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et de là on va chez les Ibériens : ils sont tous du côté du nordouest. Le pays des Thraces est à l'orient de la Dalmatie. La Thrace a sept petits pays, des fleuves, des villes, des îles et la ville de Sémandria, qui est sur la Lova et la Setchova, d'où on va jusqu'à Constantinople. Venise est un port au milieu de la mer, où on étudie la chimie et où on donne à l'argent la couleur de l'or. II y a chez les Francs douze nations de langues différentes, huit chez les Romains [ Grecs], et huit chez les Ibériens. Olinthe est une ville de Thrace auprès de Stagire, patrie d'Aristote. II existe encore beaucoup de nations, de villes et de pays qu'il ne nous paroît pas utile de décrire, et dont par cette raison nous n'avons pas voulu nous occuper.

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NOTES
SUR LA GÉOGRAPHIE

DE VARTAN. o

(1) CETTE Géographie a déjà été publiée, en 1728, à Constantinople, à la suite d'un petit Dictionnaire Arménien destiné à expliquer particulièrement plusieurs mots difficiles qui se trouvent dans la version des saintes Écritures. L'éditeur se nommoit Diratsou ZMourad, et il avoit reçu cette Géographie d'un vartabied appelé Jacques. La manière dont ils ont publié cet ouvrage ne fait honneur ni à l'un ni à l'autre; cette édition, déjà bien mauvaise typographiquement, est surchargée de fautes de tous les genres, qui rendent cette Géographie fort difficile à entendre. Heureusement que nous en avons trouvé, dans le manuscrit Arménien de la Bibliothèque du Roi, n.° 74 (fol. 132 recto— 147 recto), une fort bonne copie, qui paroît être du xV." ou du xvI.° siècle. Avec son secours, nous avons pu rétablir le texte dans sa pureté primitive, et remplir plusieurs lacunes qui se trouvent dans l'édition de Constantinople. Quoique cet ouvrage manque d'ordre, et que, par la manière dont il est rédigé, il soit difficile de suivre les descriptions de l'auteur, il est en général fort intéressant et fort utile pour la géographie particulière de l'Arménie. Il est un grand nombre de détails sur les changemens survenus, à diverses époques, dans les divisions et dans les dénominations usitées dans ce pays, qu'il seroit absolument impossible de trouver ailleurs. Le titre que cet ouvrage porte dans l'imprimé et dans le manuscrit, est ainsi conçu : Urunkat # •ikou pousus orpnt o•proso 4- 4eferen p ---npshou "lopn•uov ,/apquuqkumhou •qu'p1 L.- 4uuuun-oan m4un-soF ! c'està-dire, Geographie courte et abrégée, faite par le vartabied Vartan, le s U R I.'A R M É N I E. 45 5 nouvel interprète de l'Écriture et notre second illuminateur Ces qualifications honorifiques prouvent que les éditeurs et les copistes ont regardé ce traité comme l'ouvrage du docteur Vartan Pardserpertsi, qui jouissoit, au xIII.° siècle, d'une très-grande célébrité en Arménie, et qui mourut en l'an 1271. On pourra voir bientôt que ce livre ne peut lui être attribué; car, dans le lieu où son auteur fait la description de l'église de Khorvirab auprès d'Érivan, il parle du tombeau du célèbre Vartan, qui y étoit. Nous pensons que cet auteur étoit un disciple de Vartan, et que c'est pour cette raison qu'on lui a attribué l'ouvrage.Ce qui me le fait penser, c'est qu'en parlant du monastère de Kaloudsor, dans lequel Vartan Pardserpertsi habita pendant Ies dernières années de sa vie, il appelle ce lieu le collége sapdupuu et le siége de notre saint docteur ; ce qui ne peut s'appliquer certainement qu'au célèbre personnage dont nous parlons.

(2) Les noms Arméniens de ces planètes répondent, Érévag à Saturne, Lousnthak à Jupiter, Hrad à Mars, Arekagn au Soleil, Lousaper ou Arousiag à Vénus, P'hailadzoun à Mercure, et Lousin à la Lune.

(3) Ceux que le géographe Arménien désigne par le nom d'aupu1rée , ou les étrangers, sont les musulmans. Les noms des planètes, qu'il donne ensuite dans leur langue, sont Arabes : J-5 Zohal est Saturne, cs ,xx. Mouschtary est Jupiter, u* S.hams est le Soleil, #/-- AMarikh, Mars; e ,o5 Zohrah, Vénus ; 2,Uhe Athared, Mercure , et _ 5 Kamar, la Lune.

(4) On voit ici que Vartan confond le défilé de Derbend ou la porte des Huns, avec le passage de Dariel ou la porte des Alains, l'une située au milieu du mont Caucase, et l'autre près de la mer Caspienne.

(5) Le pays des Alains étoit situé au milieu du Caucase, vers le défilé de Dariel, du côté du nord; il ne répond donc pas au Schirwan des modernes, qui est l'Albanie des anciens.

(6) Il s'agit d'Oda, prince de la race des Amadouniens, qui avoit épousé Khosrovitoukhd, sœur de Tiridate, premier roi chrétien d'Arménie, dont il étoit l'hazarabied ou premier ministre.

(7) Qu4uu Zagam est un pays au nord du lac de Sevan et de la ville de Gandjah, qui s'étend jusqu'au canton de Dsorap'hor, et qui comprend la plus grande partie de l'ancienne province de Koukarie.

(8) Le monastère de Khoranaschad se trouve dans le territoire de Davousch, en face du fort d'Erkevank'h, près du pays de Kartman; il fut fondé, vers l'an 1213, par le vartabied Jean Vanagan, disciple du célèbre Mekhithar Kosch.

(9) Selon les Armeniens, l'apôtre Élisée, disciple de S. Thadée, avoit été martyrisé chez les Albaniens, et ses reliques furent retrouvées, en 489, par le roi Vatchagan.

(1o) Kandsasar, monastère dans le voisinage de la ville de Gandjah, étoit la résidence des patriarches de l'Albanie, dont la série remonte jusqu'au temps de S. Grégoire l'illuminateur. Ce patriarcat ne subsiste plus depuis quelques années ; il a été supprimé par le gouvernement Russe, à cause de son peu d'importance.

(1 1) Le vartabied Jean Maïragometsi vivoit dans le vII.° siècle. Comme il s'opposa avec chaleur à l'adoption des actes du concile de Chalcédoine en Arménie, le patriarche Esdras l'excommunia en 629. Il se retira alors auprès du fort de Pdchni, dans le monastère de Maïri, d'où lui vint son surnom. Il en fut chassé peu après par l'ordre du patriarche, et il se retira dans le pays de Kartman, où il répandit sa doctrine et où il mourut long-temps après.

(12) Voyez, sur le monastère de Dathev, ce volume, pag.4 et 5.

(13) Le monastère de U'a e4Au Mak'henis, nommé encore U'-Phishe Mak'henik'h, ou UT-P4 As Mak'henits, ou U'-p4i-kus /aoe AMak'heniats-vank'h, ou U"upAinge Mak'henotsk'h, et U"•PMoryas mz-Auu Mak'henotsats-oukhd, est placé par d'autres auteurs dans la province de Godaïk'h. Selon Richard Simon ( Histoire critique de la créance des nations du Levant, par le S.' Morin, pag. 226), ce monastère, qu'il appelle Machienusvanch, avoit été le siége d'un archevêque ; il étoit bâti auprès de la ville de Mak'henis, dans la province de Keghark'houni, à environ quinze lieues E. d'Érivan, et il étoit détruit au milieu du xVII.° siècle.

(14) Les mots & n /ns-u l,- uvy ruTnz-v" 1-4-on-e '4 4n7# manquent dans l'édition de Constantinople.

(15) 4,nqupsAu Hoghardzin , ou 4,unops4u /•e Haghardvinvank'h, ou encore }vuuupoko Khaghardzin et sl-Au•4,nnopoo OukhdHoghardzni, étoit un monastère dans la province de Koukarie.

(16) Le vartabied Kosch est le fameux Mekhithar Kandsagetsi, sur

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