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Germain écrivit aussi aux cardinaux, pour les ex- AN.Iz 323 horter à procurer la paix comme étant le conseil du pape. Permettez-nous, dit-il, de dire la verité, nôtre 48th

Matth. Parif. p. division est venuë de l'oppression tyrannique' que vous exercez & des exactions de l'église Romaine, qui de mere est devenuë une marâcre, & foule les autres, d'autant plus qu'ils s'abaissent devant elle. Il propose ensuite l'exemple de la reprehension de S. Paul, que S. Pierre prit en bonne part : ensorte qu'elle ne Gal.iz.! produit point de division, mais un examen plus soigneux de la question touchant les ceremonies légales. ... Puis il ajoûte : Nous sommes fcandalisez de vous voir. uniquement attachez aux biens de la terre:amasser de tous côtez de l'or & de l'argent , & vous rendre les roïaumes tributaires, Et ensuite : Plusieurs nations nombreuses nous sont unies, & parfaitement d'accord avec nous : les Ethiopiens , les Syriens , les Iberiens, les Lazes, les Alains , les Goths, les Chazares, le peuple innombrable de Russie, les Bulgares.

Le pape Gregoirerépondit au patriarche Germain par une longue lettre, dattée du Rieti le vingt-sixié- ex.s.to.XI. me de Juillet 1232.où il promet de lui envoïer des re- conc p.3250 ligieux pour lui expliquer plus amplement son intention & celle des cardinaux. Quant à l'exemple de S. Pierre repris par S. Paul, il répond avec quelques anciens , que l'un & l'autre en uferent ainfi de concert, & par un artifice charitable pour gagner les Juifs & les Gentils. Mais nous avons yû comme S. Augustin Smp.liv, Xiaomi refuce folidement cette explication apportée par S. 28 Aug. piftocha. Jerôme. Le pape dit ensuite, qu’aufh-tôt que l'église Grecque s'est feparée de la Romaine, elle a perdu la liberté & eft devenuë esclave de la puissance feculie.

p. 324. aj. VAR

re: puis s'est écartée peu à peu de la pureté de la foi & de la discipline. Le fondenent de ce reproche est, que les évêques & tout le clergé étoient bien plus sollmis aux princes, & aux magistrats chez les Grecs que chez les Latins, & contenoient mieux dans ses anciens nes bornes l'immunité ecclesiastique.

En execution de la promesse le pape envoïa l'année suivante en Natolie quatre religieux mandians, deux freres Prescheurs, Hugues & Pierre, deux freres

Mineurs, Haimon 8 Raoul; &les chargea d'une lettre : 6.40. XI. conc. au patriarche Germain, où il compare le schisme des Ping.t233.n... Grecs à celui de Samarie , & dit que Dieu n'a pas laissé.

de susciter chez eux de grands docteurs, tels que S.
Chrysostome, S. Gregoire de Nazianze , S. Balile le
grand & S. Cyrille, comme chez les Samaritains Elie,
Elisée & les autres prophéres, C'est faire remonter
bien haur le schisme des Grecs. Il propose ensuite l'al-
legorie des deux glaives , qu'il dit appartenir l'une &
l'autre au pape, même le maceriel en vertu de ces pa-
roles de j. c. à S. Pierre; Remets ton épée au four-
reau. Il insiste sur les figures de l'unité de l'église ; &
finit par la question des Azymes, disant que le pain
levé des Grecs represente le corps de J. C, corrupti-
ble ayant la resurrection, & le pain sans levain des
Latins son corps glorieux. La lettre est du dix-huitié-
mie de Mai 1233. i

La même année le pape envoia des freres Mi

neurs en mission chez les infideles , avec une lettre Rulmans.

adressée au sultan de Damas & datrée du quinziéme 16. Vading. cod. Février, qui contient une longue instruction sur la

religion Chrétienne appuiée de plusieurs passages de l'ancien & du nouveau testament , & finit par une

exhortation

Matth.x30.

XXI. Lettres du pape aux Princes Mu

ap.Rain. 1233.

n. 27.

exhortation au sultan d'embrasser le Christianisme, avec protestation que le pape ne cherche que son salut, sans aucune vûë temporelle, & sans vouloir rien diminuer de la puissance de ce prince. Il envoïa la même lettre au calife de Bagdad, & au Miramolin d’Afrique, c'est-à-dire au roi de Maroc : mais on n'en yoit aucun effet, & il n'étoit pas naturel d'en attendre. Il écrivit au Miramolin une autre lettre en fa- Vading.cod. yeur d’Agnel évêque de Fés de l'ordre des freres Mineurs, à la fin de laquelle il ajoûte cette menace : Si vous aimez mieux être ennemi qu'ami de J. C. nous ne souffrirons aucunement, comme nous ne le devons pas que ceux qui sont fideles vous obéissent. Je ne sai comment accorder cette proposition avec les préceptes des apôtres, d'obéir aux princes même infideles , & avec la pratique des premiers fiécles.. ..

Le pape Gregoire travailla avec plus de fruit à la converlion des Sarrasins de Sicile, qui étoient en Italie au service de l'empereur Frideric; & il lui en vir op.310.ap. écrivit en ces termes : Nous vous prions de donner Raimn.14. un ordre précis par vos lettres aux Sarralıns établis à Nocera, qui entendent assez bien l'Italien, à ce que l'on dit, de recevoir en paix les freres Prescheurs que nous leur envoïons, les écouter patiemment, & s'appliquer serieusement à ce qu'ils leur proposeront pour leur salut ; & si quelques-uns se convertissent nous vous prions de les Toûtenir de votre protection, La lettre est du vingt-septiéme d'Août 1233. L'empereur favorisa en effet cette mission , & manda ensuite au pape que plusieurs s'étoient convertis., Le séjour des Musulmans en cette ville lui a fait donne, Tome XVII.

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XXII. Fr Jean de Vic cence.

de regno li, lo po

SO HISTOIRE ECCLESIASTIQUE. AN. 1233.

5. le nom de Nocera des païens , pour la distinguer de Nocera en Ombrie.

La reputation & l'autorité des freres Prescheurs Vi- croissoit de jour en jour principalement en Italie. A

Boulogne se trouvoit alors frere Jean de Vicence, Sigor.lib.x!! qui aïant commencé à prêcher gagna tellement les

cæurs de tout le peuple par sa dočtrine & la vertu, qu'il étoit le maître de la ville. Les bourgeois, les païsans , les artisans, les nobles, le suivoient avec les croix & les bannieres & se remettoient à lui seul de toute leur conduite : il n'y avoit procés qu'il ne terminât & division qu'il n'appaisât. L'évêque même & le corps de ville étant depuis long-tems en differend touchant la jurisdiction criminelle, le prirent pour arbitre , & s'en tinrent à la décision. Il fit fortir de prison du consentement des magistrats ceux qui n'y étoient que pour dettes, & persuada aux creanciers de faire des remises considerables. Un jour il prêcha avec tant de vehemence contre les usuriers, que le

peuple courut aussi-tôt chez un fameux usurier nomvita. ep. pradi

edir. mé Landulfe,& abattit fa maison. Toute la Lombardie

étoit remplie du bruit de la prédication & de ses miracles, & on venoit de toutes parts le voir & l'entendre. : La ville de Boulogne craignant qu'on ne l’en retirât envoïa une ambassade au pere Jourdain qui tenoit le chapitre general , & elle lui representa entre-autres raisons, que Jean avoit semé dans leur ville la parole de Dieu avec grand applaudissement ; & que tout

le fruit qu'on en esperoit pourroit fe perdre par son -absence. Mais Jourdain après avoir loué leur devotion témoigna qu'il n'étoit pas fort touché de cette raison. Car, dit-il , les femeurs n'apportent pas leur

par.z. 4..,:55

N.12 33.

lit sur le champ qu'ils ont semé pour y coucher juí- Av
ques à ce qu'ils voient comment la semence fructifie:
ils la recommandent à Dieu & vont semer un autre
champ. Ainsi peut-être seroit-il expedient que frere
Jean allât semer ailleurs la parole de Dieu : suivant ce
que le sauveur disoit : Il faut que j'aille aussi prêcher
à d'autres villes. Toutefois nous délibererons de cette
affaire avec nos définiteurs, & nous ferons ensorte
que vous aurez sujet d'être contens.

Le pape Gregoire voïant l'autorité que s'étoit acquise frere Jean de Vicence, l'emploïa pour réunir & pacifier les villes d'Italie : craignant que l'empereur Frideric ne se prévalût de leur division pour seles alsujettir, principalement celles de Lombardie. Il fit donc Jean son legat dans la Marche d'Ancone , & l'envoïa ensuite en Toscane , pour faire la paix entre Florence & Siene. Mais il ne fut pas aisé de le tirer de Boulogne & des autres villes où il étoit cheri ; & le pape fut obligé de les menacer des censures ecclesiastiques fi elles s'opiniâtroient à leretenir. Le pape écrivit à ce saint religieux pour le feliciter du succés de ses travaux & l'y encourager ; & pour le consoler Rain. 1933.m.35i des calomnies qu'on répandoit contre lui. ... Pendant que frere Jean de Vicence étoit à Boulo- Canonisatione gne , il procura la translation de S. Dominique. De- dices: puis douze ans qu'il étoit mort ses disciples n'avoient encore rien fait pour honorer fa memoire ; & quelques-uns demeurant dans leur simplicité, disoient qu'il suffisoit que sa sainteté fût connuë de Dieu, sans Boll.13 Febr te. se mettre en peine qu'elle vînt à la connoissance des tomando hommes. Toutefois le peuple reclamoit l'assistance Bzor.n.s. du faint pour diverses maladies : plusieurs demeu

sigox.p. 440

vil.eb.68.218 130 287 ap.

37. 38.

XXIII.

de S. Domini

Chr. MS. apo

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