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exerc. 14. C. I.

- blanc; & les femmes ne serviront point à l'autel. An. 1254. Les Grecs peuvent garder leur coûtume de ne 16. I point jeûner les samedis de Carême. Les prêtres

mariez peuvent administrer le sacrement de penitence; mais les évêques peuvent en donner le pouvoir à d'autres qu'aux curez. C'est que les Grecs se

confessent plus volontiers aux moines qu'aux prê18. tres mariez. On ne doit point douter que la simple 19. fornication ne soit un peché mortel. Nous ordon:: nons expressément qu'à l'avenir les évêques Grecs

conferent les sept ordres, suivant l'usage de l'église Romaine; mais on ne laissera pas de tolerer ceux

qui sont ordonnez autrement, à cause de leur granSup.livi de multitude. J'ai déja marqué que les Grecs ne mom. ordin.?' connoissoient point les trois ordres mineurs de por

1. tier, d'exorciste & d'acolyte.
20. Les Grecs ne blâmeront point les secondes ou les

troisiémes nốces , permises par l'apôtre ; mais ils ne 22. contracteront point de mariage au huitiéme dégré

de parenté selon eux, qui est le quatriéme selon nous. Nous permettons toutefois par dispense , à ceux qui

ont contracté dans ce degré, de demeurer ensem23. ble. Puisque les Grecs croyent que les ames de ceux

qui meurent sans avoir accompli la penitence qu'ils ont receuë , ou chargez de pechez veniels, sont purgez après la mort, & peuvent être aidez par les suffrages de l'église : nous voulons qu'ils nomment purgatoire, comme nous, le lieu de cette purgation, quoiqu'ils disent que leurs docteurs ne lui ont point donné de nom. Le pape ordonne à l'évêque de Tufculum de faire expliquer aux évêques Grecs ce reglement, & leur enjoindre de l'observer exactement.

Comme

Louis en Fran

Comme aussi d'ordonner à l'archevêque de Nicofie & à ses suffragans Latins de ne point inquieter les

AN. 1254. Grecs au préjudice de ce reglement. ! Après que saint Louis fut embarqué pour son re- XLVIII tour il demeura deux mois & demi sur la mer, pen- Retour de S. dant lesquels il donna de nouvelles marques de sa ce. pieté & de fa charité pour le prochain. Il ordonna Gaufr. c. 23. que dans le vaisseau il y eût sermon trois fois la semaine; & quand la mer étoit calme , il vouloit qu'il y eut une instruction particuliere pour les matelots touchant les articles de foi & les pechez: conside. rant que ces sortes de gens entendent fort rarement la parole de Dieu. Il vouloit de plus qu'ils se confessassent tous à des prêtres choisis exprés : il leur fit sur ce sujet une exhortation de la bouche , leur representant comme ils se trouvoient souvent en peril de mort, & leur dit entres autres choses : Si pendant qu'un de vous se confesse le vaisseau à besoin de son service , je veux bien moi-même y mettre la main , soit pour tirer un cable soit pour quelque autre manœuvre. Cette exhortation ne fut pas sans fruit , & plusieurs matelots se confesserent qui ne l'avoient point fait depuis plusieurs années. Le 6.29. saint roi avoit encore grand soin des malades, principalement de leur faire recevoir les sacremens. La 6.30 troisiéme nuit après qu'il fut parti d'Acre son vaisseau donna sur un banc de sable près l'isle de Chypre, ensorte que tous se crurent en grand peril. Le roi se prosterna en priere devant l'autel ou étoit le S. sacrement, & le jour venu il fit visiter le vaisseau, & on trouva que le choq avoit emporté environ trois toise de la quille qui est la piece fondamentale. Le Joinv.p. 112

Tome XVII.

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roi demanda aux mariniers ce qu'il y avoit à faire, AN, 1254.

Ils dirent qu'il falloit passer dans un autre vaisseau, & qu'il étoit à craindre que ce bâtiment ainsi ébranlé ne pût soûtenir la haute mer. Le roi assembla son conseil, qui fut d'avis de suivre le sentiment des mariniers ; mais le roi les appella encore., & leurs

dit : Sur la foi que vous me devez, si le vaisseau étoit

· à vous & plein de marchandises en descendriezp. 113 vous ? Non, répondirent-ils tous d'une voix, nous

aimerions mieux hazarder notre vie , que de perdre un tel navire qui nous couteroit quarante ou cinquante mille livres. Alors le roi dit : Il y a dans ce vaisseau cinq ou six cens personnes qui en descendront si j'en descends & demeureront dans l'isle de Chypre, sans esperance de retourner dans leur pais: j'aime mieux mettre en la main de Dieu ma vie, celle de la reine & de nos trois enfans, que de causer un tel dommage à un si grand peuple. L'évenement fit voir la sagesse de ce conseil. Olivier de Termes le plus puistant seigneur qui fut sur ce vaisfeau fut plus d'un an & demi avant que pouvoir re

joindre le roi. Joinv. p. 116. 0. 116. Enin le roi arriva fain & sauf en Provence avec

toute sa flotte , & descendit au port d'Hieres le famedi onziéme de Juillet 1254. Il y entendit parler d'un cordelier nommé frere Hugues qui prêchoit dans le païs avec tant de réputation, qu'une grande quantité de peuple, d'hommes & femmes le suivoient à pied. Le roi le fit prêcher devant lui , & son premier sermon fut contre les religieux qu'il voioit en grand nombre à la suite du roi. Il disoit qu'ils n'étoient pas en voye de salut, parce qu'un religieux ne peut conserver l'innocence hors de son cloître , non plus que le poisson vivre hors de l'eau. An. !254. La bonne chere qu'ils font à la cour est une tentation continuelle contre l'austerité de leur profeffion. S'adressant ensuite au roi , il l'exhorta à garder la justice , s'il vouloit vivre en paix & aimé de son peuple. J'ai lù disoit-il, la bible & les autres livres de l'écriture sainte, mais je n'ai point vû que soit entre les Chrétiens , soit entre les infideles les états ayent changé de maître, sinon faute de rendre juftice. On nommoit alors Ecriture sainte non seulement les livres canoniques, mais tous les livres des auteurs ecclesiastiques. Le roi fit plusieurs fois prier ce bon cordelier de demeurer avec lui tandis qu'il séjourneroit en Provence, mais il n'y fut qu'un jour & se retira, Il mourut depuis à Marselle en odeur de sainteté.

p. 117.

D'Hieres le roi vint à Aix en Provence pour aller à la sainte Baume, où l'on croyoit avoir le corps de sainte Magdelaine, & on disoit même qu'elle y p. 118. avoit vécu long-tems en solitude. C'est ce que dit le fire de Joinville qui accompagnoit saint Louis en ce voyage ; c'est le premier témoignage que Tilmont. to.

2. p.520. l'on trouva pour cette opinion que sainte Magde- . laine soit en Provence. Vous avez vû qu'en 898. l'empereur Leon le philosophe fit apporter à C. P. Sup. liv. le corps de cette fainte, & qu'en 1146. on croyoit "TV..". l'avoir à Vezelai en Bourgogne , & vous verrez mim. m. 14.

Sup. liv. bien-tôt qu'on le croyoit encore du téms de saint Louis. Il revint par le Languedoc & l'Auvergne, & Not. Joinv. på étant arrivé à Paris il alla à saint Denis le diman- 101 che treiziéme de Septembre , & y offrit des étoffes Duch p. 362.

LIV.

101.

XLIX.

p. 720,
ex. to. 2. Spo

de soye en actions de graces. Mais il demeura croiAN 1254• sé, pour montrer qu'il ne croyoit pas avoir accomMatth. Paris. pli son væu , & qu'il en avoit seulement suspendu Þ: 766.

l'execution pour un temps.

Passant en Languedoc il ordonna fa tenuë d'un Concile d’Albi. concile , qui fut afsemblé cette même année à Albi.

a par Zoën évêque d'Avignon & le legat du saint sieTo. 11. Conc.

*ge. Il s'y trouva plufieurs évêques & autres prelats eil. p.680.

des provinces de Narbonne , de Bourges & de Bourdeaux, & par leur conseil & leur approbation , le legat publia un reglement de soixante & onze canons, partie pour l'extirpation de l'heresie, partie pour la reformation du clergé. Quant aux heretiques ce concile d'Albi ne fait presque que renou

veller les canons de celui de Toulouse tenu vingtSup. liv.

cinq ans auparavant en 1229. J'observe seulement qu'en celui-ci on nomme Emmurez les heretiques

que l'on enfermoit comme convertis par force , 6. 27. 28. parce qu'en effet on les mettoit entre quatre mu

railles. On ordonne aux évêques & aux curez d'expliquer au peuple les articles de la foi, & d'appren

dre aux enfans le Credo , le Pater & l'Ave, c'est-à6. 36. dire leur faire le catechisme. On défend aux évê

ques & aux autres superieurs de rien exiger pour 6. 36. l'absolution des censures , & aux collateurs des be

nefices de faire aucune paction en les conferant ou les charger de pensions. On défend aux clercs de joûter dans les tournois avec l'écu & la lance.

A Rome le pape Innocent fit une constitution noDecretale sur les études, table touchant les études, qu'il adressa à tous les Plastk. Par.p. prélats de France, d'Angleterre, d'Ecosse , de Gal739. Addir pan. Ies, d'Espagne & de Hongrie, où il disoit : Nous

XXXII. N. 38.

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