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de potasse, sont les plus généraux et les plus habituellement

employés. Le procédé par le chlore est appliqué, surtout par „M. Devergie, à la recherche de l'acide azotique, des préparations de potasse, de baryte, d'antimoin d'étain, de mercure, de bismnih, de cuivre, d'or, etc. Voyez pour son exécution, pages 524 et 243. M. Jacquelain l'applique aussi à la recherche de l'arsenic, page 465. Le procédé de l'incinération simple ne convient que pour les poisons dont l'oxyde ou le métal sont fixes, la potasse, la soude, la chaux, la baryte, les préparations de cuivre, de plomb, de bismuth, d'étain, de fer, d'argent, d'or; voyez page 600. Le procédé de carbonisation par l'acide sulfurique s'applique spécialement aux préparations arsenicales, antimoniales, ainsi qu'aux préparations mercurielles, cuivreuses, de plomb, de bismuih, d'étain, de fer, d'or, d'argent, à l'alun; voyez pour la manière de procéiler, pages 328, 485 et 530. Le procédé de carbonisation par l'acide azotique et le chlorate de potasse peut être appliqué à tous les poisons de la quatrième section, excepté l'arsenic et le mercure; voyez page 479 et suivantes. Quel que soit le procédé de carbonisation ou d'incinération, l'oxyde ou plutôt le métal, lorsque c'est un poison facilement réductible, tel que le plomb, le bismuth, l'or, l'argent, se trouve dans le résidu, et on peut l'en séparer par les lavages, ou bien, dans tous les cas, en traitant les cendres par les acides azotique ou chloro-nitrique. On le transforme ainsi en nitrate, en chlorure soluble, qu'on reconnaît

par les réactifs caractéristiques, page 745. En supposant que la nature du poison soit ignorée, que l'expert 'ait à rechercher s'il y a empoisonnement par un poison inorganique, car plus tard nous traiterons la question d'une manière plus générale, on arriverait à la solution de cette question en soumettant les matières suspectes aux trois modes d'investigation décrits dans le paragraphe précédent. D'abord, par les lavages on constate, 1° si elles renferment un poison à l'état solide; 20 en les traitant par l'eau, si c'est un poison de la nature de ceux qui, en général, ne forment pas avec ces matières un composé insoluble: tels sont ceux de la seconde et

troisième section; même ainsi, dans plusieurs cas, on isolerait la portion indécomposée des poisons de la quatrièine section; 3° enfin, et afin de généraliser, quel que soit le résultat des deux manipulations précédentes, en carbonisant par l'acide sufurique dans une cornue les matières solides, le résidu de l'évaporation des parties liquides, le poison se trouverait dans le charbon, dont on le séparerait soit par les lavages, soit par l'acide azotique ou l'eau régale, ou à la fois dans le résidu charbonneux et le produit distillé, si le métal est volatil, tel que le mercure, elc. Voyez page 530 pour la manière de procéder.

Poisons absorbés. Il est maintenant chimiquement démontré que tous les poisons sont absorbés, et que c'est dans la rate, les reins, les urines et surtout dans le foie qu'ils se rencontrent le plus habituellement et en plus grande quantité; aussi ce dernier organe doit-il être spécialement le sujet des recherches toxicologiques. Cependant M. Orfila, dans ses expériences sur les chiens, n'a pu constater, d'une manière certaine, les poisons acides dans ces trois organes; tandis que les urines, dans l'empoisonnement par les acides sulfurique, chlorhydrique, oxalique, précipitaient quatre à six fois plus abondamment par les réactifs de ces poisons, c'est-à-dire par le nitrate de baryte, le nitrate d'argent, la chaux, que les urines normales. 80 gram. d'urine de chiens empoisonnés par l'acide azotique, distillés avec 6 gram. d'acide sulfurique pur et concentré, ont donné un produit distillé qui, saturé par

la potasse et évaporé à siccité, a fourni toutes les réactions de l'acide azotique. Les résultats ont été douteux pour l'acide acétique. Le même toxicologiste a constaté aussi dans le foie ainsi que dans les urines, la potasse, le nitrate de potasse; les hypo-chlorites, les poly-sulfures, l'ammoniaque, la baryte, chez les animaux intoxiqués; dans le dernier cas par la calcination, et dans les deux premiers en traitant l'organe par l'eau et le résidu de l'évaporation par l'alcool. Enfin, dans le cours de ce traité, nous avons vu que tous les poisons de la quatrième section pouvaient être décélés

dans le foie, la rate, les reins, les urines, par les procédés de carbonisation

par

l'acide sulfurique, par l'acide azotique et le chlorate de potasse, ou de l'incinération simple. Dans les cas où l'on ignore la nature du poison, il faut donner la préférence au premier procédé, exécuté dans un appareil distillatoire (voyez page 600), comme plus général, d'exécution plus facile, et exposant à des déperditions moins considérables.

Effets. Altérations pathologiques. Les poisons inorganiques donnent lieu aux mêmes lésions, aux mêmes effets, et, sauf quelques exceptions, ne diffèrent réellement entre eux que par leur plus ou moins grande activité, ce qui dépend non-seulement de la nature du poison, mais encore de quelques circonstances que nous avons déja signalées ailleurs : c'est ainsi qu'ils déterminent l'irritation, l'inflammation, la cauterisation des tissus, et produisent par conséquent des lésions de cette nature, des effets locaux en rapport avec ces lésions, les fonctions de l'organe lésé. Cependant les lésions ne sont pas constantes, et même la mort peut survenir, quoiqu'elles manquent, ce qui témoignerait qu'elles ne doivent pas être considérées comme les seules causes de l'intoxication. A en juger par l'ensemble des symptômes, les effets éloignés paraissent être de nature hyposthénique; l'organisme paraît être en quelque sorte jugulé, dominé par la cause délétère. C'est surtout les organes circulatoires, les fonctions qui en dépendent exclusivement qui sont en souffrance; et comme la plupart de ces poisons réagissent chimiquement sur le sang, il est extrêmement probable que c'est en modifiant les principes immédiats de ce fluide vivifiant qu'ils produisent l'intoxication. Ce qui militerait en faveur de cette opinion, c'est que ce liquide, après la mort, est très souvent modifié dans ses caractères physiques, il est mou, comme gélatineux, plus foncé en couleur; ensuite le système nerveux de la vie de relation, les organes des sens, l'intelligence enfin ne sont pas sensiblement modifiés. Nous verrons que dans l'empoisonnement par les poisons végétaux, les opiacés, les sola

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nées, les préparations cyaniques, les strychnées, les alcooliques, ces fonctions sont au contraire gravement lésées. Ces données ne doivent pas être perdues de vue pour la direction à donner aux recherches toxicologiques.

Des considérations précédentes, il suit qu'il sera possible de distinguer pathologiquement, dans la majorité des cas, l'intoxication par les poisons inorganiques, de l'empoisonnement par les végétaux précédemment cités; que, d'après les mêmes données, on ne pourra arriver spécifiquement au même résultat pour le premier genre de poisons, puisqu'ils produisent des effets, des lésions de même nature. Nous avons tâché, dans le cours de ce traité, d'élucider cette question plus qu'on ne l'avait fait jusqu'ici. Cependant, sauf quelques cas exceptionnels, surtout pour les personnes peu versées dans la toxicologie, il sera nécessaire, afin d'atteindre ce but, d'avoir égard aux modifications chimiques ou organoleptiques que les poisons inorganiques communiquent aux matières des vomissements, aux tissus : ainsi dans les empoisonnements, par le phosphore, les matières, les tissus répandent l'odeur alliacée et sont phosphorescents à l'obscurité; 2° par l'iode, elles sont jaunebrunâtres et bleuissent l'amidon ;

par le chlore, les chlorures d'oxydes, elles répandent l'odeur de ce gaz et décolorent le tournesol; 40 par les acides, elles rougissent fortement le tonrnesol, font effervescence sur les cendres et offrent des taches, des escarres de couleur spéciale; 5° par les alcalis, elles offrent une réaction inverse; 6° par les poly-sulfures alcalins, elles répandent l'odeur d’auf couvi; 7° par les préparations cuivreuses, elles sont colorées en vert ou en bleu, d'une saveur cuivreuse, il y a des rapports cuivreux, etc.

Traitement. Les poisons inorganiques donnant lieu aux mêmes effets, aux mêmes lésions, offrent par conséquent les mêmes indications à remplir, réclament le même genre de traitement. Il est rarement nécessaire d'avoir recours aux vonitifs; l'emploi des boissons, des lavements mucilagineux, albumineux, huileux,

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laxatifs, suffit ordinairement pour faciliter l'expulsion du poison par les vomissements ou par

les selles. La sonde oesophagienne n'est guère en usage en France; elle est au contraire très-fréquemment usitée en Angleterre, de même que les vomitifs.

Nous nous sommes déjà expliqué sur les contre-poisons. Nous les avons considérés comme des agents propres

à affaiblir l'action locale des poisons, à en retarder momentanément l'absorption, les effets éloignés, fondé sur ce que, dans beaucoup de cas, le composé qui en résulte est lui-même toxique. Si, dans l'acception rigoureuse du mot, n'étaient considérés comme tels que ceux qui forment avec les poisons un composé insoluble, inattaquable par les organes gastriques, ils seraient bien peu nombreux, et on ne pourrait guère citer que

le sulfite de soude pour les sels de plomb, de baryte, le chlorure de sodium pour les sels d'argent, le chlore pour les sulfures alcalins, le fer, le zinc et leurs sulfures pour les sels de mercure, de cuivre. Et même ces derniers contre-poisons étant insolubles, très-pesants, on conçoit combien leur effet doit être lent, incomplet. Il ne faut donc pas ajouter une confiance illimitée aux contre-poisons, leur attribuer un rôle trop important, de manière à faire négliger les autres parties du traitement; car, dans beaucoup de cas, le poison a été expulsé par les voinissements ou par les selles, avant qu'on ait pu se les procurer, et l'on sait combien ils ont peu de prise sur les portions du poison absorbé. Nous ne prétendons pas par là rejeter complétement les contre-poisons.

Pour combattre les effets des poisons, il faut se diriger d'après les mêmes données qu'en pathologie ordinaire ou (l'après les indications, c'est-à-dire, faciliter l'élimination de la calise ou du poison absorbé, et ramener les organes, les fonctions, dans leurs conditions normales. Quant à la première indication, M. Orfila conseille l'emploi des diurétiques (page 415). Cette méthode, expérimentée sur les animaux, n'a pas encore reçu la sanction de l'observation chez l'homme. Relativement à la seconde, combattre l'inflammation locale, soutenir en mêmic

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