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maturelle qui leur manque, avec la bonne fo hu- maine, fondement de tout commerce entre diffe

AN. 12592 rentes nations, qui est l'effet naturel de la droite raison. Quant au mariage, l'empêchement que produit la diversité de religion n'est pas invincible en. certains cas singuliers où il s'agit de l'utilité publique, & du bien même de la religion. L'incontinence étoit devenuë si commune & fi

« ,11 Ľvi: publique dans le clergé, que le pape Alexandre crut Bulle contre les y devoir chercher quelque remede, & pour cet ef- naires.

mp. Rain n. 267 fet il écrivit une lettre circulaire adressée aux archevêques, & à leurs fuffragans, aux abbés & aux aus. tres superieurs ecclesiastiques, ou d'abord il leur re« presente fortement le compte terrible qu'ils rendront à Dieu des ames dont ils ont la conduite, puis il exagere le scandale que donnent les clercs qui entretiennent publiquement des concubines, au mém pris des canons, & n'ont pas honte d'exercer avec des maiņs impures les fonctions sacrées de leur mis nistere. Il marque les reproches qu'ils s'attirent de la part des heretiques , l'oppression de l'église par les seigneurs & les mépris des peuples. Il exhorte les prélats à faire cesser ce désordre, premierement par leur vie exemplaire, puis en procedant contre les coupables ; & il déclare que leurs poursuites ne feront point retardées par l'appel, & que les lettres apostoliques obtenuës par les coupables au préjudice de ces poursuites, seront nulles. La lettre eft du treiziéme de Février 125.9.

Nous en avons deux exemplaires, l'un adressé à Siero 128002l'archevêque de Rouen, l'autre à celui de Salsbourg, p. 283. par où l'on juge qu'elle fut ausli envoiée aux autres

niyerfisé.

ser accep.

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- provinces , & que ce desordre étoit general dans AN. 1259. toute l'église. L'archevêque de Rouen étoit Eudes Gall. Chr to. Rigaut de l'ordre des freres Mineurs, qui avoit sucto P. 587. cedé à Eudes Clement en 1 247. & tint ce siege vingt

huit ans. Cette lettre est belle , mais de tels maux demandent des remedes plus specifiques, que des

exhortations quelques pathetiques qu'elles soient. LVII. Tant de bulles déja données par le pape AlexanAffaire de l'u- dre en faveur des freres Prêcheurs, n'avoient pû

vaincre la repugnance des docteurs de Paris à Ies

: recevoir ; & il en donna encore plusieurs à même fin Duboulai. pi pendant cette année 1259. La premiere dattéed'A348. Indignan, nagni le cinquiéme d'Avril, est adressée à l'évêque Vading. 1259. de Paris, auquel le pape se plaint que quelques do

cteurs font de la peine à certains religieux, parce qu'ils s'opposent au rappel de Guillaume de SaintAmour. Il ordonne à l'évêque d'assembler tous les docteurs & les écoliers, & de leur défendre, sous peine d'excommunication d'en user ainsi, parce que ces religieux ne peuvent en conscience consentir au rétablissement d'un homme justement condamné, querelleur & obstiné dans sa désobéissance.

Ensuite le pape ayant appris que l'université de Pamultorum relas. ris entretenoit un grand commerce de lettres avec Vading the so

ce docteur : il enjoignit à l'évêque de le rompre sous peine d'excommunication de plein droit.

Le recteur de l'université, les artistes & les docteurs des deux autres facultés de droit & de medecine, prétendoient que tous ces ordres du pape ne regardoient que la faculté de theologie , puisque c'étoit la seule à laquelle les religieux prétendoient être admis. C'est pourquoi le pape écrivit à l'évêque

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de Paris une troisiéme bulle , qui commence par de An. 1259. grandes louanges de l'université ; & qui enjoint à ce prélat d'ordonner aux Artistes & aux autres qui Ex alto. refusoient de recevoir dans leur societé les freres"

Vading. n. 6. Prêcheurs ;& les freres Mineurs, de les y admettre dans quinze jours sous peine d'excommunications, dont ils ne pourront être absous qu'en venant en personne se presenter au saint fiege. Le pape enjoint encore à l'évêque de faire publier cette bulle, où il approuve l'état de ces religieux & la pauvreté dont ils font profession ; & de faire brûler publiquement le livre des perils des derniers temps , & les autres libelles diffamatoires, composés contre les mêmes religieux en latin ou en françois, en prose ou en vers. Il ajoûte : Vous denoncerez excommuniez Guillot bedeau des écoliers de la nation de Picardie , qui le dimanche des Rameaux dernier passé, pendant que freres Thomas d'Aquin prêchoit, eut l'audace de publier en presence du clergé.& du peuple, un libelle diffamatoire contre les freres Precheurs ; & vous ferez ensorte qu'il soit chassé pour toûjours de la ville de Paris. Cette bulle est du vingt-fixiéme de Juin."

Peu de jours après le pape en écrivit une à l'uni- Duboulai. versité., sur ce qu'elle lui demandoit le rappel de Prain. n. 27 Guillaume de Saint-Amour. Il lui represente que ce docteur ne s'est point humilié, n'a point retracté son livre condamné par le saint fiege, ni donné aucun signe de repentir, & fait esperer de le recevoir en grace quand il paroîtra converti. Enfin le pape écrivit à saint Louis, le louant de sa foûmifsion aux ordres du saint fiege, & de la protection Tome XVII.

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: 414.

qu'il donne aux hommes pacifiques , c’est -à-dire AN, Í

aux religieux mandians ,.contre ceux qui troublent l'école de Paris. Il prie le roi de prêter main-forte à l'évêque de Paris pour l'execution des bulles que je

viens de rapporter.. Dubois. to. 2. Cet évêque de Paris étoit Renaud de Corbeil ,

qui tenoit le fiege depuis neuf ans. Guillaume d'Auvergne mourut le trentiéme de Mars l'an 1248. avant Pâques, c'est-à-dire 1249. & eut pour succesfeur Gautier de Château-Thierri auparavant chancelier de l'église de Paris. Il ne tint le fiege qu'environ un an, & Renaud en prit possession le dixiéme de Juillet 1250. étant porté solemnellement par quatre barons suivant l'ancienne coûtume. Il fut évêque de Paris pendant dix-huit ans.

De son temps fut fondé le college de Sorbonne le College de nyote. de plus fameux de l'université, ainsi nommé de son

fondateur Robert de Sorbone , qui avoit lui-méme tiré ce nom du lieu de la naissance, suivant l'usage

du temps. Il fut premierement 'chanoine de CamJoinvillóp: 6. brai, puis de Paris , & clerc, c'est-à-dire chapelain

du roi faint Louis , qui l'appella prés de la personne

sur la grande renommée de la vertu, & le faisoit Dubrexit quelquefois manger à fa table. Il commença la

%: fondation de son college. l'an 1250. lors que le roi

ou plutôt la reine Blanche en fon absence lui don

na pour cet effet une maifon à Paris devant le paSup. liv. lais des Thermes , c'est le palais de l'empereur Ju

lien l'apoftat , dont on voit encore les restes. Ensuite le roi donna à Robert de Sorbone toutes les maisons qu'il avoit au même lieu., en échange de quelques-unes que Robert avoit dans la ruë de la

LVIII.

Sorbonne.

Antig. p. 617.
Duboulai...
P. 2242

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1. 2. p. 2560

Bretonnerie, & qu’à la priere du roi il avoit don

1.. An. 1259. nées aux religieux de sainte Croix. La lettre est du AN. I mois de Février 1258. le college de Sorbonne fut fondé pour de pauvres étudians en Theologie.

Les religieux de sainte Croix font une congre- Dubois. 2.417 gation de chanoines reguliers inftituée vers le commencement du même siecle par Thierri de Celles chanoine de Liege. Leur chef lieu est le mo- Chapeauv. nastere de Hui, fondé en 1234. par Jean d'Apia évêque de Liege.

Nous avons trois écrits de Robert de Sorbone qui montrent plus de pieté que de doctrine, & dont le stile est extrêmement simple , pour ne pas dire plat; mais celui de Guillaume de Saint-Amour & des autres auteurs du même tems n'eft guéres plus relevé. L'avantage de ceux de Robert eft qu'ils Bibl. par font solides., de pratique, & tendant uniquement Parif.co.is. à l'utilité des ames. Ils regardent tous trois la pea nitence. Le premier eft intitulé : de la Conscience; le second, de la Confession ; le troisiéme, le Chemin da paradis. Le premier semble être fait pour les écoliers ; car il roule sur une comparaison perpetuelle de l'examen des étudians par le chancelier de l'université avec le jugement de Dieu. Si quelqu’un, dit-il, s'étoit proposé d'enseigner à Paris à quelque prix que ce fût, parce que s'il étoit refusé il seroit pendu : il seroit fart curieux d'apprendre du chancelier ou de quelqu'un de son conseil sur quel livre il devroit être examiné, fupposé qu'il ne pût être licencié sans examen ; car on en dispense quelquefois les grands. Or nous voulons tous aller en paradis & tous ceux qui y seront, seront docteurs

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P. 1006.

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