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Des sièges où peut-être il n'a jamais été,
Des belles dont sans doute il n'a jamais tâté,
Enfin quand le bon homme aura bien répété

Les ennuyeuses litanies
Du temps passé, seul temps par lui toujours vanté;
Après qu'il aura joint à cette kyrielle
Ce

que dans sa baraque il compte faire un jour,
Ses projets assez longs pour la vie éternelle,
Les mémoires qu'il doit présenter à la cour,
Et qu'à son ordinaire il aura dit sans cesse

Ma courtine, mon tenaillon,
Mon pont-levis, ma forteresse,

Mon aumônier, ma garnison,

« Le roi mon maître, mon canon; » Tout cela dit et fait, et deux ans qu'on lui laisse,

Par bienséance ou par tendresse,
Dieu veuille rappeler dans l'éternel dortoir

Le peu d'esprit qu'il peut lui voir,
Et, moitié marmottant sa courte patenôtre,

Moitié sur sa goutte jurant,
Nous l'endormir chrétiennement,
Et le clorre hermétiquement

Pour son bonheur et pour le nôtre !
Si la

rage du bruit et d'un frivole honneur, Chimère des vivants, dans les demeures sombres,

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Tient aussi des vieux preux les sérieuses ombres,
Il peut être assuré que son cher successeur,
Plus jaloux qu'un parent d'orner ses funérailles,

Lui fera dresser de grand caur

Toute la pompe des batailles;
Que, pour mieux décorer, son convoi, son tombeau,

On empruntera de la ville
Ce qui peut manquer au château,
Prêtres, soldats, poudre, bedeau,
Et tout le funèbre ustensile;
Que vers son dernier domicile
Toutes les croix de Saint-Louis
Qui végètent dans le pays

L'accompagneront à la file;
Que tous les vieux fusils ce jour-là sortiront

De leur rouille et de leur poussière,

Et, s'ils le peuvent, tireront,
Pour annoncer au loin sa marche funéraire ;
Que son large écusson, sa croix , son cimeterre,

Le catafalque honoreront ;
Et qu'enfin au sein de la terre
Ses reliques ne descendront
Qu'avec les honneurs de la guerre.

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n ne trouvera ici de vraiment historique que l'amour d'Édouard III pour la comtesse de Salisbury, l'héroïque résistance de cette femme illustre, et le renouvellement des prétentions d'Édouard I sur l'Écosse. Tout le reste, ajusté à ces faits principaux, est de pure invention. Je ne me sers point des droits de la tragédie angloise pour répondre à quelques difficultés qu'on m'a faites sur le coup de théâtre du quatrième acte, spectacle offert en France

pour la première fois; je dirai seulement , autorisé

par le législateur même ou le créateur du théâtre françois , que la maxime de ne point ensanglanter la scène i ne doit s'entendre que des actions hors de la justice ou de l'humanité : Médée, égorgeant publiquement ses enfants , révolteroit la

1 Discours de P. Corneille.

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