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étoit montée sur le trône en l'an 1222. M. Klaproth (3Rcife in ben faufasus unb nad) ®eorgien , tom. II , p. 18r), par suite d'une erreur qui s'est glissée dans toutes les dates de l'histoire de Géorgie, place son avénement en l'an 121 1, onze ans avant l'époque que nous lui avons assignée. M. Klaproth ajoute que , dans les premières années de son règne, Djelal-eddin, sultan du Kharizme, entra dans la Géorgie. Nous avons déjà vu que c'est en 1225 qu'il faut placer la date de l'invasion de ce prince, ce qui confirme ce que nous avons avancé. Cette même erreur a fait placer en l'an 1237 la mort de Rousoudan, qui, selon les historiens Arméniens (Tchamtchéan, Histoire d'Arménie, tom. III, p.224), est arrivée en l'an 1247. Cette princesse, pour ne pas se soumettre aux Mongols, s'empoisonna dans la forteresse d'Ousaneth , située dans le royaume d'Imireth, où elle s'étoit retirée. (41) On trouve dans l'original souhn-ra, mot étranger à l'arménien, qu'Éléazar Schamir interprète par 74unqu4, 7u7u7 et uuz , qui signifient tous coffre, boîte, bière. Ce mot est l'arabe e»,o, qui veut dire coffre, et qui est passé dans l'arménien vulgaire sous la forme de fQuaqnz-an. (42) D'autres auteurs Arméniens (Tchamtchéan, Histoire d'Arménie, tom. III, pag. 223 ) nous apprennent que Rousoudan envoya son neveu David à Ghaïath-eddin-Kaïkhosrou, sultan des Seldjoukides de Roum, qui le fit garder prisonnier à Gésarée en Cappadoce. Dans le même temps, elle avoit donné sa fille en mariage au sultan ; ce qui arriva en l'an 1548 de l'ère des Séleucides [ 1236 et 1237 de J. C. ], qui répond à l'an 634 de l'hégire, selon Abou'Ifaradj, qui parle de cette alliance dans sa Chronique Syriaque (pag. 498, et vers. Lat. pag. 515 )."Selon la version Latine, le sultan auroit épousé la sœur de la reine d'Ibérie, ce qui contrediroit le récit des auteurs Arméniens; mais cette erreur ne se trouve pas dans le texte Syriaque, qui

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lui amena pour épouse la fille de la reine de Géorgie. Quand cette princesse vint dans l'Asie mineure, elle étoit accompagnée d'un évêque, de plusieurs prêtres, et d'un prince Géorgien qu'Abou'lfaradj appelle 15e-! - o 9 Daouid-Zoghoura, c'est-à-dire, David le Petit, et qu'il

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peut-être étoit-ce effectivement là le titre que portoit David, neveu de Rousoudan ; car il est évident que c'est de lui qu'il s'agit dans le récit d'Abou'Ifaradj, quoique cet auteur se trompe en le faisant frère de la princesse qu'épousa Ghaïath-eddin Kaïkhosrou. La suite de sa narration prouve manifestement qu'il y avoit quelques motifs secrets dans l'alliance de Rousoudan avec le sultan des Seldjoukides ; car il rapporte que, peu après son arrivée, la princesse Géorgienne embrassa la religion Musulmane, et que l'évêque qu'elle avoit amené, ainsi que son frère, furent enfermés prisonniers dans un fort, où ils restèrent jusqu'à ce qu'ils furent délivrés par les Tartares; ce qui est vrai, car ce furent les Mongols qui rendirent la liberté au neveu de Rousoudan, quand ils firent la conquête de l'Asie mineure. Ghaïatheddin Kaïkhosrou eut de la fille de Rousoudan un fils nommé Alaeddin, qui, quoique fort jeune, fut associé à l'empire par ses frères Azz-eddin et Rokn-eddin en l'an 646 de l'hégire [ 1248 et 1249 de J. C. ]. Ala-eddin mourut en l'an 652 de l'hégire [ 1254 et 1255 de J. C. ], par la perfidie de son frère Azz-eddin, lorsqu'il alloit par son ordre à Karakoroum à la cour de Mangou-khan. (43) Le prince qui succéda à Rousoudan est souvent appelé par les Géorgiens Soslan David , du nom de son aïeul; il fut encore surnommé Sain , nom qu'il avoit sans doute reçu des Mongols, et qui, comme nous l'avons déja vu, signifie bon, dans leur langue. Nous avons rapporté comment il fut privé de la couronne par sa tante Rousoudan, et comment il fut gardé prisonnier dans l'Asie mineure. II ne put être délivré qu'en l'an 1243, car ce ne fut qu'en cette année que les Tartares se rendirent maîtres de Césarée, où on le gardoit. (Voyez Abou'lfaradj, Chronique Syriaque, p. 5o2.) Comme à cette époque Rousoudan refusoit de se soumettre à l'empire des Mongols, Batchou-Nouïan, leur général dans l'Occident, résolut de soutenir les droits de David Soslan, pour se faciliter les moyens de soumettre la Géorgie. Les princes de la grande Arménie, alors dépendans des Mongols, se joignirent à eux; et Vahram , prince de Schamkor, alla chercher David Soslan pour l'amener à Batchou, qui se hâta d'entrer en Géorgie pour le mettre en possession du royaume et le faire proclamer à Téflis. Par reconnoissance pour les services que Vahram lui rendit en cette circonstance, le nouveau roi prit le surnom de Vahramoul. Batchou l'envoya ensuite à Karakoroum pour recevoir l'investiture du royaume de Géorgie : cependant il ne put en obtenir la possession entière; car dans le temps que Rousoudan fut réduite à se donner la mort pour ne pas tomber au pouvoir de Batchou, elle avoit mis son fils, qui s'appeloit aussi David, sous la protection de Batou, prince du Kaptchak, et celui-ci l'avoit envoyé à Karakoroum; de manière que les deux princes furent présens à l'inauguration de Gaïouk, en l'an 1247. (Voyez Abou'Ifaradj, Chronique Syriaque, p. 5o6, et Chronique Arabe, p.49o, et Raschid-eddin, fol. 227 verso.) La recommandation toutepuissante de Batou fit aussi accorder le titre de roi de Géorgie au fils de Rousoudan ; de sorte que le royaume fut partagé en deux. David Soslan eut la Géorgie supérieure, composée des pays de Kharthli, de Kakhéthi, de Sa-Atabago ou d'Akhal-tsikhé, avec une partie du Schirwan. Le fils de Rousoudan eut la Géorgie inférieure, composée des provinces d'Imireth, de Mingrélie, d'Odischi, de Svanethi, de Djikhethi et d'Abkhasethi. On distingua ce dernier roi de l'autre David par le surnom de Narin, qui, selon M. Klaproth (JReife in ben 3Rautasus unb nad) Georgien , tom. II , p. 18;), signifie en mongol le nouveau venu. Ce surnom lui fut sans doute donné parce qu'il ne vint à Karakoroum qu'après David Soslan. (44) Ce passage me paroît corrompu : dans l'état où il est, il signifie, il prit d'abord pour femme Khoiant de Makhidchevan, Esougan. II est probable que les copistes ont oublié au moins un mot; peutêtre faudroit-il lire, uul.- un-unL A.-p. 44w 1]unyuuno U, uh k9l-u/unTin-fuu Eun-4u ou ou bunL4uuou. C'est dans cette supposition que j'ai fait ma traduction. (45) Dans le texte, on lit dk& npusuu, à la grande cour, c'est-àdire, à la cour du grand khan, à Karakoroum (46) Abaka-khan eut à soutenir, depuis l'année 666 de l'hégire jusqu'en 669 [ 1267-127o de J. C. ], des guerres opiniâtres dans le Khorasan et dans la Transoxane, contre Barak, prince qui régnoit sur la postérité de Djaghataï, deuxième fils de Djinghiz-khan. Ce fut sans doute dans ces guerres que Darsaïdj eut occasion de signaler sa valeur au service des Mongols. (47) Au lieu de '4 èuu,43, qui est dans l'édition de Madras, je Iis A & uv, en Syrie. Sous le règne d'Abaka, dans l'hiver de l'an 128o, son frère Koungourtaï fit une invasion en Syrie, et repassa bientôt l'Euphrate, se contentant d'avoir ravagé les environs d'Halep. Dans l'automne de 1281, Mangou-Timour, autre frère d'Abaka, passa l'Euphrate avec une armée considérable de Mongols, renforcée d'un grand nombre d'Arméniens et de Géorgiens. On livra une grande bataille entre les villes d'Émesse et de Hamah, le 3o octobre 1281. Les Tartares, qui y avoient d'abord eu l'avantage, furent ensuite vaincus par les Arabes Thaalébites, qui fondirent sur eux pendant qu'ils étoient occupés à poursuivre les fuyards. II n'y eut que l'aile droite, composée de Mongols de la nation des Ouïrat, de cinq mille Géorgiens, et des troupes Arméniennes , conduites par le roi Léon III , qui chassa les ennemis jusqu'aux portes d'Émesse et revint chargée d'un immense butin. C'est sans doute dans cette campagne que Darsaïdj Orpélian eut occasion de déployer son courage, et il étoit sans doute dans le corps dont nous venons de parler. Cependant les Tartares, affoiblis par cet échec, ne purent poursuivre leurs conquêtes en Syrie, et ils repassèrent l'Euphrate. (48) Abou'Ifaradj fait mention (Chronique Syriaque, p. 556, et Chronique Arabe, p. 55o) des services que les Géorgiens rendirent aux Mongols, en combattant pour eux dans l'Asie mineure contre Bondokdar, sultan des Mamelouks d'Égypte, qui y avoit fait une invasion. Le 16 avril 1277, les Tartares perdirent une bataille dans laquelle leurs généraux Toukou et Toudan furent tués. Trois mille Géorgiens qui étoient dans l'armée Mongole firent des prodiges de valeur pour repousser les Egyptiens. Deux mille d'entre eux trouvèrent la mort dans cette action, et le reste fut obligé de se retirer avec les Tartares. Cette bataille se livra dans le pays d'Ablasdan ou d'Ablestan, selon Raschid-eddin (fol. 312 recto). (49) Dans l'arménien, Eut U"upuy-ng, contre les peuples de Mesr,

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Demir-kapou en turk, signifie porte de fer.

(5 1) Le mot de balisch , qui est d'origine Mongole, est passé dans la langue Persane.Voici comment Castel l'explique dans son Dictionmaire Persan : JoJo Mogolica voce. 1. Talentum yoo JUix pondere : et pecuniœ summa ibidem valens 75 denarios aureos. 2. Cervical, pulvinar , log. pec. lecticarium , cui innituntur considentes aut discumbentes. Si in orbem seu quatuor cubiculi latera disposita sunt ejusmodi pulvinaria JJU ,le vocant. 3.Linteum, quo obligantur vulnera, taeniaeve iis impositae. Je pense que , dans l'origine, ce mot désignoit une sorte de tablette en or, en argent ou d'un autre métal, que les souverains donnoient comme récompense et comme témoignage de leur satisfaction. Le double sens que ce mot a maintenant dans le persan me feroit croire cependant qu'un balisch n'étoit pas toujours d'une substance métallique, mais que ce pouvoit être quelquefois une pièce d'étoffe de la même forme, ornée sans doute de dessins et de broderies. La description que l'historien des Orpélians donne de celui que Darsaïdj reçut pour récompense de ses exploits, nous prouve que c'étoit une tablette d'or ornée de dessins.

(52) On lit dans le texte Uupuunuu ; mais je n'ai pas balancé à y substituer Sapuuuhof. Nous avons déjà fait voir que Sempad étoit mort long-temps avant l'an 1272. D'ailleurs on voit clairement que tout, dans la phrase, se rapporte à Darsaïdj.

(53) C'est ici la première fois que la chronologie Géorgienne s'accorde avec celle des Arméniens, et sans doute avec la vérité. M. de Klaproth (Jieife in ben Raufasus unb nad Georgien, tom. II, p, 187) place, comme l'historien des Orpélians, la mort de David Soslan et l'avénement de son fils Démétrius en l'an 1272.

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(1)Ce prince, que plusieurs orientalistes et même plusieurs écrivains Persans ont appelé par erreur Nikoudar, ce qui vient de la confusion des points diacritiques, s'appeloit réellement ,l>,<s Takoudar, comme nous l'apprennent Raschid-eddin et Abou'Ifaradj. Il n'étoit pas neveu d'Abaka, comme le disent l'historien des Orpélians et quelques autres auteurs, il étoit son frère, et le septième des fils d'Houlagou.Il prit le nom

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