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eod. 7. 26.

Innocent l'excommunia comme apostat & rebelle à l'église, lui défendant de porter l'habit de religieux,

AN. Í 244. & le dépoüillant de tout privilege clerical. .

Peu de tems après l'ordre des freres Mineurs perdit XV. une de ses grandes lumieres , savoir Alexandre de Alexandre de Halés : ainsi nommé du lieu de sa naissance, village Nionajt. Angl... dans le comté de Glocestre, où depuis en 1246. Richard comte de Cornoüaille fonda un monastere de Cifteaux. Alexandre aïant appris les humanitez en Angleterre , vint à Paris où il étudia la philosophie & la theologie. Il étoit déja docteur & en grande reputation quand il embrassa l'institut des freres Mineurs Nic. Trives. en 1222. Il avoit composé la somme de theologie qui an. 1223. fo. fut reçûë dans les écoles avec grand applaudissement. valingan. Or quoique Jean Parent troisiéme general des freres Id. 1230. n. 13 Mineurs défendit depuis qu'aucun d'eux prît le nom

Duboulaiej.201 de maître ou de docteur, Alexandre de Halés le garda toûjours, & plusieurs autres du même ordre le prirent ensuite : jusques à foûtenir avec chaleur ce titre contre les docteurs seculiers qui le leur vouloient disputer aussi-bien qu'aux freres Prescheurs, comme nous verrons bien-tôt. - Alexandre gouverna l’école de theologie des freres ved an. 1222. Mineurs à Paris jusques à ce qu'il la ceda à frere Jean" de la Rochelle, qui étoit déja docteur regent en 1238. lorsqu'il donna son avis sur la question de la pluralité des benefices. Ensuite enseignerent dans cette éco- Sur.liv. le frere Guillaume de Meliton, puis frere Jean de Parme avant qu'il fût general de l'ordre en 1247. A- Echard Sum. lexandre de Halés & Jean de la Rochelle furent du S.Tk.p 2* 3. nombre des quatre docteurs , qui composerent une declaration sur la regle de S. François , pár ordre du Val. 1243..2

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Tome XVII.

7.629.

Id 1238.1.8.

LXXXI.

Opus.to.1. p. 123:

92.liv

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Vading. Scrip.

AN.1244. chapitre provincial, & l'adresserent au general de

l'ordre & aux definiteurs. Nous ne pretendons pas, difent-ils, faire une nouvelle exposition ou une glose sur la regle, comme quelques-uns nous imputent par un

zele outré: mais seulement tirer l'intelligence pure de LXXXIX.n.as. la regle de ses propres paroles. C'est que S. François

dans son testament avoit très-expressement défendu d'ajoûter aucune glose à la regle : mais il n'y avoit pas quatre ans qu'il étoit mort quand le

pape Gregoire IX. declara que les freres Mineurs n'étoient point obligez à observer le testament, & expliqua la regle en plusieurs articles. Alexandre de Halés mourut le

vingt-uniéme d'Août 1245. & fut enterré dans l'égliEchard.p.24s. se des Cordeliers à Paris. Ses æuvres sont en grand

nombre , savoir des commentaires sur toute l'écriture sainte , & sur le maître des sentences, mais sur tout sa somme de theologie.

C'est le plus grand corps d'ouvrage qui eût encore

paru sur cette matiere. L'auteur y suit le même plan, 31.p. iiv. lxx. & à peu près le même ordre que le maître des senten

ces: mais il se donne beaucoup plus de liberté pour raisonner & traiter des questions plus curieuses qu’utiles. Il divise de même son ouvrage en quatre parties dont chacune est un gros volume : dans la premiere après une question préliminaire sur la thcologie, il traite des Attributs, puis de la Trinité: dans la seconde il traite des causes en general, puis de la creation : ensuite des Anges, des creatures corporelles & de l'ouvrage des six jours. Là il propose la question s'il y a un ciel empyrée , & au lieu de le prouver par autorité, puisque l'experience n'en apprend rien , il se contente d'apporter des raisons de le croire. A l'oc

m. 34.

q. 420

9. 19. g. 44.

9.47

१. 88.

casion de la creation de l'homme, il traite au long de

AN.12443 la nature de l'ame raisonnable & de l'état du premier homme : & à l'occasion de la chûte il traite du mal en general & du peché, Il loûtient qu'on ne doit point 9.94. permettre aux infideles de commander aux Chrétiens, pour ne les pas exposer à perdre la foi , qu’on 9. 162 member. 'ne doit point tolerer les heretiques manifestes, & qu'on doit même leur ôter leurs biens. Enfin que les 9. 163. m. 11. fujets d'un prince apostat sont dispensez du ferment de fidelité : sur quoi il oppose l'autorité du pape Gre- 9265. m. 4. goire VII. à celle de S. Ambroise.

Dans la troisiéme partie Alexandre de Halés traite de l'incarnacion. En parlant de la sainte, Vierge, il dit qu'elle n'a été fanctifiée ni ayant la conception. q 9 m.2. ni dans la conception viême , mais toutefois' ayant la naissance. Ensuite il traite de la loi naturelle, de la 9: 66.27.6*** loi Molaïque, de la loi évangelique, de la grace & de la foi : en parlant de l'ordre des juges, il dit suivant Hugues de S. Victor., que la puissance spirituelle est 9 61.68. au-dessus de la temporelle par la dignité, par son antiquité & par la benediction qu'elle lui donne : à quoi il appliqne la ceremonie du lacre des rois. Il ajoûte que c'elt à la puissance spirituelle à instituer la temporelle & la juger ; & que le pape ne peut être jugé que de Dieu seul

: Dans la quatriéme partie il traite des sacremens, & en parlant de l'eucharistie , il dit que presque par tout les laïques communient sous la seule espece du pain. Parlant des indulgences à l'occasion de la penicence, il dit que le pape peut remettre toute la peine, mais qu'il ne le doit faire que pour grande cause comnie pour la croisade de la terre sainte. Sur le jeû- 9. 11. ti. 2. 6.4.

9 36.

9.40 m.f.
9. 48.m, 1 #3

g. 28. m. 3. 4.3.

precepte. A l'occa.

931.

An. 1244.

ne il préfere celui des Latins, qui ne faisoient qu'un seul repas au jeûne des Grecs , qui en faisoient plu

sieurs petits : il en marque l'heure à None , mais il M 8.2.1.3. prétend que l'heure n'est

pas

de Thom is. jon- lion de l'aumône il traite la question de la mendicité Nese z.pocia volontaire des nouveaux religieux , par les mêmes

raisons qui fureni emmployées depuis : ce qui montre 9. 32. m. 4.43. que dès fon tems on agitoit cette question, qui s'é

chauffa encore plus après la mort. Et conimeon dispu-
toit aux' religieux mendians la faculté de prêcher &
d'oüir les confessions, même par commission du pa-
pe, il insiste particulierement sur son autorité ; *
loûtient qu'elle est pleine , absoluë & superieure à
'toutes les loix & les coûtumes : enfin que tout le
pouvoir des prélats inferieurs est émané du pape com-
me du chef qui influë sur les membres, non seulement
suivant l'ordre de la hierarchie, mais selon qu'il juge
à

propos pour l'utilité de l'église. Sur quoi l'auteur allegue plusieurs chapitres de Gratien, la plūpart tirez des faultes decretales.

Le chapitre general de l'ordre de Cisteaux se tenoit pitzeude u cit dans le même tems que celui des freres Mineurs, aïant

commencé suivant la coûtume à la saint Michel 1244. Or le pape Innocent étant averti auparavant que le roi S. Louis y devoir venir, écrivit au chapitre 'une lettre étudiée , où il prioit instamment tous les abbez qui s'y trouveroient ; de conjurer le roi à genoux & à mains jointes , que suivant l'ancienne coûtume de France il prît la protection du pape contre Frideric qu'il nomioit fils de Sathan, & s'il étoit nécessaire qu'il reçût le pape dans son roïaume : comme Alexandre III.

У

avoit été reçû contre la persecution de

XVI.

teaux

Matth. Paris : 571,

l'empereur Frideric I. & S. Thomas de Cantorberi contre celle de Henri II. roi d'Angleterre.

AN.1244 S. Louis vint en effet au chapitre de Cisteaux se spliv, 2xx. recommander aux prieres des moines. Il étoit accompagné de la reine Blanche fa mere, à qui le pape avoit accordé la permission d'entrer avec douze femmes dans les maisons de l'ordre de Cisteaux, pour y

faire ses prieres. Le roi avoit encore à la suite deux de ses freres, Robert comte d'Artois & Alfonse comte de Poitiers, avec fix autres comtes de France. Quand ils furent près de l'église de Cisteaux à un trait d'arbalête, ils descendirent de cheval par respect, & marcherent jusques à l'église en ordre & priant Dieu. Tous les abbez & la communauté qui étoit de cinq cens moines , vinrent au devant en procefsion , pouf recevoir plus dignement le roi, qui venoit pour la premiere fois à leur monastere. Le roi s'assit dans le chapitre au milieu des abbez & des seigneurs, mettant par refpe& la mere au-dessus de lui ; & alors tous les abbez & les moines à genoux les mains jointes & avec larmes lui firent la priere que le pape leut avoit prescrite. Le roi se mit aussi à genoux devant eux, & leur dit , qu'autant que son honeur le permettroit , il défendroić l'église contre les insultes de l'empereur Frideric, & receyroit volontiers le pape pendant son exil, files barons le lui conseilloient : parce qu'un roi de France ne pouvoit se dispenser de suivre leurs avis. Les abbez rendirent au roi de grandes actions de graces, & lui accorderent une participation speciale à leurs bonnes auvres. Or l'empereur Frideric avait aussi à ce chapitre ses ambassadeurs , pour s'opposer à la demande du pape.

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