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brer aucun office divin n'y d'y administrer aucun facrement, sinon le baptême aux enfans , & la penitence aux mourans. Nous permettons tourcfois, ajoûtet-il , qu'en chaque paroille une fois la semaine à huit clos , & les interdits exclus, le prêtre fise au peuple l'introïte , l'épître & l'évangile, donne le pain beni & explique les commandemens de l'église : declarant avec quelle douleur nous mettons cet interdit. L'archevêque y ajoûta une autre circonstance. Il ordonna que dans toutes les églises du diocese, les images $23.07: 2. de la sainte Vierge patrone de l'église de Rouen, leroient ôtées de leurs places , couchées dans la nef sur quelque siege , & environnées d'épines. Cependant il porta les plaintes au pape , qui écrivit au roi , l'exhortant à réparer le tort fait à l'archevêque, & offrant de lui rendre justice , s'il avoit quelque préten- vl.ep. 175.op. tion contrece prélat. Lc pape donnoit en même tems commission aux évêques de Paris & de Senlis de contraindre par censures les officiers du roi à rendre à l'archevêque de Rouen les biens saisis. La lettre au roi est du vingt-neuviéme de Novembre 12:32. mais elle n'eut pas là-tôt son effet; & l'interdit sur le diocefe de Rouen dura treize mois, depuis la veille de la S. Michel vingt-huitiéme de Septembre 12:32. julque's à la saint Crespin, vingt-cinquiéme d'Octobre 1233. Chr.Resomag, Alors on rendit à l'archevêque les biens, avec les fruits qui en avoient été reçús depuis la saisie.

Le roi Loüis n'avoit encore que dix-sept ans, c'est XVII. pourquoi on doit attribuer à fon confeil, plûtôt qu'à vêque de Beauca Lui la conduite de la cour de France. Or elle avoit vais. en même tems une affaire semblable avec l'évêque de Beauvais. C'étoit Milon de Nanteuil de la maison

Rain. 1:32 n.

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Diffcrend del'és 1210, Kic. S. Germ.com

:66.379.

AV127, de Châtillon , plus guerrier qu'évêque. Se trouvant

accablé de dettes , il alla trouver le pape Gregoire , Alberic. ar.

pour le servir en la guerre contre l'empereur Frideric; & le pape aïant fait la paix donna à Milon le duché de Spolete & la Marche à gouverner. Ce prélat après avoir demeuré trois ans en Italie reprit le chemin de France chargé de richesses : mais les Lombards l'arrêterent au retour & le pillerent, en sorte qu'il per

dit plus en son voyage qu'il n'y gagna. 1:27.10.2. P. Pendant son absence il s'émut une querelle à Beau

vais, entre les bourgeois & le menu peuple , à l'occalion de l'élection d'un maire ; on en vint jusques à la fedition, & il y eut des meurtres commis. Le roi & la reine sa mere vinrent à Beauvais bien accompagnez pour en faire justice : mais l'évêque, qui étoit arrivé devant, s'y opposa, prétendant avoir toute jurisdiction dans la ville. Le roi ne laissa pas de passer outre, Si l'évêque porta sa plainte à un concile, qui se tenoit à Noïon la premiere semaine de carême 1232, c'est-àdire 1233, avant pâques, & son official y parla ainsi ; L'évêque de Beauvais vous represente, faints peres, qu'encore que la justice & la jurisdiction de la ville lui appartienne, & que lui & ses predecesleurs en aïent toûjours joui paisiblement, toutefois à l'occasion d'un crime commis à Beauvais, le roi y est venu avec des troupes ; & après plusieurs prieres & admanitions de l'évêque, il n'a pas laissé de faire publier fon ban dans la ville , prendre des hommes, en bannir d'autres , & abatre jusques à quinze cens maisons. En partant il demandoit à l'évêque pour son droit de gifte pendant cinq jours quatre-vingt livres parisis : Turquoil'évêque dit que cette prétention étoit nouvelle , & demanda un peu de tems pour en déliberer à

16.3:6.182C :440.

erer An.123 3.2 avec son chapitre. Mais le roi le lui refusa , fit saisir toutes les dépendances de l'évêché, & y mit garnison. C'est pourquoi l'évêque vous demande conseil & aide.

Alors l'évêque de Beauvais se retira avec son conseil, & le conseil aïant déliberé sur son affaire , conclut d'envoïer à Beauvais les trois évêques de Soisfons , de Laon & de Châlons, pour informer du droit de l'évêque , & des torts qu'il prétendoit avoir soufferts : ce qui fut executé. Ensuite les trois évêques firent le rapport de leur enquête la semaine de devant la passion, au concile qui se tenoit à Laon ; & qui ordonna que l'on feroit encore au roi deux monitions, outre une premiere faite avant l'information ; & pour cet effet furent députez trois autres évêques , Anselme de Laon , Geoffroi de Cambrai & Azon Marlo:.to. 2.f. d'Arras : qui firent aụ roi une sommation de rendre "". à l'évêque de Beauvais les habitans qu'il avoit fait prendre , & lui donner main-levée de les regales. La monition est datrée de Poisli, le dimanche de la passion 1232, c'est-à-dire le vingt de Mars 1233. Le roi n'aïant point accordé la main-levée, Milon mit tout son diocese en interdit , que les autres évêques étendirent sur toute la province, ..: : : :

Au commencement de Septembre la même année 12 33. ils s'assemblerent à S. Quentin , & y résolurent Marios.se 2:16. qu'ils iroient tous à Rome, li l'archevêque de Reims 111.6.30.7.6.6. le jugeoit à propos , ou du moins ceux qu'il y envoieroit, pour conserver les libertez de leurs églises. Les chapitres des cathedrales de la province se plaigni, . . rent des évêques, prétendant qu'ils n'avoient pû or

donner l'interdit sans leur participation; & le chapitre An.12331

de Laon fut remercié par le roi de n'avoir point garde l'interdir. Sur ce sujet on tint un autre concile à S, Quentin le troisiéme dimanche de l'Avent de la même année, & on y appella les chapitres des cathedrales , afin qu'ils n'euflent point de prétexte d'en rejetter l'autorité. En ce concile l'interdit fut revoqué sur la remontrance de Simon d'Arci doïen d'Amiens; & on déclara en general, que les évêques ne pouvoient rien ordonner sans la participation de leurs chapitres. L'évêque de Beauvais se plaignoit hautement de cette conclusion, dont il appella & alla á Rome poursuivre son appel. Le pape voulut accommoder l'affaire , & nommạ pour médiateur entre le roi & l'évêque Pierre de Colmịeu doïen de S. Omer : commeil marque dans sa lettre au roi du sixiéme d’A

yril 1234. Mais Milon éyêque de Beauyais mourut la i même année le sixiéme de Septembre à Camarino

en Italie ; & quelques années après Robert de Cresfonsart son succefleur leva l'interdit & fit sa paix ayec le roi.

En Angleterre la conjuration formée contre les lenses contre les Romains, commença à éclater aux fêtes de Noël en Ruin. en Angl.

1231, Un petit nombre de gens armez aiant la tête Matth.rarif. an. couverte pour n'être pas reconnus, vinrent piller les

greniers de l'église de Vingam , appartenante à un Romain trés-riche. Son agent voyant la violence alla se plaindre au Vicomte, qui envoïa de ses officiers avec quelques chevaliers voisins. Ils trouverent que ces inconnus avoient yuidé les greniers pour la plus grande partie , & vendu le blé à bon marché à l'avantage de toute la province : ils en donnoieng

' même

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XVIII. Suite des vio

1232..314

même volontiers aux pauvres qui en demandoient. An.123.2. Comme les chevaliers les interrogeoient qui - ils étoient, ils les tirerent à part, & leur montrerent des lettres du roi qui défendoient de les empêcher d'agir. Ces lettres étoient faussés, mais les chevaliers, qui ne s'en appercevoient pas ; les aïant vûës se retirerent avec leur fuite. Ainsi en quinze jours ces inconnus vendirent tout & se retirerent avec beaucoup d'argent. Cette violence étant venuë à la connoilsance de Roger évêque de Londres , il assembla dix autres évêques, & le lendemain de sainte Scolastique, c'est-à-dire, le onziéme de Février 123.2. il excommunia à saint Paul de Londres tous les auteurs de cette violence, avec ceux qui avoient inal traité Cencio chanoine de Londres, & avec tous les conjurez. : Ces violences recommencerent à Pâques, & s'érendirent presque par toute l'Angleterre : on venidoit les blés des Romains à bon marché, &on faisoit de grandes largesles aux pauvres. Les clercs Romains se tenoient cachez dans des abbaies , & n'osoient même se plaindre , aimant mieux perdre les biens que la vie. Les auteurs de la violence étoient environ quatre-vingts hommes & quelque fois moins , aïant ::. pour chef Robert de Thinge jeune chevalier & de bonne famille, qui se faifoit nommer Oüitham. Le pape ayant appris ces désordres peu de tems après, en fut extrêmement irrité ; & envoïa au roi d'Angleterre des lettres piquantes , où il lui faisoit de grands reproches de souffrir que des ecclesiastiques fussent ainsi pillez dans son roïaume , sans avoir égard aux fermens de son fạcre. Il lui ordonnoit donc sous pei

Tome XVII.

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