Images de page
PDF

Cette parenthèse conclue,
Voulez-vous bien, la présente reçue,"

Vous qui pouvez donner la loi
Par l'autorité priorale

Dans vos états du Grand-Fresnoy,
Envoyer le cordon et la lettre fatale

Pour six perdrix de bon aloi
Dont le tombeau sera chez moi?

Si quelque lièvre et quelques grives,
Ennuyés de la vie et d'un triste pays,

Veulent jusques aux sombres rives
Accompagner les six perdrix,
Ordonnez qu'il leur soit permis
De s'enterrer à leurs obsèques,
Ainsi que le faisaient jadis
Les esclaves , les pédissèques,
Des reines persanes et grecques
Dont on allait brûler les corps,
Et qui, se dévouant aux flammes,
De compagnie avec leurs dames,
Faisaient le voyage des morts.
Cependant de la bienfaisance

Observez le solide effet :
Votre don durera moins que sa récompense;
Vous jouirez encor de la reconnaissance

[ocr errors]

Quand j'aurai mangé le bienfait...
Que de mots pour un rien! style de nos ancêtres.
Rien n'est plus dangereux que l'exemple des maîtres:
Un babil séduisant les entraîne à l'écart;

Vingt-quatre chants pour nous apprendre
Qu'une bicoque fut en cendre!
Douze autres chants, d'une autre part,
Pour conduire un saint gentilhomme
De la Sicile dont il part

A la Grenouillère de Rome: *
Les exemples des grands entraînent les petits:

Combien de vers ? quarante-six ;
Pourquoi? pour demander un lièvre et six perdrix.

VERS EN RÉPONSE

A UNE LETTRE DE M. VALLIER,

Ancien colonel d'infanterie, en date du rer mai.

Non, ce n'est point l'éclat d'un nouveau jour, Les oiseaux ranimés, les fleurs et la verdure,

204 VERS EN RÉPONSE A M. VALLIER.
La renaissance enfin de toute la nature',
Qui du printemps m'annoncent le retour;

Une muse aux graces fidèle,
Dans mes déserts, parmi les frimas et les vents,
M'amène les plaisirs qui volent autour d'elle.

Je vous vois et je vous entends;
Votre amitié se renouvelle:
Et voilà pour moi le printemps.

[blocks in formation]

A QUATORZE aris qu'on est novice!
Je me sens bien quelques désirs;
Mais le moyen qu'on m'éclaircisse!
Une fleur fait tous mes plaisirs;
La jouissance d'une rose
Peut rendre heureux tous mes moments.

Eh! comment aimer autre chose
A quatorze ans, à quatorze ans ?

Je mets plus d'art à ma coiffure :
Je ne sais quoi vient m'inspirer.
N'est-ce donc que pour la figure
Qu'on aime tant à se parer?
Toutes les nuits, quand je repose,
Je rêve, mais à des rubans;
Eh! comment rêver d'autre chose
A quatorze ans, à quatorze ans ?

Une rose venait d'éclore;
Je l'observais sans y songer;
C'était au lever de l'aurore,
Le zephyr vint la caresser:
C'est donc quand la fleur est éclose
Qu'on voit voltiger les amants!
Mais, hélas ! est-on quelque chose
A quatorze ans, à quatorze ans?

206 VERS A LA VILLE D'ARRAS.

VERS A LA VILLE D'ARRAS,

Où l'auteur avait accompagné M. de CHAUVELIN,

intendant de Picardie.

RESPECTABLE séjour de ces vertus antiques,
Et de ce goût du vrai , l'honneur des premiers temps,
Terre où vont refleurir les arts les plus brillants,
Et qui verras ton nom aux fastes poétiques

Parmi les temples des talents;
Si quelques succès dus à la seule indulgence

M'ont pu mériter les regards
De ceux de tes enfants qu’unit l'amour des arts,

Jouis de ma reconnaissance,
Et contemple avec moi, dans ces mêmes succès,

Les monuments de tes bienfaits.
L'un de tes citoyens I aux lieux de ma naissance

[ocr errors]
« PrécédentContinuer »