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de l'université, qui pour ce sujet les exclut de sa ma societé. Il rapporte ensuite le statut qui défend aux AN. 1255. reguliers d'avoir deux docteurs regens dans un même convent; l'appellation du prieur des freres Precheurs , & du gardien des freres Mineurs au saint siege , sur laquelle le pape Innocent ne put prononcer définitivement, ni terminer l'affaire, étant prévenu de la mort.

Alexandre ayant oüi les procureurs des deux parties , le 'general des freres Prêcheurs , declare que pour le bien de la paix, il a jugé à propos de moderer les statuts de l'université, conformément à une constitution de Gregoire IX. Il prescrit donc en détail la maniere dont le chancelier de Paris doit donner les licences , & lui permet de les accorder à autant de docteurs qu'il jugera convenable, sans en fixer le nombre , même à l'égard des reguliers. Il confirme le statut touchant la cefsation des leçons, en cas d'insulte faite à l'université. Enfin il rétablit les docteurs de l'ordre des freres Prêcheurs, que l'université avoit retranchés de son corps, lui ordonne de les recevoir, & revoque toutes les Sentences portées contre eux. La bulle est du quatorziéme d'Avril 1255. & on la nomme Quafi lignum vitæ, des mots par où elle commence. En même tems le pape Alexandre Vading appendi donna commission à l'évêque d'Orleans, & à ce-boul2.tö: 5. lui d'Auxerre de faire executer cette bulle; & en p. 286. particulier de rétablir dans leurs chaires les deux docteurs Jacobins Bonhomme & Elie. Il en donna aussi un ordre exprés aux docteurs de Pa

:
Tome XVII.

· Xxx

t. 2. p. 23. Du

ris.

AN. 1255

Loüis.

Presque en même tems le pape accorda à saint “ ). Louis quelques graces qu'il lui avoit demandées , Vertus de Saint comme il paroît par deux bulles dattées du vingtap. Rain, n. 42. cinquiéme d'Avril 1255. dans lesquelles il fait fon

éloge , & dit qu'encore que le royaume de France foit au-dessus des autres par sa noblesse, Louis le releve plus haut par l'éclat de ses vertus : que bien qu'il s'applique soigneusement au gouvernement de fon royaume , il regarde comme la principale affaire celle de son falut ; & méprise les plaisirs & tout ce qui ne sert qu'au corps, pour ne penser qu'à l'utilité & à l'ornement de son ame. Le pape lui acCorde donc que ni lui ni la reine Marguerite son épouse, ni les rois ses successeurs, ne puissent être frappez d'excommunication ou d'interdit, sans un ordre particulier du saint siege. De plus, il donne dix jours d'indulgence à tous ceux qui prieront Dieu pour le roi pendant fa vie, & après sa mort dix ans durant. La frequence des censures & la facilité de les prononcer obligeoit à prendre des precau

tions pour s'en garantir.. Gaufr. de Bel- Louis depuis son retour en France, augmenta ses

exercices de pieté & fes bonnes ouvres. Il fut plus

humble en ce qui regardoit fa personne, il rendit bo 23.

plus exactement la justice à fes sujets , & fut plus charitable envers tous les affligés. Etant encore outre-mer, il oüit dire qu'un grand sultan faisoit rechercher avec soin tous les livres qui pourroient être necessaires aux philosophes Musulmans, les faisoit écrire à ses dépens, & serrer dans la bibliotheque, afin que tous les hommes de lettres puf sent en prendre communication quand ils en aus

foto.

6. 310

roient besoin. Le saint roi fut touché de voir que les infideles étoient plus zelés pour leur erreur , que les A

le. An. 1255. Chrétiens pour la veritable religion ; & il resolut à son retour en France, de faire transcrire à ses dépens tous les livres ecclesiastiques authentiques & utiles, qu'il pourroit trouver dans les bibliotheques de diverses abbayes ; afin que lui tout le premier, puis les gens de lettres , & les religieux qui avoient accés auprès de lui, y pussent étudier , tant pour leur utilité propre, que pour l'édification du prochain.

Il executa fidelement cette resolution, & fit bâtir exprès un lieu commode & sûr au trésor de sa chapelle à Paris, où il amassa soigneusement plufieurs exemplaires de saint Augustin , de saint Ambroise , de saint Jerôme, de saint Gregoire , & des autres docteurs catholiques, dans lesquels il étudioit volontiers, quand il en avoit le loisir , & les donnoit volontiers aux autres pour s'en servir. Or il aimoit mieux faire écrire les livres de nouveau , que les acheter tous écrits, disant que c'étoit le moïen d'en augmenter l'utilité avec le nombre des livres qu'il avoit ainsi amaffez en sa bibliotheque à Paris, il en laissa par son testament une partie aux freres Mineurs, une autre aux freres Prêcheurs, & le reste aux moines de Rosaumont, abbaye de l'ordre de Cisteaux, qu'il avoit fondée dans le diocese de Beauvais, pour cent quatorze moines. Quand il Gall. Chr. 10. 45 étudioit en presence de quelqu'un de ceux qui ? ' étoient familiers avec lui , & qui n'étoient pas lettrés, il leur expliquoit ce qu'il lisoit, le traduisant de latin en françois avec beaucoup de justesse. Il

p. 776.

V.

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S. Thov ind.

lisoit plus volontiers les livres des peres, dont l'auAn. 1255. torité est bien établie, que ceux des nouveaux doc

teurs. Vincent de « Ce fut sa bibliotheque qui donna la commodité Benavalsoumma à. Vincent de Beauvais, de composer son livre, qu'il

appella le grand Miroir. Vincent étoit né à Beauvais, p. 73. p. 16.

& entra dans l'ordre des freres Prêcheurs dés le tems de son institution. Il s'appliqua principalement à la lecture & à la composition; & sa reputation vint jusques au roi faint Louis, qui le prii en af

fection, & le fit venir à Rosaumont , où il se re2.19.20 tiroit souvent. Vincent faisoit auprès de lui la

fonction de lecteur, & avoit inspection sur les étu-
des des princes ses enfans, peut-être aussi faisoit-
il des leçons ou des conferences aux moines de

Roïaumont.
P. 491. Ayant donc des livres en abondance par la li-

beralité du roi, il entreprit de faire un ample re2.41. cueil, contenant des extraits de tous les auteurs sa

crés & profanes qu'il avoit lûs , pour faciliter les

études, en rassemblant dans un seul corps tout ce po 46. qui lui paroissoit de plus utile , & il l'appella le

grand Miroir , pour le distinguer d'un petit livre P. 74. 75. qu'il avoit publié auparavant, sous le titre de Mi

roir du monde. Il divisa son grand ouvrage en trois parties, dont il nomma la premiere, Miroir Naturel, parce qu'elle contient toute l'histoire naturelle : la seconde , Miroir Doctrinal, parce qu'elle traite de toutes les sciences : la troisiéme , Miroir Historial, qui contient toute la suite de

l'histoire, depuis la création du monde jusques à p. soo. l'an 1250. ou plûtôt 1283. puis qu'il rapporte le LXXXIV. martyre & la canonisation de faint Pierre de Ve- An rone.

Vinc. lib. 31. Dans la preface de tout l'ouvrage l'auteur fait - 204. quelques observations qui montrent quelle étoit la p. os. critique de son tems. Touchant l'autorité des li- dift. 202 vres après l'écriture sainte, il donne le premier rang aux decretales des papes , suivant l'exemple de Gratien, qui s'appuie de l'autorité de Leon IV. sans prendre garde que ce pape commence les decretales à saint Silvestre, au lieu que Gratien emploïe toutes celles du recueil d'Isidore attribuées aux papes precedens: ainfi il prefere ces fausses decretales, non seulement aux écrits des peres , mais aux canons des conciles. Vincent de Beauvais met saint Bernard entre les peres, & faint Anselme en un moindre rang, avec Bede, Alevin, Raban & d'autres. Il reconnoît qu'il a inseré des passages de p.sk livres apocryphes, sans les solltenir ni les rejetter, parce qu'on peut les lire sans prejudice de la foi , en croyant que Dieu a pû faire ce qu'ils rapportent ; & il tire cette maxime d'un ouvrage faussement attribué à saint Jerôme. Il met entre les his- donativ. S.Mar. toires serieuses au même rang de Cesar & de Sue- 10. 3. P. 443. tone, l'histoire de Charlemagne, sous le nom de l'archevêque Turpin, fabriquée dans le siecle prece- p.76. dent. Il avoue qu'il n'a pas entrepris de marquer ap.Reuber.p.67. exactement les années, à cause de la varieté des Ech; p. so.. auteurs sur ce point , & se plaint que de son *** tems l'étude de l'histoire ecclesiastique étoit negligée.

Entre tous les religieux le roi faint Louis aimoit Louit pode les particulierement les deux ordres mandians des fre- Religieux man,

p. 43.

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dians.

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