Images de page
PDF
ePub

en faisant manœuvrer avec, un appareil de Marsh, jusqu'à complète dissolution du zinc. Il vaut mieux se servir du zino laminé, que du zinc en plaques, en grenaille, ou distillé, par. ce qu'il est attaqué plus régulièrement par les acides, et qu'ensuite, l'opération du laminage est déjà une preuve de sa pureté, car, l'arsenic rend les métaux cassants. M. Meillet, prive le zinc d'arsenic, en le faisant déflagrer dans un creuset de Hesse, avec un quart environ de son poids d'azotate de potasse, stratifiés par couches, retire le creuset du feu, écarte les scories, et coule le zinc dans une lingotière. Mais le zinc parfaitement pur n'est que

très difficilement attaqué par les acides. Fer. On pensait primitivement que le zinc ou le ser pouvaient être employés indifféremment dans l'appareil de Marsh. Cependant, sans savoir pourquoi, on a donné la préférence au zinc. Liebig, avait déjà observé que, lorsqu'on se servait du fer, il se formait des taches ferrées, et cela, parce que, une portion de la liqueur était entraînée

par
le
gaz

arsenié. Mais, tout récemment, M. Dupaquier a démontré qu'il se formait réellement du gaz hydrogène ferré, que ce gaz n'était point arrêté par l'amiante, et que, enflamméà l'extrémité du tube, il brûlait avec une flamme jaunâtre à la circonference, verte au centre, et répandait une odeur alliacée, due au gaz hydrogène phosphoré qui l'accompagne ordinairement; qu'enfin ce gaz donnait des taches qui pouvaient être confondues avec les taches arsenicales, pour peu qu'elles fussent impures. Aussi, ce chimiste, exclut-il complétement le fer de l'appareil de Marsh; d'autant plus que le gaz hydrogène ferré s'oppose à la formation du gaz arsenié et antimonié, et qu'il réagit sur les dissolutions de chlore, des hypochlorites, des sels d'argent, d'or, l'acide nitrique, comme ces deux derniers gaz.

Taches. Les erreurs peuvent aussi porter sur les taches, et, en outre des pseudo-taches, que nous avons déjà signalées page 342, nous avons à dire quelques mots des taches produites par quelques métaux ou métalloïdes, et qui pourraient être confondues avec les arsenicales. 10 T'aches ferrugineuses. De corleur de rouille, ou rougeâtres et avec reflet métallique

frisé, elles se dissolvent dans l'acide azotique et le chlore. Le soluté, qui se colore en bleu par le cyanure de potassium et de fer, évaporé à siccité, laisse un résidu brun-rougeâtre. 2o Taches antimoniales. D'un bleu noirâtre, peu brillantes et quelquefois fuligineuses, elles ne se volatilisent que lentement et s'étendent préalablement, qu'elles soient chauffées ou exposées à la flamme du gaz hydrogène; se dissolvent à froid dans l'acide azotique; le soluté, évaporé, laisse un résidu jaunâtre, qui ne se colore pas en rouge brique par l'azotate d'argent. Elles ne sont pas solubles dans l'hypochlorite de soude, comme les arsenicales; c'est même un réactif qu'on a proposé pour séparer l'arsenic de l'antimoine, dans le cas où ces deux métaux seraient alliés, mais il n'atteint pas complétement ce but, d'après MM. Flandin et Danger. Il serait alors préférable de dissoudre la tache composée dans l'eau régale, de précipiter le soluté par le gaz sulfhydrique et de séparer le sulfure d'arsenic du sulfure d'antimoine

par l'ammoniaque qui dissout seulement le premier. En approchant du gaz hydrogène arsenié ou antimonié enflammés, une lame de verre sur laquelle on a déposé une goutte d'un soluté d'azotate neutre d'argent; avec le premier il se forme un précipité blanc-jaunâtre et blanc-caillebotté, avec le second. 30 nous aurions encore à donner les caractères distinctifs des taches de phosphore, d'iode, de soufre, de selenium, de tellure , mercurielles, stanniques, plombiques : encore peu étudiées, elles n'offrent pas tous les caractères réunis des taches arsenicales. Voyez ce que nous en avons dit page 339 et 356.

Vases, chaudières en fonte, creusets, capsules de porcelaine, de verre, tubes de verre, bouchons, etc. M. Orfila s'est servi de chaudières en fonte pour opérer ledécocté des matières suspectées arsenicales. Il dit s'être assuré, experimentalement, que les décoctés des cadavres des personnes non intoxiquées, obtenus dans ces chaudières, ne donnaient pas des taches arsenicales, non plus que l'eau aiguisée d'acide sulfurique qu'on y avait fait bouillir, ainsi que

le résidu brunâtre qui s'y était déposé. Cependant, à l'époque de l'affaire Mercier, MM. Orfila, Devergie, Lesueur et Ollivier (d'Angers) ont retiré des taches

arsenicales d'un décocté des membres d'un cadavre non intoxiqué, préparé dans ces chaudières. Wohler, dit avoir retiré de l'arsenic du dépôt noirâtre qui se forme dans ces vases, et M. Soubeiran, qu'il n'est rien moins démontré que la fonte ne soit pas arsenicale et que nous ne connaissons pas encore toutes les circonstances dans lesquelles elle pourrait céder l'arsenic. Dans cette incertitude, il convient de se servir des capsules en porcelaine. D'ailleurs le procédé de la décoction n'est presque plus employé.

Quant aux capsules de porcelaine et de verre ainsi que les tubes, il faut les choisir très durs, parce que, le gaz hydrogène réduit à chaud l'oxyde plombique en-tâches métalliques qui peuvent en imposer pour les arsenicales. Les creusets de Hesse ne doivent servir qu'une seule fois. Comme ils sont très poreux, ils se laissent infiltrer, surtout si l'on y décompose le produit de l'incinération par l'acide sulfurique, et donnent lieu à une perte de matière assez grande, inconvénient qu'offrent aussi quelquefois les creusets de porcelaine. Enfin, tous ces vases doivent être parfaitement nettoyés, et les bouchons, en raison de leur porosité, ne servir qu'à une seule opération.

En résumé, comme on n'est jamais certain de la pureté des réactifs ou des vases, s'ils contiennent ou non de l'arsenic, et, les procédés usités, étant quelquefois insuffisants pour les en priver, il est de rigueur, dans les expertises légales, d'opérer préalablement à blanc, c'est-à-dire, avec les mêmes quantités de réactifs, et les mêmes vases, et de la même manière qu'on se propose d'opérer avec les matières suspectes. Application de l'appareil de Marsh aux expertises

judiciaires. Par cela seul, qu'on a retiré de l'arsenic par l'appareil de Marsh des matières suspectes ou du corps du délit, peut-on affirmer qu'il y a empoisonnement? non sans doute, car, en outre des erreurs auxquelles peuvent induire les réactifs, et que nous avons deja signalées, il est des circonstances dans lesquelles, l'arsenic peut se trouver dans les matières suspectes, quoiqu'il

n'ait pas été donné comme poison ; circonstances, que le médecin-expert ne doit pas ignorer et qu'il doit faire connaître, soit dans son rapport, soit dans sa déposition verbale, afin d'éclairer le jury, qui, en général, peu expert en cette matière, croit à l'empoisonnement, parce qu'on a obtenu de l'arsenic. A l'époque

de l'affaire Lafarge, nous avions réuni, dans un petit mémoire, ces diverses circonstances, dont la plupart se sont vérifiées. Comme ce mémoire n'a pas été publié, en voici le résumé.

Aliments : boissons. Les matières alimentaires ne sont pas ordinairement arsenicales. MM. les membres de la commission de l'Institut, n'ont pas même retiré d'arsenic du blé chaulé avec l'acide arsénieux; mais, comme ce poison est souvent employé pour détruire les animaux, qu'à cet effet, on le mêle à de la farine, du fromage, de la graisse, etc., ne peut-il pas arriver que, par mégarde, ces matières intoxiquées soient mêlées avec des aliments de même nature ? Assez souvent dans les campagnes, pour se débarrasser de ces matières, on les enfouit en terre ou dans du fumier. Les plantes culinaires,alimentées par cette terre, par ce fumier, ne peuvent-elles pas acquérir des propriétés toxiques? Les expériences de MM.Flandin et Danger, démontrent que ces plantes, sont non seulement toxiques pour les animaux, mais encore que la chair de ces animaux, l'est aussi pour d'autres, et que

les viscères de ces derniers donnent de l'arsenic à l'appareil de Marsh. Ajoutons enfin que quelques préparations arsenicales, l'arsenite de cuivre, les sulfures d'arsenic servent à colorer les bonbons, les feuilles artificielles, les joujous d'enfants, etc.

Du sel commun, ayant occasionné, à Meaux et à Paris, des accidents assez graves, pour éveiller l'attention de la police : l'analyse démontra qu'il renfermait, par 30 grammes , 174 de grain ou environ 2 centigrammes d'acide arsenieux. Ce sel, avait probablement servi à conserver les peaux qui nous viennent d'Amérique. Ordinairement on le mêle avec de l'arsenic, afin que ces peaux ne soient pas attaquées par

les insectes, Quant aux boissons, elles ne sont pas non plus arsenicales;

cependant, elles peuvent le devenir dans des circonstances particulières. Nous avons déjà cité le fait suivant. A Nancy, plusieurs personnes éprouvent des symptômes d'intoxication assez graves pour éveiller l'attention de la police; quelques-unes de ces personnes succombèrent. L'expertise démontra que ces accidents dépendaient de l'eau d'un puits qui leur servait de boisson. Cette eau, qui donna des taches arsenicales à l'appareil de Marsh, et dans laquelle, on n'avait pu constater l'arsenic par le procédé ordinaire, était empoisonnée par les eaux provenant d'une fabrique de papiers peints, lesquelles, se rendaient dans les fossés de la ville, et delà, s'infiltraient à travers les terres dans le puits. (L'arsenite de cuivre sert à peindre les papiers en veit.) Qu'une des personnes mortes, ait été soupçonnée d'avoir été empoisonnée ; que le cadavre d'une personne soupçonnée aussi d'empoisonnement par homicide, ait été inhumé dans le terrain à travers lequel s'infiltraient les eaux de la fabrique ? quelles conséquences funestes ? Dans quelques provinces, on soufre les tonneaux dans lesquels sont conservés le vin ou autres boissons. Si c'était avec du soufre arsenifere, ces liqueurs ne pourraient-elles pas devenir arsenicales ? Plusieurs personnes, dans un repas, furent gravement incommodées. L'expertise, faite par Christison, démontra de l'arsenic dans le vin d'une des bouteilles ; cependant, le maître de la maison avait été chercher le vin à la cave, et avait lui-même débouché cette bouteille. La supposition précédente, ne peutelle pas expliquer la présence de cet arsenic dans le vin ?

Ustensiles de cuisine. L'étain, le fer, le zinc, d'un usage fréquent dans l'art culinaire, peuvent être arsenicaux. Quoique ces métaux soient plus oxydables que

l'arsenic, et s'opposent à ce qu'il acquière des propriétés toxiques, n'y a-t-il pas des circonstances où il pourrait être dissous par les aliments, par les boissons ? M. Batilliat, pharmacien à Mâcon, a retiré d'un alliage de nickel arsenical ou faux cuivre d'Allemagne, fréquemment usité dans le nord, pour faire des fontaines, des robinets, etc., une quantité assez notable d'arsenic. Un des rédacteurs du Journal de Chimie Médicale, ayant laissé, pen

« PrécédentContinuer »