Œuvres complètes d'ʹElisa Mercœur de Nantes: précédées de mémoires et notices sur la vie de l'auteur, Volume 1

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Veuve Mercœur: Pommeret et Guenot, 1843
 

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Page 65 - Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie? J'aimais ton doux aspect, dans ce triste vallon. Un printemps, un été, furent toute ta vie; Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon. Pauvre feuille! il n'est plus le temps où ta verdure Ombrageait le rameau dépouillé maintenant. Si fraîche au mois de mai ! faut-il que la froidure Te laisse...
Page 49 - Nébuleux avenir, ah! qu'au sein des ténèbres Tu sois caché toujours. Du ruisseau de la vie, ou l'impide ou bourbeuse, Je veux laisser passer l'onde capricieuse, Sans regarder son cours. Ce voile dont le ciel couvre ta destinée, Ce voile qu'en fuyant soulève chaque année, Pourquoi le déchirer? Au livre du destin s'il essayait de lire, L'homme verrait à peine une heure pour sourire, Un siècle pour pleurer. L'avenir, ce réveil des songes de l'enfance, Vient effeuiller trop tôt les fleurs...
Page 176 - L'univers s'enferma dans son âme profonde. En livrant son esquif aux tempêtes du sort, Du culte poétique, hélas! prêtre et victime, Lui seul se comprenait dans sa douleur sublime, Et pour vivre attendait la mort. Mendiant, fugitif, sous les cieux d'Ionie Tu prodiguas l'outrage à son malheur sacré. L'infortune ici-bas est la sœur du génie : Sa main de plomb s'étend sur un front inspiré. Mais elle pèse en vain sur sa tête indigente : II chante , souffre , meurt , et son ombre géante Reçoit...
Page 258 - En vain tes froids conseils cherchent à me confondre. L'obtiendras-tu jamais ce demain attendu? Lorsqu'au funèbre appel il nous faudra répondre, Nous aurons tous les deux, toi pensé, moi vécu. Nomme cette maxime ou sagesse ou délire , Moi, je veux jour à jour dépenser mon destin.
Page 177 - Mais c'est sur leur tombeau que l'on s'est prosterné. Toi qui, vers de jeunes rivages , Guidant de l'Espagnol les incertains vaisseaux, Des astres du midi sur de nouvelles plages , As vu briller les feux nouveaux , Colomb , de pas hardis tu sus empreindre l'onde...
Page 61 - NE jamais redouter le temps qui nous entraîne, Attendre sans effroi son rappel vers les cieux, Chaque jour détacher un anneau de sa chaîne, Mourir sans exhaler des regrets pour adieux. Supporter sans chagrin l'oubli de la richesse, Deviner au regard ce qu'éprouve le cœur ; Sans cesse prodiguer la plainte à la tristesse, Et présenter joyeux un sourire au bonheur.
Page 47 - D'un reflet du bonheur. Mais la fleur se flétrit, elle tombe, et la flamme De ce timide espoir qui brillait dans mon âme Perd son éclat trompeur. Seule, et loin de l'objet que j'idolâtre encore, Le mal du souvenir lentement me dévore: Si je pouvais mourir!
Page 51 - Mais, avant de le voir, interroge ton âme. Silence. . . Écoute-la ! peut-être elle réclame Un juste repentir. Eh bien ! voile tes yeux : si le matin de l'âge Est encor dans ton cœur comme une douce image, Contemple l'avenir. Là, fermant pour jamais sa paupière lassée, Le chrétien en mourant dirige une pensée, Qui monte dans les airs; Et d'élan, et d'amour, tendre et sacré mélange, Déjà sa voix s'unit, comme la voix d'un ange, Aux célestes concerts. Là, s'exhale épuré l'encens...
Page 471 - Dieu ramène dans mon sein Le pâlissant flambeau de ma triste existence ! Que , rendue à ma mère et calmant sa souffrance , Je lui donne mes soins et charme ses vieux ans , Ou prenne dans mon cœur ma part de ses tourmens ! Je n'ose dire encor : Sauvez-moi pour la gloire , Fier objet de mes vœux, ma noble idole!...
Page 247 - ... enfermé son cœur ! Combien d'êtres, hélas ! qui passaient sur sa route. Avant lui parvenus au terme qu'on redoute, Ont délaissé le voyageur. . Oublié par le temps, ruine de soi-même, Cherchant en vain quelqu'un qui le comprenne ou l'aime, Du naufrage des ans il n'a sauvé que lui, Tour à tour dans son cœur laissant leur place vide Pour adieu, sur son front, imprimant quelque ride, Toutes les passions ont fui.

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