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Les historiens Arabes, Persans et Chinois, nous apprennent égkment que le dernier des Chosroès, Iezdedjerd III, réduit àlettrémité par les armes des MusuImans, tourna ses regards Vers la Chine pour en obtenir des secours qui pussent le rétablir sur le trône de ses pères (1). Après qu'il eut succombé

de fontière, qui résidoit dans Ia ville de Korkan. IIs se soumirent à payer un tribut aux Arabes, dans les premiers temps de leur domination en Perse ( Thabary , pag. 4z3 et 474 ), et se rendirent ensuite indépendans. Les Chinois nous apprennent que l'un d'eux, appelé Hou-lou-han, peut-être Karen , envoya une ambassade en Chine, en l'an 746, et reçut un titre Chinois; huit ans après, iI envoya son fils Hoei-lo à la cour, où il obtint diverses distinctions honorifiques, Ce prince, à ce qu'assurent ces mêmes écrivains, resta à la Chine, parce que, peu après, la souveraineté de son père fut détruite par les Arabes. Effectivement, Abou'Ifaradj nous apprend, dans sa Chronique Syriaque ( Bar-Hebr. Chronic. Syr. versio Latina, p yo), qu'en l'an 1o71 de l'ère des Séleucides [ 759 et 76o de J. C.], le Tabaristan, et tous les pays qui avoisinent la mer Caspienne, furent conquis par les Arabes. Plus tard, Maziar, fils de Karen, issu des rois du pays, se révolta sous le règne de Motasem (de l'an 833 à 842 de J. C. ), et fixa, comme ses prédécesseurs, sa résidence à Sari. ( Thabary, traduction Persane, pag zgo-z34, ms. Persan, n ° 63. ) (!) Selon les Chinois, Iezdedjerd envoya une ambassade en l'an 638, c'est-à-dire, deux ans après la perte de la bataille de Kadésiah, o un an après la prise de sa capitale par les Arabes. Thabary fait aussi mention (p. 478, 479 et 48o ) des secours qu'il envoya demander " Khakan des Turks et au roi de la Chine. Les Chinois racontent ocore que le roi de Perse fut trahi par un des princes ses vassaux, o qu'il fut tué en cherchant à gagner le Tokharistan. On sait, par o écrivains Arabes, qu'Iezdedjerd, chassé par les Musulmans de ses o, se retira à Farghanah , dans le Turkestan, et qu'il ne revint en oe qu'après la mort du khalife Omar. Il fut trahi aiors par Mahoui o, roi de Mérou, qui appela à son secours le roi des Turks,

Tome II. B

à Mérou dans le Khorasan, son fils Firouz chercha un asyle à la cour des Thang (1). Après sa mort, plusieurs chefs Persans, cantonnés dans le Sedjestan, dans le Gartchestan, dans le Zabélistan , dans le Nimrouz de KabouI, dans le Tokha

qu'il étoit parvenu à brouiller avec Iezdedjerd. Ce prince, selon Athem de Koufah ( apud Wilken, Chrestomath. Persic. p. 153 et 154 ), étoit nommé Thandjthakh, et pourroit bien être le même que Thang-thaï-thsoung, empereur de la dynastie des Thang, qui régnoit alors sur la Chine, et auroit été appelé roi des Turks par l'auteur Arabe, parce qu'alors le Turkestan relevoit de la Chine. Abou'Ifaradj (Hist. Dynast, texte Arabe, p. 18,, vers. Lat. p. 116 )

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II appelle Tharkhan e'->>-l- le prince des Turks, chez lequel le roi
de Perse se retira. Il est à croire que cet auteur aura pris le titre de
ce personnage pour son nom ; car les écrivains Grecs et Arabes nous
apprennent également qu'il existoit, sous cette dénomination , chez
les Khazars et chez les Turks orientaux, une dignité qu'on retrouve
aussi, long-temps après, chez les Mongols.
(1) Selon les Chinois, Firouz régna, après la mort de son père,
dans le Tokharestan, où, en l'an 661, il fut attaqué par les Arabes.
Il en fut chassé, et contraint de chercher un asyle en Chine, où il
mourut, laissant un fils appelé Wi-ni-ché, probablement Wersès ou
Nerseh. Jusqu'à présent nous ne connoissions Firouz que par les
Chinois et par un passage de la Chronique Arabe d'Abou'lfaradj,
qui rapporte que la mère de Yezid II, khalife Ommiade, étoit
Schahférend, fille de Firouz, fils d'Iezdedjerd ( Greg. Abou'lfaradj,
Hist. Dynast, texte Arabe, p. 211 , et vers. Lat. p. 136 ). Nous
avons retrouvé le nom de ce prince dans deux autres écrivains
orientaux. L'auteur du Modjmel-altewarikh ( ms. Persan, n.° 62,
föl. 2o4 recto) dit que la mère du khalife Yezid l I étoit Schaha-
férid, fille de Firouz, fils d'Iezdedjerd ; et Masoudy rapporte, dans
le A1oroudj-eddheheb ( ms. de Constantinople, tom. 1.", fol. 126 verso )
qu'lezdedjerd avoit deux fils, Bahram et Firouz.

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restan, et dans diverses autres contrées du voisinage, y restèrent indépendans des Arabes, et, comme ceux du Dilem, ils entretinrent des relations politiques avec les Chinois (1). La domination de ces derniers étoit si bien établie dans la Transoxane et les régions limitrophes, que les Arabes leur donnoient le nom de Sin. Dans un fragment de quatre vers, rapporté par Ibn-Kotaïbah, le poète Arabe Abou-Djoumanah, de la tribu des Bahélites, dit, en parlant de la tombe de Kotaïbah, fils de Moslem, guerrier de sa tribu, qu'elle étoit dans le pays de Sin ; et l'on sait par le témoignage d'Abou-Yokthan, auteur cité par le même écrivain, que le sépulcre de Kotaïbah étoit à Farghanah, sur les bords du Syhoun (2). Les Arméniens firent de même ; ils donnèrent le nom de 7YHug Djenk'h [ ou Chinois ] , aux Turks de la Transoxane. Nous voyons par Abou'Iféda (3), qu'en l'an 1 19 de l'hégire [de J.-C. 737 ] et pendant les années suivantes, les Musulmans soutinrent une guerre opiniâtre contre les Turks de Samarkand et de Farghanah, alors vassaux de la Chine. Les Chinois font mention de cette même guerre, et des secours de troupes que

(1) Les princes du Tokharistan envoyèrent des ambassades en 65o, en 7o5, et entre les années 713 à 755. Les peuples du Kilan, voisins de Balkh, et les Gètes, qui habitoient dans les mêmes régions, en envoyèrent aussi. La ville de Bamian fut tributaire de l'empire depuis l'an 658 jusqu'au milieu du vIII.° siècle : il en fut de même de plusieurs contrées du voisinage. Le pays de Ki-pin, la Cophêne des anciens, limitrophe de là Bactriane et de l'Hindoustan, paya tribut depuis l'an 619 jusqu'en 758.

(2) Eichhorn, AMonumenta antiquissimœ historia Arabum, p, 1o2 et ro}. L'auteur de cet ouvrage croit que c'est à tort que ces écrivains donnent à Farghanah le nom de Sin : cela vient de ce qu'il ignoroit qu'à cette époque l'empire Chinois s'étendoit jusqu'au Kharizme.

(3) Annales Moslemici, tom. I, p. 453.

les Turks leur demandèrent pour résister aux Arabes. Les écrivains Arméniens nous font connoître l'un des généraux qui commandoient les Musulmans; c'étoit un certain Mohammed, qui avoit été gouverneur de l'Arménie, depuis l'an 727 jusqu'en l'an 732. En parlant de ses guerres dans la Transoxane, ils disent qu'il combattit les Chinois 7YHoup , sur les bords d'un fleuve qu'ils nomment [',uz ambu / Baudis / (1), peut-être le Bautès de Ptolémée (2). Ce fleuve devoit être audelà du Syhoun; mais pour fixer sa position d'une manière plus exacte, il faudroit avoir, par les écrivains Arabes, le récit circonstancié de toute cette expédition. II n'a été question jusqu'à présent que des pays situés à l'orient de la mer Caspienne. Les Arméniens donnèrent aussi le nom de Chinois aux Khazars et aux peuples qui habitoient au nord du Caucase, dans les vastes steppes qui s'étendent jusqu'au Volga , comme on le voit dans un auteur anonyme (3), qui vivoit, à ce que nous pensons, à la fin du vIII.° siècle. Ces nations étoient sans doute soumises à la domination ou au moins à la suprématie Chinoise ; et c'étoit de là que leur venoit le nom de Chinois, qui n'auroit pu leur convenir sous aucun autre rapport. Les Arméniens savoient, aussi bien que les Arabes, que l'empire de ces Chinois, qui s'étendoit jusque dans leur voisinage, se prolongeoit d'un autre côté jusqu'à la mer Orientale, et que sa

(1) Tchamtchéan, Hist. d'Arm. tom. II, p, 4o}.

(2) Geogr. lib. VI, cap. 16.

(3) Histoire de la Croix, de Hatsouni, ms. Arménien, n ° 7o, fol. 176 verso et 177 recto. Cet écrivain parle, dans cet endroit, des expéditions que les Arabes firent au-delà de Derbend, dans le pays des Khazars, au commencement du VIII.° siècle, et dont on trouve le récit circonstancié dans l'Histoire universelle de Thabary (traduction Persane, ms. n.° 63, pag. 551-561 ).

métropole étoit fort loin à l'extrémité de l'Asie. Les récits de Masoudy ne peuvent laisser aucun doute à cet égard (1). On trouve la même chose dans les voyageurs Arabes, publiés par Renaudot. Ils étoient venus en Chine par la mer des Indes, et ils assurent que cet empire s'étendoit jusqu'à une petite distance du Khorasan (2). Ibn-Haukal, géographe Arabe de la plus grande importance et contemporain de Masoudy, nous assure, d'après le témoignage de deux autres auteurs, le Persan Ishac et Abou-Ishac Ibrahim, fils d'Alptéghin, chambelland'un prince de Ia dynastie des Samanides, que la Chine s'étendoit pendant trois mois de chemin, depuis le grand océan jusqu'au territoire des Musulmans dans laTransoxane; et dans un autre sens, l'espace de quatre mois de chemin, depuis son extrémité orientale , jusqu'à son extrémité occidentale , du côté de Tibet, s'étendant encore jusqu'au pays des Turks Taghazghaz, et à celui des Kherkhiz, puis en tournant derrière le pays des Kaïmak, jusqu'à la mer (3). Cette mer ne peutêtre que la mer Caspienne. L'auteur Arménien de la géographie attribuée à Moyse de Khoren, qui , à ce que nous Pensons, vivoit peu avant ces écrivains , atteste également

(1) Moroudj-eddheheb, ms. de Constantinople, tom. I.", fol. 6o

rtcto et 61 recto,

(2) Anciennes relations des Indes et de la Chine, P. 93. 6) e es»l é=l»l, s ol &*l re5 • 4e e-J -CLo , * : •-Jl ce,l é q»,oll •- dl ch# st- é -1 °- e eo-l »o"o»',* # 4J J ooo ,o 3-, 5-2-, je - Ge, 3 lbn-Haukal, ms. de Leyde, fol, 6,

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