Images de page
PDF
ePub

ils sont plus éloignez de leur profession, qui leur dé- ANI fend de rien posseder même en commun. On parloit un jour devant lui d'un grand perfonnage de 'ordre, & on disoit qu'il devoit être fait évêque ; J'aimerois mieux , dit-il, le voir porter au tombeau, que sur une chaire épiscopale. In - Jourdain nous a laissé une relation succinde des Ms. commencemens de l'ordre des freres Prescheurs, qui est ce que nous avons de plus original touchant faine . Dominique & ses premiers disciples. A la fin de cet écrit, il marque l'occasion pour laquelle on institua dans l'ordre de chanter après complies l'ancienne Sala 1039.603 ve regina. Au convent de Boulogne étoit un frere nommé Bernard, qui pour l'expiation de fes pechez passez demanda à Dieu quelque penitence fuguliere, & après en avoir beaucoup déliberé confentit enfin d'être obfedé du démon, comme il le fut en effet. Or coa cette affliction du frere Bernard fut la premiere occasion de chanter Salve regina dans la maison de Boulogne, d'où cet usage s'étendit à toute la province de Lombardie & ensuite à tout l'ordre. L'auteur de af.Rain. 1235-4. la vie de Gregoire IX. dit que ce pape ordonna que ? le vendredi après tout l'office achevé on chanteroić cette antienne ; 8c le raporte avec ce que le pape fit en 1238. d'où l'on peut inferer qu'il établit cette devotion à l'imitation des freres Prescheurs.

Le bienheureux Jourdain avoit gouverné l'ordre virk's. Ruin.7. des freres Prescheurs près de seize ans. Pour élire un 2.418.5 nouveau general on assembla le chapitre à Boulogne; & comme les peres assemblez ne s'accordoient pas sur le choix, on ordonna des prieres au tombeau de Lajot Dominique', après lesquelles étánt revenus à

Janu Boll.ro.se

тії

· LXII.

Maroc.

An.1237.

| l’élection, ils élurent tout d'une voix Raimond de Pegnafort, quoiqu'absent. Il eut d'abord grande repugnance à accepter cette charge : mais les principaux peres de l'ordre étant venus de Boulogne à Barcelone, lui firent comprendre que c'étoit la vo

lonté de Dieu, & il s'y follmit. Toutefois il ne garda : la charge que deux ans.

Vers le tems où Raimond fut élû maître general Evêchez de Majorque & de

e de des freres Prescheurs, le pape lui adressa la commif

sion d'établir un évêque à Majorque conjointement avec les évêques de Vic & de Lerida. Nous avons vû que dès l'année 1230. Jacques roi d'Arragon avoit conquis sur les Mores Pille de Majorque , & avoit prié le pape d'y ériger une cathedrale", ce qu'il n'avoit pû obtenir alors. Le pape l'accorda enfin par la bulle du neuviéme Juillet 1237. par laquelle ils commet les deux prélats & Raimond pour donner un digne pasteur à cette église , qui appartient, dit-il, au laint siege sans moïen. Il ordonne aux deux évêques. de le sacrer, appellant avec eux le nombre legitime d'évêques, mais d'ailleurs que de la province de Tarragone. Depuis l'évêque de Majorque a été loûmis.

à la métropole de Valence, comme il eft encore à 1o. Dames.bift. présent. Le premier fut Bernard abbé de saint Felix

$16. a. .

lib.xi.ep.159 af. bul Rain, 1237. n.27.

d

Balear.lib.2. Marsu. Hifp. p. 12.

[ocr errors]

Le pape donna auffi un évêque à la ville de Masrep.137. Rain. roc en Afrique , où le nombre des Chrétiens étoit

grand au milieu des infideles. Il choisit pour cette église frere Agnel homme fage & lettré, qui avoit quitté le monde pour se consacrer à Dieu dans l’ordre des Mineurs; & le sacra de la main, comme il témoigne dans sa bulle du douziéme de Juin 1237

[ocr errors]

gaten Sardai

17. Or

:

Dès l'année précedente le pape avoit envoïé pour Ā legat en Sardaigne & en Corse Alexandre son cha- *

LXIV. pelain pour y maintenir la discipline ecclesiastique, Alexandre le& conserver les droits temporels de l'église Romai-rates ne. On garde à Rome des actes publics , par lesquels 42:2237 n.16. il paroît qu'Ubalde juge de Galloury & de Torre en Sardaigne du chef de la femme Adelasie reconnoît tenir en fief de l'Eglise Romaine ces terres & quelques autres. On trouve une pareille declaration de Pierre Seigneur d'Arbora , dattée du vingt-huitiéme d'Avril 1237. & par une autre il promet tous les ans à l'église Romaine une redevance d'onze cens pesans d'or. Dans l'isle de Corse la corçuption étoit grande entrele clergé, & les évêques mêmes leur donnoient mauvais exemple : à quoi le legat Alexandre fut chargé de remedier.

Octon cardinal

teire.

Ruin.1235.7.49.

AN.1237.

: LIVRE LX X X I. . 1. ;

. E'S l'année 1236. Henri III, roi d'Angleterre, legat en Angle avait prié le pape Gregoire de lui envoïer un Lubov.ep.:01.03. legat à latere, mais le pape ne le jugea pas à propos

pour lors, comme il le témoigna par fa lettre du vingt-uniéme d'Août. Il l'envoïa au commencement de l'année fuivante 1237.& étendit sa legation au païs de Galles & à l'Irlande : par la lectre adressée aux prélats de l'Angleterre & de ces deux provinces, en datte du douziéme de Février. Ce legat fut Otton Cardinal diacre du titre de saint Nicolas, & après qu'il fut parti le pape étendit encore fa legation sur l'Ecosse , & le fit savoir au roi Alexandre par sa lettre du dixiéme de Mai. Comme le roi Henri avoit fait ve

nir ce légat à l'insçû des seigneurs d'Angleterre, pluMalth, Paris,

rif. fieurs en furent indignez, & disoient : Le roi renver

fe tout & ne tient point ses promesses : il a fait venir en cachette ce legat qui change toute la face du roïaume. On difoit aut qu'Edmond archevêque de Cantorbeni avoit fait auroi des reproches sur la conduite , particulierement sur la demande du legat : sachant que la dignité en fouffriroit outre l'interêt public. Mais le roi sansécouter le conseil de ce prélat, ni d'aucune autre personne, ne voulut point se défister de fa resolution. Le legat Otton arriva en Angleterre vers la saint Pierre, c'est-à-dire, à la fin de Juin, & y entra avec beaucoup de suite & d'apparat : les évêques & les plus considerables du clergé allerent au-devant jusques à la mer, quelques-uns même s'a

[ocr errors]

an 12:7.5 371. to Xl, concil.p.

vancerent dans des barques & lui offrirent des pré- An

1.1237. sens inestimables. Plusieurs évêques lui envoïerent leurs députez jusques à Paris , qui lui presenterent des pieces d'écarlate & des vases précicux : en quoi ils furent blâmez, tant pour les préfens que pour la qualité ; car par l'écarlate ils sembloient le reconnoître pour legat. Otton ne prit pas tout ce qu'on lui offrir à son arrivée ; & ce refus contraire à la coûtume des Romains modera l'indignation conçûë contre lui. Quant aux revenus des benefices vacans, il les distribua largement à ceux de la fuite. Le roi vint le recevoir au bord de la mer, s'inclina jusques à ses genoux, & le conduisit avec honneur au-dedans du roïaume. Les évêques, les abbez & les autres prélats le reçûrent'avec toute forte de respect en procefsion & au son des cloches.

Le legat commença par reconcilier plusieurs d'en- Matth. Parif.po tre les grands, qui étoient mal ensemble depuis long- 374. tems: comme Pierre évêque de Vincheftré, Hubert comte de Cant & plusieurs autres. Ensuite il écrivit à tous les prélars d'Angleterre de se trouver à Londres au jour de l'actave de S. Martin dans l'église de S. Paul, pour connoître les pouvoirs qu'il avoit reçûs. du pape , & y tenir un concile touchant la reformation de l'églife Anglicane. Or le roi d'Angleterre s'étoit rendu odieux aux grands du roïaume, en méprifant leurs conseils comme ceux de son frere Richard comte de Cornouaille, pour écouter des étrangers. Ils difoient qu'il s'étoit livré aux Romains, principatement au legat : jusques à dire en particulier & en public, qu'il ne pouvoit disposer de rien dans son fojaume sans le consentement du pape ou du legat ;

po 376.

« PrécédentContinuer »