belle,
Unissait, dans ces heureux temps,
Les fruits d'une automne éternelle
Aux fleurs d'un éternel printemps.

Tout l'univers était champêtre,
Tous les hommes étaient berger-
Les noms de sujet et de maître
Leur étaient encore étrangers.

Sous cette juste indépendance,
Compagne de l'égalité,
Tous dans une même abondance
Goûtaient même tranquillité.

Leurs toits étaient d'épais feuillages L'ombre des saules leurs lambris; Les temples étaient des bocages, Les autels des gazons fleuris.

Les dieux descendaient sur la terre, Que ne souillaient aucuns forfaits; Dieux moins connus par le tonnerre Que par d'équitables bienfaits.

Vous n'étiez point dans ces années,
Vices, crimes tumultueux;
Les passions n'étaient point nées,
Les plaisirs étaient vertueux.

Sophismes, erreurs, imposture,

Rien n'avait pris votre poison;
Aux lumières de la nature
Les bergers bornaient leur raison.

Sur leur république champêtre
Régnait l'ordre, image des cieux.
L'homme était ce qu'il devait être,
On pensait moins, on vivait mieux.

Ils n'avaient point d'aréopages,
Ni de Capitoles fameux;
Mais n'étaient-ils point les vrais sages,
Puisqu'ils étaient les vrais heureux ?

Ils ignoraient les arts pénibles,
Et les travaux nés du besoin;
Des arts enjoués et paisibles
La culture fit tout leur soin.

La tendre et touchante harmonie
A leurs jeux doit ses premiers airs ;
A leur noble et libre génie :
Apollon doit ses premiers vers.

On ignorait dans leurs retraites

Les noirs chagrins, les vains désirs,
Les espérances inquiètes,
Les longs remords des courts plaisirs.

L'intérêt au sein de la terre
N'avait point ravi les métaux,
Ni soufflé le feu de la guerre,
Ni fait des chemins sur les eaux.

Les pasteurs, dans leur héritage
Coulant leurs jours jusqu'au tombeau,
Ne connaissaient que le rivage
Qui les avait vus au berceau.

Tous, dans d'innocentes délices,
Unis par des næuds pleins d'attraits,
Passaient leur jeunesse sans vices,
Et leur vieillesse sans regrets.

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