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DE LA VILLE

DE LA

RÉVOLUTION DE ROME

TABLEAU RELIGIEUX, POLITIQUE ET MILITAIRE

DES

ANNÉES 1846, 1847, 1848, 1849 ET 1850

EN ITALIE

Par Alphonse BALLEYDIER.

TOME SECOND.

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A PARIS,
AU COMPTOIR DES IMPRIMEURS-UNIS,

COMON, ÉDITEUR,
QUAI MALAQUAIS, N. 15.

DE LA

RÉVOLUTION DE ROME.

CHAPITRE XVI.

Ouverture de l'Assemblée constituante, --Armellini.-Scène dramatique.-Séance du 7 février. — Déchéance de la souveraineté temporelle du pape. — Proclamation de la République romaine. — Comité exécutif. – Premières mesures. Démission du député Mamiani. Te Deum. — Protestation pontificale. — Abus d'autorité. — Note du cardinal Antonelli. – La république à Florence. - Nou

velle occupation de Ferrare par les Autrichiens.

Ce fut le 5 février que les nouveaux députés, après s'être rendus processionnellement du Capitole au palais de la Chancellerie, inaugurèrent ce jour néfaste pour les destinées de Rome. L'avocat Armellini, ministre de l'intérieur, rebelle aux an

prononcer le

técédents d'une vie marquée par soixante-quinze années de protestations et six serments de fidélité à la papauté, eut le triste courage de discours d'ouverture.

Ce document, remarquable par un style vigoureux, mais triste écho des doctrines impies et subversives, l'est plus encore par les contradictions dont il abonde. Le vieux ministre rebelle brûlait, sur le bord de la tombe, ce qu'il avait adoré dans sa jeunesse et dans l'âge mûr. Petit de taille, grêle de constitution, laid de visage, possédant cependant un certain air de distinction, Armellini avait alors soixante-quinze ans. Natif de Rome, élève du collége romain, il étudia la science théologique jusqu'au jour où, changeant de carrière, il quitta l'église pour le barreau. Théoricien habile, orateur brillant, suppléant par la spontanéité et le choix de l'expression au peu d'ampleur de sa voix, doué d'une intelligence peu commune subordonnéeà ses grandes qualités, Armellini, avocat d'élite, mais beaucoup plus soucieux de sa fortune que de sa réputation, acceptait toutes les causes et recherchait de préférence celles d'usure, qu'il défendait toujours avec talent sinon avec succès. Sec, dur, sévère pour les autres autant que tolérant pour luimême, il ne connaissait des douleurs de l'humanité que ce qu'elles lui rapportaient en bénéfices. Cachant sous la neige de ses cheveux blancs les

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