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XXII.

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p. 255.

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à vous offrir la paix si vous la lui demandiez, &
vous menacer si vous lui faisiez la guerre.

An. 1255.
Le reste de la relation de Rubruquis contient le retour de Rus
détail de son voyage au retour. Il partit de la cour bruquis.
de Mangou environ quinze jours après la S. Jean ,
c'est-à-dire vers le huitiéme de Juillet 1254. Il arriva p. 265.
à la cour de Baatou le même jour qu'il en étoit parti
un an auparavant; c'est-à-dire , le quatorziéme de
Septembre. Il passa les fêtes de Noël à Naxivam -277.
en Armenie, grande ville autrefois, mais ruinée
par les Tartares. Ensorte que de huit cens églises,
il n'en restoit que deux petites. Il en partit à l'oc- zsti .
tave de l'Epiphanie, c'est-à-dire , le treiziéme de
Janvier 1255.

Le premier dimanche de Carême quatorziéme de
Février il arriva à Arsingan sur les terres du sul-
tan d'Icone : le dimanche de Quasimodo quatrié-
me jour d'Avril il vint à Cesarée de Cappadoce, &
la veille de l'Ascension au port de Coure en Cili- p. 287.
cie, ou il séjourna jusques après les fêtes de la Pente-
côte. Ensuite il passa en Chypre. Là, dit-il, j'ai trou-
vé notre provincial, qui m'a mené avec lui à An-
tioche , & elle m'a paru en un triste état. Nous y
avons passé la saint Pierre , & de-là nous sommes
venus à Tripoli de Syrie, où nous avons tenu un
chapitre le jour de l'Assomption.

Là j'ai reçû l'obediance du provincial pour aller
resider au convent d’Acre , & quand j'y ai été,
il ne m'a voulu jamais permettre d'en partir pour
vous aller saluer ainsi que je desirois; mais il m'a
commandé de vous écrire par ce porteur, à quoi
je n'ai osé désobéir. Ainsi finit la relation de frere
. Tome XVII,

Сccc

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XXIII. Jean de Parme déposé.

n. 2.
Boll. to. 3, p.63,

· Guillaume de Rubruquis. Il y ajoûte quelques avis AN. 1256.

au roi touchant l'état de la Turquie, de la Grece & de la Hongrie , & dit que fi. le pape comme chef des Chrétiens, vouloit envoyer aux Tartares un évêque ou une autre personne qualifiée, avec le titre d'ambassadeur : il seroit beaucoup mieux écouté que de simples religieux.

A la Purification de la Vierge, second jour de

Février 1256. les freres Mineurs tinrent leur chaVading. 1236. pitre general à Rome au convent d'Araceli, en

. presence du pape Alexandre IV. Il y avoit de grandes plaintes contre Jean de Parme, septiéme general de l'ordre. On l'accusoit de blâmer ceux qui donnoient des explications à la regle, & qui loüoient les declarations données par les papes ou par les docteurs ;. car il s'en tenoit au feul testament de faint François , disant qu'il étoit très-clair , & qu'il ne falloit point d'autre declaration. 2. Il vouloit qu’on obfervât ce teftament, comme étant la même chose que la regle, & par consequent digne d'un tres-grand respect , d'autant plus que saint François l'avoit dicté après avoir reçû les Stigmates. 3. Il disoit , comme s'il eût eu l'esprit de prophetie , que l'ordre se diviseroit en deux, les fidelles observateurs de la regle , & ceux qui solliciteroient des privileges & des declarations , & qu'il viendroit enfin une congregation de pauvres qui observeroient la regle parfaitement. 4.. Une accusation plus importante , c'est que sa foi n'étoit pas pure, qu'il déferoit trop aux opinions de l'abbé Joachim , & soûtenoit même ses écrits contre Pierre Lombard. s. Enfin que deux de ses compagnons Leonard & Gerard étoient défenseurs outrés AN. 1256 de l'abbé Joachim · Le pape donc voyant les esprits échauffés, & les principaux personnages de l'ordre, unis contre le general, sans qu'il fut possible de les ramener, convoqua le chapitre , & avertit auparavant Jean de Parme de ceder sa superiorité, & de ne point souffrir qu'on le continuât, quand même les électeurs le voudroient. Le chapitre étant assemblé, Jean allegua son incapacité , les dégoûts qu'on lui donnoit, son âge déja avancé, & renonça à sa dignité. Plusieurs reclamerent, mais il insista, demandant sa décharge , & qu'on ne songeât pas même à l'élire de nouveau. Cependant comme ils ne savoient pas ce qui s'étoit passé entre le pape & lui, ils s'opiniâtrerent à le vouloir reprendre , jusques à ce que le pape ordonna d'en élire un autre. On le pria de nommer celui qu'il croyoit digne de lui succeder: il nomma frere Bonaventure , qui enseignoit alors à Paris, & il fut élu tout d'une voix. Le chapitre fini, le pape ordonna aux freres de celebrer avec office double le douziéme d'Août, la fête de sainte Claire , qu'il avoit canonisée l'année precedente le dix-neuviéme d’octobre. Le vingtiéme de Février Rain. 1255. 1256. le pape à la sollicitation de quelques-uns des Vading. n. 9. adversaires de Jean de Parme, confirma l'expli- Bullar. Alex. cation de la regle donnée par Innocent IV. ce qui déplut non seulement à Jean de Parme, mais à tous les freres zelez pour la pureté de l'observance. · Les adversaires de Jean de Parme eurent encore soin de supprimer la legende de faint François que

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n. 20.

Commencemens

tur:.

AN. 1256. Thomas de Celan avoit ajoûtée à celle qu'il avoit Vading. Sirips. composée la premiere, & qui reste encore sous le B. 323. nom de Legende antique. Or il avoit fait cette ad

dition à la priere des deux derniers generaux Crescence & Jean de Parme, & y avoit recueilli ce qu'il avoit vû de ses yeux, & oui de ses oreilles touchant l'observation fidele de la regle, suivant les intentions de saint François. Les adversaires de Jean de Parme, procurerent la composition d'une nouvelle vie de saint François, comme nous verrons dans la

suite. XXIV... Bonaventure qui fut le huitiéme ministre genede S. Bonaven- ral des freres Mineurs, étoit né l'an 1221. à Bagna

m. réa en Toscane, dans l'état ecclesiastique. Il fut Vading. an. 1221. n. 45. nommé Jean au baptême, mais à l'âge de quatre

ans il tomba dangereusement malade; & sa mere Visa, wapo Sur. le recommanda aux prieres de saint François , qui

vivoit encore , promettant , s'il échapoit, de le
mettre sous la conduite. Le saint homme pria pour
l'enfant, & le voyant ausi-tôt gueri, il s'écria en Ita-
lien: 0 buona ventura! le nom lui en demeura , avec
celui de Jean, mais on s'accoûtuma à le nommer
par celui qui le distinguoit le plus. En 1243. Bona-
venture âgé de vingt-deux ans, entra dans l'ordre
des freres Mineurs, suivant le væu de la mere.
On l'envoya bien-tôt étudier à Paris , où l'on dis
qu'il eut pour maître le celebre Alexandre de Ha-
lés, qui touché de la candeur de ce jeune hom-
me, & de l'innocence de ses meurs, disoit :Il sem-
ble qu’Adam n'ait point peché en lui. Bonaventure
étoit docteur, & enseignoit la theologie à Pa-
jis, quand il fut élû general de l'ordre à l'âge de

Idem p. 61.

script.

Vading: an. 3243. n. 2,

par

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trente-cinq ans , treize ans après son entrée en reli- Är och

N. 1256. gion.

On tenoit cependant un concile à Paris , au su- XXV. jet du meurtre du chantre de l'église de Chartres. Defice de Paris. Henri archevêque de Sens y presidoit, & cinq évê- To. 11. conc. ques y aslistoient: Guillaume d'Orleans, Renaud de p.738. Paris, Gui d'Auxerre, Nicolas de Troyes, & Aleau- Duboulair me élû évêque de Meaux. On y parla auslı de l'affaire de l'université avec les Jacobins, & on engagea les parties à convenir d'arbitres, qui furent quatre archevêques : Philippes de Bourges, Thomas de Reims , Henri de Sens & Eude de Rouen. Ayant donné jour aux parties, on entendit leurs procureurs : les Jacobins se plaignirent qu'on les avoit chassez du corps de l'université, & qu'on leur avoit ôté deux chaires de theologie dont ils avoient été long - tems en possession : que les docteurs & leurs écoliers avoient fait serment de ne jamais souffrir que les religieux mandians fussent du corps de l'université; qu'ils avoient prêché contre leur mandicité, les chargeoient d'injures, & ne cessoient de leur insulter. Les docteurs, Guillaume de saint Amour portant la parole, expliquoient les causes du retranchement des freres mandians, le plaignoient des censures de Rome qu'ils avoient obtenues contre eux, & demandoient qu'ils les fillent revoquer. * Les arbitres prononcerent ce qui suit : Les freres n'auront que deux écoles. Ils seront pour toûjours separez du corps des maîtres & des écoliers seculiers de Paris, à moins que ceux-ci ne les y rappellent volontairement : ils recevront toutefois les i

Cccc iij,

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