Poésies complètes de Sainte-Beuve

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Charpentier, 1869 - 476 pages
 

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Page 68 - J'élève de mes mains- l'autel expiatoire Qui te purifiera d'un arrêt odieux. Non que j'espère encore, au trône radieux D'où jadis tu régnais, replacer ta mémoire; Tu ne peux de si bas remonter à la gloire; Vulcain impunément ne tomba point des cieux.
Page 137 - La voix me reste. Ainsi la cigale innocente, Sur un arbuste assise, et se console et chante. Commençons par les Dieux : Souverain Jupiter, Soleil qui vois, entends, connais tout, et toi, mer, Fleuves, terre, et noirs dieux des vengeances trop lentes, Salut ! Venez à moi, de l'Olympe habitantes, Muses ! vous savez tout, vous, déesses ; et nous, Mortels, ne savons rien qui ne vienne de vous.
Page 137 - C'est ainsi qu'achevait l'aveugle en soupirant, Et près des bois marchait, faible, et sur une pierre S'asseyait. Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses, gardiens de leurs troupeaux bêlants.
Page 196 - Que sont devenus ces amis du même âge, ces frères en poésie, qui croissaient ensemble, unis, encore obscurs, et semblaient tous destinés à la gloire! Que sont devenus ces jeunes arbres réunis autrefois dans le même enclos? Ils ont poussé, chacun selon sa nature; leurs feuillages, d'abord entremêlés agréablement, ont commencé de se nuire et de s'étouffer : leurs têtes se sont entre-choquées dans l'orage; quelques-uns sont morts sans soleil ; il a fallu les séparer, et les voilà maintenant...
Page 96 - Il réprima toujours les attendrissements Qui naissent sans savoir, et les troubles charmants. Et les désirs obscurs, et ces vagues délices De l'amour dans les cœurs naturelles complices. Maîtresse d'elle-même aux instants les plus doux, En embrassant sa mère, elle lui disait vous. Les galantes fadeurs, les propos pleins de zèle Des jeunes gens oisifs étaient perdus chez elle ; Mais qu'un cœur éprouvé lui contât un chagrin, A l'instant se voilait son visage serein : Elle savait parler...
Page 370 - D'un destin inégal, mais aucun d'eux en vain, Tentaient le grand succès et disputaient l'empire. Lamartine régna ; chantre ailé qui soupire, II planait sans effort. Hugo, dur partisan (Comme chez Dante on voit, Florentin ou Pisan Un baron féodal), combattit sous l'armure, Et tint haut sa bannière au milieu du murmure : II la maintient encore ; et Vigny, plus secret, Comme en sa tour d'ivoire, avant midi, rentrait (1).
Page 71 - Elle m'aimait pourtant... ; et ma mère aussi m'aime, Et ma mère à son tour mourra; bientôt moi-même Dans le jaune linceul Je l'ensevelirai ; je clouerai sous la lame Ce corps flétri, mais cher, ce reste de mon âme; Alors je serai seul; Seul, sans mère, sans sœur, sans frère et sans épouse ; Car qui voudrait m'aimer, et quelle main jalouse S'unirait à ma main?... Mais déjà le soleil recule devant l'ombre, Et les rayons qu'il lance à mon rideau plus sombre S'éteignent en chemin...
Page 193 - Toutes les pensées d'existence » et d'avenir se tiennent; pour croire à la vie qui doit suivre » celle-ci, il faut commencer par croire à cette vie elle-même, » à cette vie passagère. » Le devoir de l'ami clairvoyant envers l'ami infirme consiste...
Page 70 - Oh! qui dans une église, à genoux sur la pierre, N'a bien souvent le soir déposé sa prière, Comme un grain pur de sel ? Qui n'a du crucifix baisé le jaune ivoire ? Qui n'a de l'Homme-Dieu lu la sublime histoire Dans un jaune missel ? Mais où la retrouver, quand elle s'est perdue, Cette humble foi du cœur, qu'un ange a suspendue En palme à nos berceaux...
Page 150 - Tel filet d'idée poétique qui chez André Chénier découlerait en élégie, ou chez Lamartine s'épancherait en méditation, et finirait par devenir fleuve ou lac, se congèle aussitôt chez moi, et se cristallise en sonnet; c'est un malheur, et je m'y résigne. — Une idée dans un sonnet, c'est une goutte d'essence dans une larme de cristal.

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