Images de page
PDF
ePub

:

[ocr errors]
[ocr errors]

: 466.

& leurs vices, la chaleur, le mauvais air,les maladies: A

AN.1272. la difficulté du retour aussi grande que celle du premier voïage , au lieu que le pape qui les appelle demeure toûjours chez lui lans courir aucun danger.

Puis il vient à la cause de la convocation. Le pape l dit que c'est pour les affaires importantes de l'église, & personne n'ignore que c'est pour son differend avec l'empereur: mais comme il a excité cette rempête sans vous consulter , il peut l'appaiser de même , ou s'il a *** besoin de vôtre conseil , il peut le demander par lettre ou par un legat , sans vous exposer à tant de perils. On voit bien que voulant pousser à bout ce prince, le déposer & mettre un autre empereur à la place, il veut que vous soïez les instrumens de la vengeance, & que vous entriez en part des grandes dépenses nécessaires pour l'exécution. Or c'est ce qui n'est pas railonable, puisque vous n'avez point eu de part au commencement de l'entreprise; & ce seroit sous pretexte d'obéissance vous engager à une perpetuelle servitude.

Le pape Gregoire craignant l'effet de cette oppo- to. xi. conc. p. sition de Frideric, écrivit une lettre circulaire à tous les évêques : par laquelle il leur ordonne de ne point avoir égard à ces menaces, de préferer Dieu à l'homme , & se rendre à Rome au terme prescrit malgré toutes les difficultez : promettant de pourvoir à tout ce qui feroit necessaire pour l'execution de cette grande affaire. La lettre est dartée de Rome le quinziéme Nang. Gefa.p. d'Octobre. Les prélats de France obéirent au pape & fe mirent en chemin avec le legat Jacques cardinal évêque de Palestrine : mais étant arrivez à Vienne en Daufiné, ils n'y trouverent ni barque pour les

ap. Rain. 91.57.

10. XI. CO10

350.

335.

AN.1245.

XLITI.

Vorchestre, to. X..6816p 572.

transporter , ni escorte pour les garentir des gens de l'empereur qui gardoient tous les passages par terre & pår mer. C'elt pourquoi plusieurs s'en revinrent: savoir l'archevêque de Tours, celui de Bourges , l'évêque de Chartres & grand nombre de députez: les autres plus hardis s'en barquerent.

En Angleterre Gautier de Chanteloup évêque de e de Vorchestre tint son fynode diocesain le lendemain 10. X.. conso p. de la saint Jacques, c'est-à-dire, le vingt-sixiéme de

Juillet 1240. où il publia des constitutions contenant 6. 2. quelques articles remarquables. En défendant aux

Taiques de se tenir dans le chæur des églises, on ex

cepte les patrons & les persones relevées. On ordone 6.5. de baptiser sous condition en cas de doute , mais toû

jours avec les trois immersions; & qu'il y ait au moins

deux parrains pour les garçons & deux marraines pour 6.6. les filles. Les parrains presenteront leurs enfans à l'é

vêque pour être confirmez dans l'an de leur naissan

ce, lous peine d'être suspendu de l'entrée de l'église. v. Narrenne de On' n'attendoit donc pas encore l'âge de raison, mais unt. rit. lib. 1. on gardoit l'ancien usage de confirmer le plûtôt qu'il

* se pouvoit après le baptême. Défense de dire la Messe
6.12.
*** qu'après avoir dit prime. Les fiançailles ne se feront

qu’à jeûn, & on n'observera pour les mariages, ni

les jours ni les mois. Si quelqu'un veut se confesser (14.18: à un autre qu'à son propre prêtre, il lui en deman6. 16.

dera la permission , qui étant demandée modestement ne sera pas refusée.

Défense aux clercs de porter des armes, si ce n'est

pour la necessité de se défendre. Je ne vois pas que cet6. 23. te exception fût admise dans la bonne antiquité. Déc

fense aux archidiacres de rien exiger dans leurs visites, 6. 250

Ni

t. 2. p. 236.

Ni derecevoir de l'argent pour dissimuler les crimes An

1249. ou adoucir les peines. Défense aux prêtres de cele-,

6. 25. brer deux messes en un jour,finon à Noël, à Pâque,ou pour un enterrement , ou pour une grande necessité. On le pouvoit donc encore en ces cas. Défense aux c. 29. curez d'obliger leurs paroissiens d'aller à l'offrande . quand ils communient, par où ils semblent rendre la communion venale. Défense aux Clercs de tenir .. 33. cabarer. On ne donnera à leurs concubines publiques c-34. ni pain benit, ni eau benite , ni la paix à baiser. Les beneficiers qui par mépris negligent de se faire pro- u. 37. mouvoir aux ordres convenables, seront privez des fruits jusques à ce qu'ils le fassent. Il semble qu'il falloit plûtôt les déclarer indignes des ordres & des benefices vacans. Défense à aucun Chrétien d'exercer l'usure sous le nom d'un Juif à qui il confie fon argent.

XLIV. S. Edmond archevêque de Cantorberi étoit fen- Fit fiblement touché des maux dont il voïoit l'église Edmo d'Angleterre affligée de jour en jour. Sa condescen- Matth. Paris. dance pour consentir à la levée des deniers demandée ? Sup. *. 37. par le pape n'avoit produit aucun bon effet : au contrairel'église n'en étoit que plus opprimée & dépoüillée de ses libertez & de les biens temporels. Il fit des reproches au roi d'avoir permis certe levée, & n'en receut pour réponse que des remises. Le S. prélat accablé de douleur & trouvant la vie à charge se condamna à un exil volontaire & passa en France, où aïant retranché son train , il se retira dans l'abbaye de Pontigni à l'exemple de faint Thomas son predecesseur.

Il y fut receu avec un grand respect , & s'y étang

Tome XVII.

Fin de saint Edmond de Cancorberi.

• 476.

M

436.

AN.1240, établi il s'appliqua à la lecture , à la priere contiVira c. 21. ap. nuelle & aux jeûnes : il écrivoit des livres de sa main; Sur, 16. No:. & quelquefois il alloit prêcher dans les lieux voisins. Matth. Parif. ;. Après avoir demeuré quelques jours à pontigni épui

sé d'abstinence & consumé d'affliction , il tomba grievement malade pendant les chaleurs de l'esté ; & par le conseil des medecins pour être en meilleur air il se fit transporter à Soisly monastere de chanoines reguliers près de Provins. Pour consoler les moines de Pontigni amigez de son départ, il leur promit de revenir chez eux à la fête de S. Edmond roi d'Angleterre & martyr, c'est-à-dire, le vingtiéme de Novembre. Cependant il apprenoit toûjours de mauvaises nouvelles d'Angleterre, entre-autres que tous ceux qu'il avoit excommuniez avoient été absous par le legat.

Sa maladie qui étoit une dysenterie continua à Soifly & augmenta de telle forte, qu'il connut que son dernier jour étoit proche. Alors s'étant fait apporter le corps de N. S. il étendit les mains, & lui dit avec une grande confiance:C'est vous, Seigneur, en qui j'ai cru, que j'ai prêché, que j'ai véritablement enseigné, & vous m'êtes témoin que je n'ai cherché que vous seul sur la terre. Les assistans croïoient que son esprit s'égaroit: car il parloit comme s'il eût vû devant lui J. C.crucifié. Après avoir reçû leviatique il fut tout le jour dans une telle joïe qu'il ne seinbloit pas malade, & il parut de même quand il eur reçû l'extrême-onction. Enfin il mourut le seiziéme de Novembre 1240. On ouyrit son corps & on laissa à Soissy son cæur & ses entrailles : puis on porta le corps à Pontigni , où il arriva le jour de S. Edmond

Frideric pousse

1035.

1238. n. I.

suivant sa promesse. Il y fur enterré & il se fit plusieurs Av

240. miracles à son tombeau. Il est connu dans le païs sous le nom de S. Eme & la mémoire y est en singuliere Bibl. PP. Parifa veneration. Il reste de lui un traité de pieté , intitulé to.s.dos8z. le Miroir de l'église, qu'il composa pour l'édification des moines de Pontigni.

L'empereur Frideric poussoit toûjours la guerre en ... XLV. Italie , où il assiegeoit Faïence; & au mois de No- la guerre." vembre 1240. il chassa de son roïaume de Sicile tous B.... Germ. p. les freres Prescheurs & les freres Mineurs, n'en laissant à chacune de leurs maisons que deux pour la garder, encore falloit-il qu'ils fussent natifs du roïaume. Deux freres Mineurs Siciliens étant venus se plaindre à frere Gilles d’Alise que Frideric les avoit Ms.af.Vading. chassez de leurs païs, il leur dit : Vous avez tort de parler ainsi. Des freres Mineurs ne peuvent être chasIez de leur patrie, puisqu'ils n'en ont point sur la terre, étant hors du monde ils ne se mettent pas en peine où ils demeurent dans le monde , n'ayant aucun lieu qu'ils puissent appeller le leur : leur patrie est par tout. Vous avez donc peché contre Frideric quoiqu'il soit grand pecheur, vous l'avez calomnie, il vous a plus fait de bien que de mal; vous donnant occasion de merite , sans vous ôter votre patrie. Ainsi parloit ce vrai disciple de S. François.

Dès l'année 1239. le pape avoit envoïé le cardinal Jean de Colomne en qualité de legat dans la marche Ricard. p. 103 d'Ancone , pour s'opposer à Hents qui y étoit entré avec une armée au nom de l'empereur son pere: mais ce cardinal mal satisfait du pape le quitta, prit le. parti de l'empereur au mois de janvier 1241. & fix: inois après quitta Rome & prit plusieurs. places sur. p. 1033. 1034

« PrécédentContinuer »