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ra aucun égard à leurs privileges, & leur ôtera me- An. 1236. me la croix , s'il les trouve coupables d'homicide ou d'autre crime énorme. Le concile ajoûte: Nous défendons étroitement aux croisez & aux autres Chrétiens de tuer ou battre les Juifs, leur ôter leurs biens ou leur faire quelque autre tort, puisque l'église les souffre, ne voulant point la mort du pécheur, mais sa conversion. Les évêques auront loin de la sublistance des nouveaux convertis , de peur qu'ils ne retournent à leurs erreurs sous prétexte de pauvreté.

Les avocats auront étudié en droit trois ans , les « 3,6m officiaux cinq ans. Les juges déleguez par le S. liege dans la province de Tours prendront les précautions necessaires contre les fraudes des parties qui obtiennent des rescrits en cour de Rome. Il falloit que ces délegations fussent bien frequentes. Les testamens seront representez à l'évêque ou à celui qui exerce la jurisdiction, dans dix jours après la mort du testateur; & il aura soin qu'ils soient fidelement executez. Les faux témoins seront fustigez : si le juge ne trouve à propos de les en dispenser par une amende. Ceux qui ont deux femmes en même tems seront publiquement dénoncez infames, & mis sur l'échelle publique, puis fustigez s'ils ne s'en rachettent par une amende. On punira de même ceux qui seront convaincus de sortilege.

Le siege métropolitain de Bourges fur dignement rempli cette année par Philippe Berruier. Simon de Gall. Chris Şully étoit mort quatre ans auparavant, le huitiéme : 1760 Août 1232, & on compte le siege pour vacant pen- 70. p. 110. dant cet intervalle : toutefois après quelques autres élections on élût un docteur nommé Pierre de Châ• 841 554,"

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Tome XVII, .

1. Patr. Birut.

Alberic.

112.

Sup liv, LXXVII 7

Alber. p. 560

Robert Grof

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AN. 1236. te

teauroux , qui fut déposé deux ans après; & la pro

vision étant dévoluë au pape , il transfera à Bourges Pair, c. 73. p. Philippe évêque d'Orleans depuis quatorze ans. Il

live étoit archevêque dès la find’Août 1236.& le fut vingtzxxv quatre ans , pendant lesquels il cultiva plus qu'il n'a10. 2.: 22. voit encore fait toutes les vertus chrétiennes & épisD.568 copales. La même année deux archidiacres de Paris

tous deux docteurs celebres furent élûs archevêques, Geofroi de Besançon, Aimeri de Lyon...

En Angleterre le roi Henri cette année vingtiéme LX.de son regne établit Ranulfe abbé de Ramesei fon fe-tête" evēqu justicier , pour tenir les plaids avec trois autres comde Lincolnc. missaires dans les comtez de Bedeford & de BouquinMona,'Ang.

cam. L'évêque de Lincolne dans le diocese duquel ap. Rain, O.;2. étoit cet abbé, écrivit sur ce sujet à S. Edmond arche

vêque de Cantorberi, & lui dit:Si l'abbé accepte cette commission, il se charge de juger même les causes de sang; & il n'en sera pas quitte pour se lever,quand on sera prêt à prononcer la condamnation , vû même que cette action fera connoître le jugement qui doit suivre. De plus selon les canons, il n'est pas permis à aucun clerc d'exercer une jurisdiction seculiere, fous peine d'être privé des fonctions ecclesiastiques, & de punition plus severe contre les religieux, C'est pour quoi je me jette à vos pieds, & vous supplie inItamment de persuader au roi qu'il revoque la commission : de peur que vous ne vous rendiez vousmême coupable de cet abus , qui tend à la perte des ames. Que li le roi ne veut pas revoquer la commission, & si l'abbé veut l'exercer au préjudice de son ame, dont je suis chargé: je vous supplie de me donner conseil. Car si je ne m'oppose point à ce defor

.

dre en menaçant l'abbé des censures ecclesiastiques, AN 1226. je m'attire ce reproche du prophete Ezechiel : Vous n'avez pas marché contre, & ne vous êtes pas opposé comme un mur pour la maison d'Israël. Mais si je m'y oppose, les officiers du roi saisiront & pilleront mes biens; & comme on n'a point encore vû en ces quartiers de semblable opposition, je serai la risée des fages du monde. Toutefois comme aucun peril temporel ne peut entrer en comparaison avec le moindre peril éternel : j'ai de la honte de vous avoir demandé conseil en une affaire si claire. Je vous demande donc votre ordre de m'opposer de tout mon pouvoir en cette rencontre pour la liberté de l'église & le salut des ames, car appuyé de votre autorité je pourrai avec l'aide de Dieu me solltenir contre les efforts des méchans. . L'évêque de Lincolne qui écrivit cette lettre étoit Robert Grossetête, en Anglois Grouthead. Il étoit Prajuk po mne. né à Stodbroc au comté de Suffolc de basse condi- Angl. Sac. to tion & de parens pauvres ; mais il se distingua par sa doctrine & par sa vertu. Il étudia premierement à Oxford , puis à Paris, où il reçût le degré de docteur, & acquit une grande reputation. Estant revenu en Angleterre, il fut archidiacre de Leicestre, puis évêque de Lincolne, après la mort de Hugues de Velles Matth. Parifi arrivée le septiéme de Fevrier 1235. Robert Grosse- 123.7. 345. tête fut facré à Reding par S. Edniond Archevêque de Cantorberi, le troisième jour de Juin de la même année. Les Moines de Cantorberi reclamerent contre ce sacre , pretendant qu'il ne devoit se faire que dans leur église : toutefois pour ne pas faire perdre aux prelats qui s'étoient assemblez leur peine &

Ezeik. XI. 15.

Goduin de

2. p. 3.6.

LXL

justification du
pape
Godf. Mon
3235.

po 37 •.

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1236.

AN. 1236.

leur dépense, ils y consentirent fans tirer à consequence. Robert tint le siege de Lincolne dix-huit ans.

L'empereur Frideric se rendit à Ausbourg dans le Plaintes de tems qu'il avoit marqué, & en partit la veille de la l'empereur & S. Jacques vingt-quatriéme de Juillet 1236. pour en

trer en Italie accompagné de mille chevaliers. Ayant passé les Alpes, il assembla ses troupes sous Verone, & secondé par les Cremonois, il attaqua Mantoüe revoltée contre lui, & fit le dégât à l'entour. Le legat Jacques évêque de Palestrine ne put l'arrêter, & la negociation fut fans fiuit, parce que l'empereur étoit

persuadé que le pape n'agissoit pas sincerement, & Marsh. Pari . qu'il avoit promis fon secours aux Milanois & aux

autres Lombards rebelles. D'ailleurs le legat devint Vita Greg. at. suspect à l'empereur, pour avoir réüni entre eux les

citoyens de Plaisance la patrie , quoiqu'il n'eût en cela fait que son devoir. L'empereur ne voulut plus l'écouter , & le chargea d'injures & de menaces. Il porta même ses plaintes au pape de la conduite du legat, aussi-bien que du secours que le pape donnoit aux Lombards ; & le pape lui écrivit pour la justification une lettre, où il dit en substance:

Estant obligez à l'imitation du Sauveur de procurer la paix, nous avons envoyé en Lombardie un legat pour reconcilier les peuples de cette province avec vous , & entre eux-mêmes. Et le dessein que vous aviez d'y venir n'a pas dû nous détourner d'y envoïer : puisque vous n'y veniez, difiez-vous, que pour l'extirpation de l'heresie, le secours de la terre lainte, le recouvrement des droits de l'église & de l'empire, & le retablissement de la paix : ajoûtant que vous ne prétendiez rien faire que par notre con

ibid.

seil. Or nous avons choisi pour cette legation un AN12 homme qui devoit être d'autant moins suspect, qu'il a tout quitté pour s'élever à la perfection de l'amour divin: 8sa patrie ni sa famille ne doivent point donner d'ombrage , puisqu'il y a renoncé en embrassant la vie religieuse. C'est que la ville de Plaisance étoit opposée à l'empereur. Enfin, ajoûte le pape : Si vous avez quelque reproche contre lui, nous sommes prêts à vous en faire justice. La lettre eft du vingt-troisiéme d'Octobre 1236. · Dans la même lettre le pape refute ce que l'emreur avançoit pour sa justification au sujet des entreprises sur les églises du roïaume de Sicile ; & dit : Encore qu'il soit permis aux églises de traiter par échange avec les seigneurs, elles ne doivent pas être contraintes à le faire à leur desavantage, ni sans le consentement du superieur, au préjudice du fermento de ne pas aliener les biens d'église. Supposé que vous conferiez quelques benefices vacans: vous ne pouvez toutefois commettre la charge des ames qui y est annexée, puisque c'est un droit spirituel dont un laique n'est pas capable: ni substituer d'autres titulaires à ceux qui sont vivans, & n'ont point été destituez juridiquement. Suppose que vous succediez aux évêques morts pour la collation des benefices: vous n'y avez pas plus de pouvoir qu'eux, & nous ne perdons pas en ce cas le droit de conferer même du viyant de l'évêque,les benefices dont il n'a pas disposé. Il semble que ce droit dont parle ici le pape Gregoire, foir la prévention sur les collateurs ordinaires.

Le pape vient ensuite au neveu du roi de Tunis, que l'empereur avoit mis en prison. Ce prince Mu

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