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Avinzza lades. La même sentence porté excommunication

contre ceux qui par leurs mauvais conseils avaient
porté le roi à introduire ou negliger ces abus ; il y en a
deux excommuniez nommément , & un croifiéme
menacé de l'être dans le jeudi faint prochain. La fen:
tence est du mois de Decembre, 123.2. -
· Pour faire lever cet interdit le roi de Hongrie An-
dré s'adressa au pape , qui lui envoïa Jacques élû évê-
que de Palestrine en qualité de legat; & par ses ex-
horcacions le roi fit une charte où il lui promit avec
ferment d'observer les articles suivans. Nous ne don-
nerons plus à des Juifs ou à des Sarrasins l'intendan-
ce de notre chambre, de la monoïe, du sel , des col-
lectes : nous ne les associerons point aux intendans &
ne ferons rien en fraude qui leur donne lieu d'oppri-
mer les Chrétiens. Nous ne permettrons point que
dans tout nôtre roïaume. les Juifs ou les Sarrasins
aient aucune charge publique ; & nous aurons loin
qu'à l’avenir ils soient distinguez des Chrétiens par
certaines marques. Nous ne permettrons point qu'ils
aïeni d'esclaves Chrétiens. Et nous députerons tous
les ans un palatin ou un autre de nos officiers pour
executer ce que dessus, à la requête de l'évêque dans
le diocese duquel feront les Juifs, les payens ou les
Mahometans.
- Nous ne permettrons point que les causes concer-
nant les mariages ou les dots soient portées devant les
juges seculiers. Nous voulons aussi que les 'clercs ne
soient poursuivis que devant les juges ecclesiastiques
en toutes matieres, excepté les causes des terres , sur
lesquelles le pape sera consulté, & on lui fera enten-
dre, que fi on nous ôtoit la connoissance de ces cau.

XXIX.

fes, l'église en souffriroit un grand préjudice. Nous ne Arena leyerons aucune collecte sur les clercs , & ne contreviendrons en rien à leurs priyivileges, & nous consulterons le pape touchant les impositions sur nos autres sujets. Cette charte fut jurée par le roi André, par Bela son fils aîné & son presomptif heritier , par Coloman roi & duc d'Esclavonie, & par tous les grands seigneurs & les grands officiers Hongrois : mais elle fut mal executée , comme on voit par les plaintes que le pape en fit l'année suivante au roi André & à Bela son fils.

Les quatre freres mándians enyoyez par le pape suite de la new Gregoire à l'empereur Jean Vatace & au patriarche gociation avec Germain, arriverent en Natolie au commencement ap.Rainald.ani de l'année 1234. lorsque l'on comptoit encore 1233. *** avant Pâques. Il y avoit deux freres Prescheurs , Hugues & Pierre, & deux freres Mineurs, Aimon & Supon.si. Raoul. Ils entrerent à Nicée le dimanche après l'oc- Narrat: ap? táve de l’Epiphanie qui étoit le quinziéme de Janvier, Integra excedi vers le fait:mais avant que d'y entrer , ils rencontrerent plusieurs Grecs envoyez les uns par l'empereur, les autres par le patriarche pour les complimenter, & enfin les cħanoines de la grande église , qui vinrent au-devant d'eux loin de la ville & les y amenerent avec honneur. Les quatre nonces demandoient qu'on les nienât à la grande église pour faire leur priere : mais on les mena dans celle où avoir été celebré le premier concile general l'an 325. & on leur montra Supl.17.n. ro.. les peres qui y avoient afsifté peints sur les murailles. Ensuite après leur avoir fait faire un long circuit dans la ville accompagnez d'un grand clergé & fuivis d'une grande multitude de peuple : on les con-

les Grecs.

1234.6.36.37,

Rain 1233 m.fo Integra ex codit MS.

JAN zaĀ duisit au logement que l'empereur leur avoit fait pre

parer honorablement : où ils trouverent en abondance tous les soulagemens necessaires pour les remettre de leurs fatigues.

Le lendemain lundi le patriarche les fit appeller , & l'aïant trouvé avec lon clergé assemblé, ils le faluerent premierement de la part du pape, puis de la leur, & le remercierent de l'honneur & des graces qu'il leur avoit faites. Puis ils lui presenterent la bulle, dont il baisa le seau, & regardant son clergé, il dit en grec: Pétros Pâulos , pour marquer les têtes des apôtres qui y étoient reprelentées, Ensuite il demanda aux freres, s'ils étoient legats du pape , & s'ils vouloient être honorez comme tels. Ils declarerent que non , & qu'ils n'étoient que de simples nonces ; & considerant ce clergé si nombreux, pour éviter toute surprise , ils ajoûterent, qu'ils n'étoient envoïez qu'au patriarche & non à un concile. Le patriarche declara qu’on devoit un grand respect au moindre nonce du pape : & après plusieurs discours de part & d'autre , son clergé les reconduisit avec honneur à leur logis.

Le lendemain mardi'dix-septiéme de Janvier l'empereur les fit appeller à son palais, & leur donna audiance en presence du patriarche & d'une grande partie du clergé. Après les honnêterez convenables de part & d'autre, les nonces proposerent le sujet de leur voïage, & dirent que le patriarche avoit reçû la bulle où le tout étoit plus amplement expliqué. On leur demanda quels étoient leurs pouvoirs ; ils dirent, qu'on le voïoit par la bulle , & que le pape ratifieroit tout ce qu'ils feroient de bien touchant cette affaire. Entrons donc en mațiere , dirent les Grecs; & après plu

sieurs

.1234

sieurs raisons proposées de part & d'autre pour savoir Ā
qui d'eux ou des Latins commenceroit la dispute , les
nonces dirent : Nous ne sommes pas envoïez pour
difputer avec yous lur quelque article de foi , dont
l'église Romaine soit en doute : mais pour conferer
amiablement sur les points dont vous doutez. C'est
donc à vous à les propoler. Les Grecs répondirent :
Dites vous-mêmes quels ils sont. Les nonces voïant
qu'ils ne cherchoient qu'à gagner du tems, répondi-
rent : Quoi que ce ne soit pas à nous à propoler vos
questions, toutefois pour ne pas perdre inutilement
le tems , voici ce que l'église Romaine admire le plus.
Puisqu'il est certain que l'église Grecque lui a été
autrefois soûmise, comme toutes les autres nations
Chrétiennes : quelle raison a-t-elle euë de se soustrai-
re à son obéissance ? Les Grecs ne voulurent point
répondre à cette question : mais ils prierent les non-
ces de leur dire la cause de la séparation. Les nonces
voïant leurs chicanes, & sachant qu'ils aimoient les
comparaisons, leur proposerent cer exemple : Voilà
un creancier & un débiteur: celui-ci pie la dette; le-
quel des deux doit rendre raison à l'autre de ce que la
dette n'est pas païée ? Les Grecs confondus par cet-
te comparaison, répondirent après en avoir déliberé:.
Nous disons qu'il y a deux causes de la séparation ;
l'une, la Procession du faint Esprit : l'autre, le lacre-
menç de l'autel, Les nonces répondirent : S'il n'y a
point d'autres causes , pourquoi vous êtes-vous sout-
traits à l'obéissance de l'église Romaine? vožons lice
sont des raisons suffisantes. Puis ils ajouterent : Cette
maciere est difficile , & nous ne pourrons la traiter
dignement sans le secours de Dieu. C'est pourquoi
.: Tome XVII.

38.Janv.

AN.1234.

demain nous vaquerons à la priere, & nous celebrerons la messe invocant le faint Esprit , afin qu'il nous découvre la verité de la Procession. Mais comme nous n'avons point d'oratoire , nous prions le seigneur patriarche de nous en alligner un..

Il leur donna une église assez commode près de leur logis; & le lendemain mercredi, comme ils faisoient le service, plusieurs Latins, François, Anglois & d'autres nacions vinrent l'entendre. Après l'office un Latin vint les trouver en pleurant, & disant que son papas Grec l'avoit frapé de censure, parce qu'il avoit affisté à leur messe. Les nonces en furent affligez, & aïant tenu conseil, ils envoïerent d'eux d'entre eux au patriarche, pour le plaindre de cette injure faite à Dieu & à toute son église. Le patriarche vouloir dissimuler la chose : mais voyant que les nonces en * étoient extrêmement offensez, il leur envoža ce papas avec ses confreres, qui le dépoüillerent de ses habics facerdotaux, & le ramenerent ainsi par la ville jusques à la maison du patriarche. Et comme les autres papas protesterent que celui-ci ne l'avoit fait que par Umplicité & non par malice : les nonces ne voulant pas paroître impitoyables dans le commencement de feur negociation, prierenc le patriarche même de lui pardonner...

Par cette raison écant venus le jeudi au palais de

l'empereur pour la copference, ils vouloient com19. Jani'.

mencer par la question du S. Sacrement de l'autel, pour favoir ce que les Grecs croyoient de celui que consacrent les Latins : mais ils infifterent opiniâtrement à commencer par la Proceflion du S. Esprit. On mera donc ainsi en conference. Les Grecs demande

XXX. Conference à Nicée.

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