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Henri Lantgra

Romains. p. 602.

602.

avec lui avant le jour. Quand il fit clair chacun fut as AN. 1246. greablement surpris de voir la croix sur l'épaule de son

voisin, puis sur la sienne; & ils ne crurent pas devoir se défendre de la croisade où le roi les avoit engagez par

cet innocent artifice. XXXVI. Cependant le pape comptant l'empire pour vacant, ve élû roi des pressoit les princes d'Allemagne d'élire un roi des Ro

mains, & proposoient particulierement Henri Lantgraad. ß. ve de Turinge frere de Louis mort en 1227. QuelquesSup. liv., uns des électeurs en étoient d'accord", principale LXXIX. 1. 36.

ment Conrad archevêque de Cologne; mais le Lantgrave avoir peine à s'y resoudre, aimant mieux jouir paisiblement de son petit état, que de s'exposer aux pea rils de la guerre, sur tout contre Frideric exercé à la

conduite des armées & artificieux. Le papeen écrivit Lib. 111. epist. aux électeurs le vingt-uniéme d'Avril 1246. les exhor

inz tant à élire le Lantgrave, & leur promettant en ce cas

de s'appliquer sans relâche à procurer le bon succés de leurs affaires. En même tems il écrivit ou roi de Boheme Venceslas IV.aux ducs de Baviere, de Brabant, de Brunsvic & de Saxe, qui ne vouloient point faire d'élection, pretendant que c'étoit le moïen de rétablir la

paix dans l'église & dans l'état. 7. Il envoïa legat en Allemagne Philippe Fontaine,

élû évêque de Ferrare , homme habile & courageuxà qui il donna une grande autorité, même de cons traindre par peines temporelles les seigneurs-laïques , qui refuseroient d'obéir au roi qui seroit élû. Le pape écrivit aussi le vingt-deuxiéme d'Avril aux freres Prefcheurs & aux freres Mineurs, dont la reputation & l'autorité étoit grande parmi le peuple, de prendre le parti du nouveau roi, & d'attirer les Allemans à son

4. ap. Rain.
1 246. m. 2. 3.

Rain. 7. 6. 7.

Alb. Stad. an. 1246. Siffrid,

Par. p.616.

. S. 6.

obéissance si-tôt qu'il seroit élû par leurs exhortations publiques & particulieres avec promesse d'indulgen- An. 1246. ces.

Enfin le Lantgrave fut élû roi des Romains par les archevêques de Maïence & de Cologne & quelques seigneurs laiques : l'élection se fit prés Virsbourg le jour 1113 de l'Ascension dix-septiéme de Mai 1246. Ausi-tôt cod. Matthel'archevêque de Maïence prêcha solemnellement la croisade contre tous les infideles, entre lesquels on comptoit Frideric , & tous les princes & les nobles de cette assemblée se croiserent. Le même prélat écrivit au pape la nouvelle de cette élection; & le pape dans sa réponse datée du neuviéme Juin lui en témoigna sa Rain. 1246joie, l'exhortant à encourager le nouveau roi à pour-"; . suivre vigoureusement son entreprise & les princes d'Allemagne à le solltenir ; & promettant de la part toute sorte de secours. En effet il envoïa à Henri de grandes sommes d'argent, dont Frideric étant averti, fit garder les passages , pour détourner ce secours à son profit. Ceux de son parti nommoient Henri le roi des prêtres. Le pape ordonna aussi de publier de nouveau L'excommunication de Frideric,& de mettre en interdit les terres de ceux qui lui obéiroient.

Le pape n'agissoit pas moins en Sicile dés devant XXXVII. l'élection du roi Henri. Il y envoja des cardinaux en Confpiration: qualité de legats , savoir Etienne prêtre du titre de sainte Marie Trasteveré & Rainier diacre du titre de fainte Marie en Cosmedin ; & écrivit une lettre à tous les prelats, les nobles & le peuple de ce roïaume, où il 111. ep. 8. ap.. les declare absolument libres de la servitude de Frideric , qu'il nomme un nouveau Neron , & qu'il dit avoir été déposé avec l'approbation du concile , quoique la

contre Frideric..

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Rain.m. 11

Rain. n. 14.

sentence porte seulement : Le concile present comAn. 1246.

me je l'ai observé. Illes exhorte & leur enjoint pour la remission de leurs pechez, de rejetter l'obéissance de cet homme condamné; & de revenir sincerement à celle de l'église Romaine, dont il sont les enfans d'un ne maniere particuliere , pour jouir d'une liberté entiere & d'une heureuse tranquillité. La lettre est du

vingt-sixiéme d'Avril 1246. Petr. Vin. 11.. Mais dés auparavant il y avoit eu dans ce royaume ep. 10. M. Pa 97.-9.627. '*. une confpiration contre Frideric, comme on voit par

la lettre qu'il en écrivit aux rois & aux princes, ou il
dit: Quelques-uns de nos serviteurs avoient coujuré nô
tre mort , fçavoir Thebalde , Francisque, Jacques de
Morra, Pandolfes de Fasanelles, Guillaume de S.Se-
verin & d'autres; mais quelques-uns des complices nous
ont découvert la conspiration ; & comme nous cher-
chions à en approfondir la verité, Pandolfe & Jacques
qui étoient auprés de nous se font abfentez : Thebal-
de & Guillaume se trouvant dans le royaume, où ils
attendoient la nouvelle de notre mort, se sont empa-
rez par surprise de deux de nos châteaux Capaccio
& la Scale. Il ajoûte ensuite que la Scale a été reprise,
& que les conjurez ne peuvent échaper de ses mains.
Il marque les ordres qu'il a donnez pour la sûreté de
l'Italie, puis il dit: Nous cacherions volontiers l'auteur
de cette conjuration, fi la voix publique & l'évidence.
des faits ne le découvroit. Car les coupables soit fugi-
tifs , soit assiegez, sont accompagnez de Freres Mi-
neurs , qui les ont croisez ; & montrant des lettres
du pape , disent hautement qu'ils soûtiennent les
interêts de l'église Romaine. Les prisonniers trouvez
dans la Scala ont parlé de même dans la confesion

volontaire

Lettre du Sultan

volontaire qu'ils ont faite publiquement étant prêts de mourir. L'évêque de Bamberg revenant de la cour AN. 1246. de Rome après la consecration venale , mais avant qu'il fût pris en Allemagne par nos serviteurs, dit aussi publiquement que dans peu nous serions infailliblement tuez par nos domestiques. Nous n'aurions jamais cru des évêques capables d'un tel dessein. Car jusqu'ici, Dieu le sait,nous n'avons jamais voulu consentir, même depuis le concile de Lion, à procurer la mort du pape ni d'aucun des cardinaux, quoique quelques-uns de nos zelez serviteurs nous en aïent souvent prié: nous sommes contens de nous défendre sans nous venger. La lettre eft dattée de Salerne le vingt-cinquiéme d'Avril.

Le pape Innocent écrivit aussi à Melic-Saleh Sul- XXXVIII. tan d'Egypte, pour lui persuader de renoncer à l'al- d'Egypte au paliance qu'il avoit avec Frideric : sur quoi le Sultan poco lui répondit:Nous avons receu vos lettres & écouté vo- Marth. tre envoié. Il nous a parlé de J. C. que nous connoif- "Albert. Siada fons mieux que vous, & que nous honorons plus que vous ne faites. Quant à ce que vous dites que vous desirez procurer la paix entre tous les peuples, nous ne le souhaitons pas moins de notre côté; mais vous savez qu'entre nous & l'empereur il y a une alliance & une amitié reciproque dès le tems du Sultan notre pere, que Dieu mette en sa gloire. C'est pourquoi il ne nous est pas permis de faire aucun traité avec les Chrétiens, sans le consentement de ce prince; & nous avons écrit à l'envoïé que nous avons à la cour , lui envoïant les propositions que le votre nous a faites. "Il ira vous trouver & conferera avec vous ; & nous agirons conformément à la réponse que nous recevrons de lui , sans nous éloigner de ce qui sera Tome XVII.

Xx

ap. Rain. n. 52.

p. 521.

fol. 618.

Frideric velit se

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470.

- de l'utilité publique, en sorte que nous puissions en AN. 1245. avoir du merite devant Dieu. Telle est la lettre du

Sultan dattée du septiéme jour du mois Arabe Mohar

ram , qui cette année 1246. répondoit au mois d'Août. XXXIX. Cependant Frideric fe voulut purger du soupçon purger d'heresie.

d'heresie, le motif le plus odieux dé fa condamnation. ap. Rain. n. 28. Pour cet effet il se fit examiner par l'archevêque de Pa

lerme, l'évêque de Pavie , les abbez du Mont-Cassin, de Cave & de Caseneuve, & deux freres Prêcheurs nommez Roland & Nicolas , qui l'interrogerent sur les articles du symbole & les autres points de la foi catholique. Il declara & jura qu'il les croïoit fermement; & constitua les examinateurs ses procureurs, pour faire en son nom le même serment, & offrir en presence du pape de se purger en lieu convenable du soupçon d'heresie. De quoi fut dressé un acte public par un scriniaire du diocese de Luques, & Frideric y joignit ses lettres scellées en or. Il envoïa les sept examinateurs à Lion munis de ces pieces; mais le pape refusa d'abord de leur donner audiance,disant qu'ils étoient prefumez excommuniez, comme fauteurs de Frideric, puisqu'ils étoient envoïez de la part, & porteurs de lettres où il étoit faussement qualifié roi & empereur. Ils declarerent qu'ils ne pretendoient point solltenir ces qualitez, mais se dire envoïez de Frideric comme simple Chrétien; & après cette declaration le pape leur donna, pour commissaires trois crrdinaux, les évêques de Porto & d'Albane , & Hugues de S. Cher prês tre du titre de sainte Sabine.

Les envoïez de Frideric leur montrerent les pieces dont ils étoient chargez, & offrirent de vive voix de faire en son nom le serment pour sa justification. Mais

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