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tyrans, avaient opprimé Argos et Messène. et précipité dans le même abime leur trône et leur patrie, il craignit pour sa propre famille et pour Lacédémone ; et sa politique prudente établit l'autorité du Sénat , et la législature des Ephores, sauve-garde de la monarchie. Aussi voyons-nous immuable et glorieux après tant de générations, ce gouvernement, où toute la puissance est dans la loi, reine des hommes, et où les hommes ne sont point les tyrans de la loi.

Je dis ensuite à ceux du peuple qui veulent le despotisme : Détournez-vous et ne vous croyez jamais assez loin de ce faux bonheur, qui trompe l'avidité ou la folie; essayez de vous contenter d'un roi ; obéissez aux lois monarchiques, et tous les honneurs viendront vous trouver de la

part

des hommes et des lois.

Je dis enfin aux amis forcenés de la démocratie, à ceux qui fuient toute espèce de joug comme un fléau : Craignez que cet insatiable amour d'une liberté importune ne vous fasse tomber dans la même maladie que vos ancêtres, dans ce vertige où les entraînèrent les fureurs de l'anarchie et la soif immodérée de la liberté. C'est ainsi que les peuples qui régnèrent en Sicile ayant Denys et Hipparinus, persuadés que le bonheur n'était que dans cette indépendance superbe, dans ce droit de commander à ses maitres, déposèrent et chassèrent leurs dis généraux sans aucune forme légale , honteux de paraître esclaves d'un magistrat ou d'un juge, et impatiens d'être libres sans frein et sans loi. De là naquirent parmi

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υπερβάλλουσα μεν εκατέρα, πάγκακον· έμμετρος δε ουσα, πανάγαθον. Μετρία δε ή θεώ δουλεία άμετρος δε , και τους ανθρώποις. Θεός δε ανθρώποις σώφροσι , νόμος άφρoσι δε, ηδονή.

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Τούτων δή ταύτη πεφυκότων , ά ξυμβουλεύω Συρακου

α σίοις πάσι, φράζειν παρακελεύομαι τους Δίωνος φίλους, εκείνου και εμήν κοινήν ξυμβουλήν · εγώ δε ερμηνεύσω α εκείνος έμπνους ών και δυνάμενος είπε νύν προς υμάς. Τίν' ούν δή, τίς αν είποι, λόγoν αποφαίνεται ημίν περί των νυν παρόντων η Δίωνος ξυμβουλή; τόνδε :

Δεξασθε, ώ Συρακούσιοι και πάντων πρώτον νόμους, οι τινες αν υμίν φαίνωνται μή προς χρηματισμών και πλούτον τρέψοντες τας γνώμας υμών, μήτ' επιθυμίας. Άλλ', όντων τριών και ψυχής, και σώματος, έτι δε χρημάτων και πρώτην μεν τήν της ψυχής επιμέλειαν έχεις δει δευτεραν δε, την του σώματος, υπό τη της ψυχής κειμένην τρίτην δε και υστάτην, την των χρημάτων τιμών, δουλεύουσαν τω σώματι τε και τη ψυχή και ο μεν ταύτα απεργαζόμενος θεσμός, νόμος αν ορθώς υμϊν είη κείμενος,

όντως ευδαίμονας αποτελών τους χρωμένους. Ο δε τους πλουσίους ευδαίμονας ονομάζων λόγος, αυτός τε άθλιος, γυναικών και παίδων ών λόγος άνους, τους πειθομένους τε απεργάζεται τοιούτους. “Ότι δ' αληθή ταύτ' εγώ παρακελεύομαι , εάν γεύσησθε των νυν λεγομένων περί νόμων και έργω γνώσεσθε» η δη βάσανος αληθεστάτη δοκεί γίγνεσθαι των πάντων πέρι.

Δεξάμενοι δε τους τοιούτους νόμους, επειδή κατέχει

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eux les tyrannies : car la soumission ou la liberté excessives font le malheur des hommes; leur bonheur est dans la mesure de l'une et de l'autre. Vous ne la trouverez qu'en obéissant à un dieu : obéir aux hommes, c'est être esclave, Or, si la passion est un dieu pour les insensés , la loi est un dieu pour les sages.

J'ose donc m'adresser aux Syracusains , et charger les amis de Dion de leur communiquer des conseils qui viennent de lui plus que de moi : vivant, il me confia ses veux pour sa patrie, et c'est un héritage que je dois vous rendre. Eh bien, quels sont, allez-vous dire, les conseils de Dion sur l'état de la Sicile ? Ecoutez , c'est lui qui vous parle :

O mes concitoyens, adoptez comme les meilleures lois celles qui ne tourneront vos esprits ni vers l'intérêt et la richesse , ni vers les plaisirs. L'âme mérite vos premiers soins ; donnez ensuite au corps ceux qu'il demande , et qui sont toujours subordonnés à la culture de l'âme ; l'argent ne doit avoir que le troisième et dernier rang ; et la loi qui vous persuadera ces vérités sera la plus sage de toutes,

le plus sûr garant de la félicité publique, Dire que les riches sont les heureux, c'est un langage d'enfans et de femmes, erreur misérable, tourment de ceux qu'elle abuse. Pour moi, vous me reconnaitrez vrai dans mes paroles, si vous essayez les lois que je vous conseille : l'expérience est un témoin qui ne trompe pas.

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Après avoir accueilli cos lois, comme la Sicile

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κίνδυνος Σικελίαν, και ούτε κρατείτε ικανώς , ούτ' αυ διαφερόντως κρατείσθε, δίκαιον αν ίσως και ξυμφέρον γίγνοιτο υμίν πάσι μέσον τεμεΐν , τοις τε φεύγουσι της αρχής την χαλεπότητα υμίν, και τους της αρχής πάλιν ερώσι τυχεϊν· ών οι πρόγονοι, τό γε μέγιστον, έσωσαν από βαρβάρων τους Έλληνας, ώςτ' εξείναι περί πολι

τείας νύν ποιείσθαι λόγους: έρρουσι δε τότε, ούτε λόγος, ούτ' ελπίς έλείπετ' αν ουδαμή ουδαμώς. Νύν ούν, τοίς μεν ελευθερία γιγνέσθω μετά βασιλικής αρχής τους δε αρχή υπεύθυνος βασιλική, δεσποζόντων νόμων των τε άλλων πολιτών, και των βασιλέων αυτών, άν τι παράνομον πράττωσιν.

Επί δε τούτοις ξύμπασιν , αδόλω γνώμη και υγιεί μετά θεών βασιλέα στήσασθε, πρώτον μεν, τον εμόν νιών χαρίτων ένεκα διττών, της τε παρ' εμού, και της παρά τού εμού πατρός. Ο μεν γαρ από βαρβάρων ήλευθέρωσεν εν τω τότε χρόνω πόλιν· εγώ δε από τυράννων νύν δίς ών αυτοί μάρτυρες υμείς γεγόνατε. Δεύτερον δε δή ποιείσθε βασιλέα , τον τω μεν εμώ πατρί ταυτόν νεκτημένον όνομα , υιόν δε Διονυσίου, χάριν της τε κύν βοηθείας και οσίου τρόπου δς, γενόμενος τυράννου πατρός, εκών την πόλιν ελευθερού, τιμήν αυτώ και γένει αείζωον αντί τυραννίδος εφημέρου και αδίκου κτώμενος. Τρίτον δε προκαλείσθαι χρή βασιλέα γίγνεσθαι Συρακουσών , εκόντα εκούσης της πόλεως και τον νυν του των πολεμίων άρχοντα στρατοπέδου, Διονύσιον τον Διονυσίου : εάν εθέλη εκών είς βασιλέως σχήμα απαλλάττεσθαι , δεδιώς μεν τας τύχας, ελεών

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est dans un état de crise, où nul des deux partis ne semble avoir beaucoup d'avantage sur l'autre , il serait peut-être juste et utile de mévager à-lafois et les partisans de l'indépendance, et ceux qui veulent reprendre l'autorité. Cette famille a eu jadis la gloire d'arracher les Grecs aux mains des barbares, et vous lui devez de pouvoir maintenant parler de vos droits : sans elle , vous n'auriez aujourd'hui ni discussion ni espérance. Donnez donc aux uns la liberté sous un roi ; et aux autres la royauté, mais une royauté soumise aux lois comme le dernier citoyen, et qui ne puisse rien d'illégitime.

Ces principes enfin établis, ajoute-t-il, que les dieux vous donnent un esprit impartial et sage pour choisir vos rois ! Prenez nion fils, qui a un double titre à votre reconnaissance, et à cause de moi, et à cause de mon père. Mon père a délivré Syracuse des barbares, et moi, je l'ai délivrée deux fois des tyrans : j'en atteste votre souvenir. Faites régner avec mon fils ce jeune prince qui porte le même nom que mon père, ce fils de Denys, dont vous connaissez les services et l'âme généreuse : né d'un tyran, il fait à sa patrie le présent de la liberté; il aime mieux pour lui et pour sa famille une gloire immortelle qu'une tyrannie injuste et passagère. Choisissez enfin pour troisième roi, de son aveu et de celui de Syracuse, Denys, fils de Denys , celui même qui commande aujourd'hui l'armée des Lyrans : qu'il vienne, que la dignité de roi lui suffise , qu'il prenne en pitié sa patrie, les autels aban

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