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1032.

1.572.

AN.12392)

ne devoient point se presser de partir inconsiderement * sans l'avoir à leur tête ; & ils leur rendirent les lettres

qu'il leur écrivoit lut ce sujet., contenant les excules de ce qu'il ne passoit pas encore. Ces oppositions du pape & de l'empereur reduisirent les croisez à un très-facheux état ; ils ne savoient quel parci prendre,

& ils n'étoient plus unis. Plusieurs retournerent chez Ric. S. Germ.e eux, murmurant contre les prélats qui les avoient enAlberic. 1237. gagez à cette entreprise ; plusieurs s'embarquerent à

Marseille avec le roi de Navarre, qui partir de ce port au mois d'Août , & passa à la terre sainte ; & pluleurs de ceux-là demeurerent en Sicile attendant les grands qui devoient venir au printems : plusieurs se rendirent à Brindes par la permislion de l'empereur

Frideric. XXVII. L'empereur de CP. Baudouin de Courtenai étoit rone apportie à encore en France, où il assembloit tout ce qu'il pou.

voit de croisez pour passer en Romanie. Pour subvePhiericorsoms nir aux frais de son voïage & de la guerre contre les

nia Grecs, il engagea fon comté de Namur au roi saint .n. Louis, dont il étoit parent, pour cinquante mille livres

Parisis , & lui donna la couronne d'épines de N. S. HifStafce;. engagée aux Venitiens. Il dit donc au roi & à la rei

ne Blanche fa mere : Je sai certainement que les sei,, gneurs enfermez dans CP. font réduits à une telle ex

trêmité qu'ils seront obligez de vendre la sainte courone à des étrangers, ou du moins la mettre en gage. C'est pourquoi je desire ardemment de vous faire palser ce précieux trésor , à vous mon cousin , mon seigneur & mon bienfaicteur & au roïaume de France ma patrie. Je vous prie donc de vouloir bien la recevoir en pur don. Baudouin parloit ainsi craignant

La sainte cou

Paris.

Du Cange hist.

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IS.

Cor. Sp. DKchesne.so. s.;. 409. D# Cmxgen.ir.

239.

que leroi ne fist conscience d'acheter une telle relique À à prix d'argent. Le roi fort réjoui de cette proposition rendit beaucoup de graces à Baudouin & accepta la donation ; c'étoit en 1238.

Ausli-tôt il envoïa à CP. deux freres Prescheurs Jacques & André pour l'execution de l'affaire. Jacques étoit prieur du convent de son ordre à CP. avoit souvent vû la sainte courone, & étoit bien instruir de ce qui la concernoit. L'empereur Baudouin fit partir avec eux un enyoïé charge de ses lettres patentes, par lesquelles il ordonnoit aux feigneurs de délivrer la sainte courone aux envoïez du roi. Etant arrivez à Constantinople ils trouverent que les barons de l'empire pressez d'une extrême necessité avoient engagé la sainte courone aux Venitiens, pour une grande somme d'argent , à condition que fi elle n'étoit retirée dans la S. Gervais, c'est-à-dire, le dix-neuviéme de Juin , elle demeureroit aux Venitiens, l'engagement étant converti en vente ; & que cependant la relique seroit transportée à Venise. Les barons de CP. aïant lû les lettres de l'empereur leur maître, convinrent avec les Venitiens que les envoïez du roi S. Louis porteroient la relique à Venise avec des ambassadeurs de l'empire & des plus grands de leurs citožens. La caisse qui contenoit la relique fur scellée des seaux des seigneurs François de CP. Ceux qui la portoient y avoient tant de confiance qu'ils s'embarquerent vers Noël de l'année 1238. dans la saison la moins propre à la navigation ; & Vatace l'empereur Grec averti par ses efpions de cette translation, avoit en voïé plusieurs galeres aux differens détroits où les François devojent passer. Toutefois il ne leur arriva

aucun accident , & ils arriverent heureusement à ve

AN. 1239. nise.

Ils mirent la relique en dépôt dans le tresor de la chapelle de S. Marc, & frere André y demeura pour la garder; mais frere Jacques revint promptement trouver le roi S. Louis, & lui raconta & à la reine sa mere l'état des affaires dont ils eurent une grande joïe. Le roi & l'empereur Baudouin envoïerent donc des ambassadeurs à Venise avec freres Jacques chargez d'amples instructions, & de l'argent necessaire pour retirer la relique, & on écrivit à l'empereur Frideric de donner escorte.& secours aux anibassadeurs s'il étoit besoin : ce qu'il accorda. Ils trouverent à Venise des marchands François , qui sur l'ordre du roi leur offrirent tout l'argent qu'ils defiroient. Les Venitiens eussent bien voulu retenir la relique , mais ne pouvant aller contre leur traité ils la rendirent en recevant leur païement. Les ambassadeurs en aïant re. connu les sceaux semirent en chemin , & eurent toûjours beau tems, ensorte qu'il ne tomba point de pluye sur eux pendant la marche, quoiqu'il plât souvent quand ils étoient arrivez au gîte. Quand ils furent à Troyes en Champagne, ils en envoïerent avertir le roi , qui partit en diligence accompagné de la reine sa mere, de ses freres, de Gauthier archevêque de Sens , de Bernard évêque d'Auxerre, & de quelques autres seigneurs, & rencontra la relique à Visleneuve : l'archevêque près de Sens.

On ouvrit la caiffe de bois, & on verifia les sceaux des seigneurs François & du duc de Venise apposez sur la chasse d'argent, dans laquelle on trouva un vase d'or contenant la sainte courone. L'aïant dés

AS AN. 1239.

couverte on la fit voir au roi & à tous les assistans qui répandirent beaucoup de larmes , s'imaginant AN voir J.C. même couronné d'épines. C'étoit le jour de S. Laurent. Le lendemain onziéme d'Août 1239. la relique fut portée à Sens. A l'entrée de la ville le roi & Robert conite d'Artois l'aîné de ses freres la prirent sur leurs épaules, étant l'un & l'autre nus pieds & en chemise: ils la porterent ainsi à l'église metrospolitaine de S. Estiene, au milieu de tout le clergé de la ville, qui vint au-devant en procession très-lõlemnelle. Le lendemain le roi partit pour Paris , où le huitiéme jour se fit la reception de la sainte courone. On dressa près l'abbaïe S. Antoine un grand échaffaut, sur lequel'étoient plusieurs prélats revêtus pontificalement : on montra la chasse à tout le peuple, puis le roi & le comte d'Artois encore nus pieds & en chemise la porterent sur leurs épaules à l'église cathedrale de N. Dame , & de-là au palais , où elle fut mi- Dubois bift.es

"cles. Paris. lib. fe dans la chapelle roïale , qui étoit alors celle de S. XV. c. 4. n. 1. Nicolas.

Mais quelques années après le roi asant encore reçû de CP. une partie considerable de la vraïe croix & plusieurs autres reliques , fit bâtir la sainte Chapelle que nous voïons, de l'architecture la plus riche & la plus élegante qui fût alors en usage; & y fonda un chapitre pour faire l'office divin devant les saintes reliques. L'église de Paris celebre la fête de la sufception de la sainte courone le onziéme jour d'Août ; & l'histoire en fut écrite dès lors par Gautier Cornu archevêque de Sens. :

La même année 1239. Juhel archevêque de Tours Concile de yțint avec ses suffragans un second concile, où il pu- 70X5Pisks.

XXVIII.

Tours.

AN. 1239.

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Catus.

blia treize canons ou articles de reformation , dont le premier porte : Avec l'approbation du S. concile : ce qui montre que cette formule n'étoit pas particuliere au pape & à ses legats. Ce concile ordonne qu'en chaque paroisse il y aura trois hommes clercs ou laïques députez pour rendre compte à l'évêque ou à l'archidiacre, quand ils seront interrogez , des scandales contre la foi & les bonnes mœurs. Les sacremens seront administrez gratis, mais sans préjudice des pieuses coûtumes. Les curez ou recteurs, comme on les nomme encore en Bretagne, n’excommuniront point leurs paroissiens de leur propre autorité : autrement la sentence sera nulle.

Les archidiacres, archiprêtres, ou autres juges ecCang.gloß.allo- clesiastiques n'auront hors de la ville ni officiaux ni

alloüez, c'est-à-dire lieutenans; mais exerceront leur jurisdiction en persone, sous peine de nullité. Les excommunications seront portées mûrement après les monitions & les intervalles convenables; si les excommuniez n'obéissent, on excommunira ceux qui irone avec eux aux marchez, aux fours & aux moulins,& enfin ceux qui boiront ou mangeront avec eux. On im

plorera même contre eux, s'il est besoin , le bras secu6.13. lier; mais on ne prononcera point d'excommunication

generale contre ceux qui communiqueront avec eux ,

pour éviter le peril des ames. Défenses aux moines de Lubin kif.vu. Tervir dans les églises paroissiales. Défense aux clercs

& aux moines d'avoir des servantes dans leurs maisons & leurs prieurez ; & aux beneficiers ou clercs engagez dans les ordres, de rien laisser par testament à leurs bâtards ou à leurs concubines. Ces' reglemens ne donnent pas une idée avantageuse de la face de

l'église.

6. 7.

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