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rent si les nonces vouloient objecter ou répondre. Les AN 1234. nonces dirent:C'est à vous de proposer vos difficul. 1. Janva tez sur cet article, & à nous d'y satisfaire. Le patriarche dit : Vous les entendrez. Alors le cartophylax, qui étoit comme le tresorier de l'église patriarcale, s'éleva au milieu de l'assemblée & par l'ordre du patriarche & de l'empereur il dit : Croïez-vous qu'il y a un Dieu en trois personnes ? Les nonces répondirent : Nous le croïons. Croïez-vous le Pere non engendré, le Fils seul engendré, le S. Esprit procedant du Pere : Nous le croïons comme vous le dites. Alors le carto: phylax avec une grande simplicité levant les mains au ciel commença à benir Dieu à haute voix, & aïant repeté les mêmes paroles une seconde & une croisiéme fois, vožant que les nonces y faisoient la mêmeré ponse , il ajoûta : Nous ne trouvons ici aucune dispute entre vous & nous : Dieu soit beni de tout. Les nonces dirent : Vous ne trouverez point de differend sur cet articleentre l'église Romaine & la Grecque, nous ne croïons pas que vous en trouviez non plus fur le Sacrement de l'autel; & il n'y a point eu d'autres causes du schisme : C'est donc sans sujet qu'elle s'est foultraite à l'obéissance de l'église Romaine.

Ensuite l'empereur aïant consulté les savans, dit aux nonces : Nous avons ouï que vous dites comme nous : mais le Seigneur patriarche demande si vous ne dites rien de plus. Car nous avons oüi dire que vous avez ájoûté quelque chose au fymbole composé dans le concile par les perès : qui ont défendu fous peine d'anathême d'y ajoûter, ou d'y changer même une fyllabe. Les nouces demanderent que le patriarche leur montrât le symbole écrit. Le patriarche dit :

:· Iij

Sup.liv. XXV1.. 21. Conc. Eph. jar. 3. 1.74 10.3. soni. f. 1167.A.

AN,1234. J

Je vous prie de m'excuser pour aujourd'hui : je suis fatigué & malade : demain, s'il plaît à Dieu, je me porterai mieux, & je vous montrerai ce que j'ai promis,

Ils se séparent ainsi. 20. Janu. Levendredi yingtiéme Janvier après avoir celebre

la messe & le reste de l'office , les nonces vinrent à la

conference , & commencerent par prier le patriarchợ sh: d’acquiter sa promelle. Il ordonna à un de ses fayans

de lire la lettre de S. Cyrille à Jean d'Antioche après leur reconciliation, qui commence : Que les cieux se réjouissent. On y lut ces paroles : Nous parlerons de l'incarnation du Fils de Dieu sans rien ajoûter du tout à l'exposition de foi faite à Nicée. Il est dit ici , dit le lecteur , qu'il ne faut rien ajoûter à la foi de Nicée : pourquoi donc y avez-vous ajoûté ? Les nonces répondirent : S. Cyrille ne dit pas ici que personne ne doit ajoûrer : mais qu'il n'ajoûçera rien. Ainsi le

patriarche ne s'est pas acquitté de la promesse. Les Ibid.ß. iv.d. Grecs voulant prouyer ce qu'ils avoient avancé, lu

rent dans la suite de la lettre : Nous ne permettons à personne d'ébranler en aucune maniere le symbole de Nicée, ni d'y changer une parole. Les nonces répondirent : Nous ne changeons rien au fymbole & ne disons rien de contraire : mais S. Cyrillenedéfend pas d'y ajoûter. Les Grecs leur demanderent: Avezvous ajoûté quelque chose à ce symbole : Les nonces répondirent: Qu'on le lise & vous le saurez. On lut le symbole de CP. & lcs nonces voulant tirer de la

bouche des Grecs la raison de notre addition, diSur. liv. xviii. rent : Le symbole de Nicée avoit été fait devant; &

vous dites qu'il n'y faut rien ajoûter, & que S. Cyrille a défendu d'y rien changer : nous voulons donc

20. Janv.

11.6.

20. Janv,

entendre ce premier symbole. Les Grees resisterent ANT

N.1234. tant qu'ils purent, mais enfin on lur le lymbole de Nicée tout au long , puis celui de CP.

Alors les nonces dirent :S'il est vrai comme vous solltenez, que vos saints ont défendu de rien ajoûter au symbole de Nicée : qui est-ce qui a osé ajoûter ce que le symbole de CP. contient de plus ? Les Grecs craignant de répondre à cette questions s'efforçoient de détourner ailleurs la dispute : mais les nonces les presserent d'autant plus vivement. Enfin après pluTieurs consultations & plusieurs fuites, ils répondirent : cen'est pas une addition, c’eit une explication • de la verité. Les nonces demanderent si cecte explication faisoit que le second symbole fût un autre que le premier. Les Grecs répondirent que non, & que cette explication ne faisoit ni addition , ni changement. Ainsi les noncés tirerent d'eux ce qu'ils prétendoient : pouvant dire de même que le Frcque n'est ni une addition au symbole ni un changeinent, & n'aiant autre chose à prouver, sinon qu'il est vrai au fond que le S. Esprit procede du Fils. Les Grecs continuerent de leur demander ce qu'ils avoient ajoûté au symbole ? Les nonces auroient pû répondre qu'ils n'avoient rien ajoûté, suivant l'explication que les Grecs leur avoient donnée eux-mêmes: toutefois pour plus granTûreté ; ils leur firent certe question : Nous est-il permis de croire ce qui est de necessité de foi ? Les Grecs répondirent: Oui. Et ce qu'il nous est permis de croire, nous est-il permis de l'écrire, de le chanter,

de le prêcher ? Ils en convinrent. Or, ajoûterent les • nonces, c'est une verité de foi que le S. Esprit procede du fils. Prouvez-le , dirent les Grecs. Vos ss. le

1.p.6. E.

0.26.n. 10. 10. 3.

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An.1234. Pro

prouveront, dirent les nonces. Ecoutons S. Cyrille

** dans le premier discours de l'adoration, où il dit:L'ef20. Janu. Desider.infpp. prit n'est aucunement changeant: ou s'il est sujet au

changement, le défaut retombe sur la nature divine: puisqu'il est du Pere & même du Fils, étant une effufion substantielle de l'un & de l'autre. Et dans la let

tre à Neftorius qui commence ainsi : Puisque le SauCon'.Eph.par: yeur dir: Quoi que le S. Esprit ait son hypostase proanc.p-40s Di” pre , & foit connu en lui-même en tant qu'il est El

prit & non pas Fils: toutefois il ne lui est pas étranger.

Car il est nommé l'Esprit de verité,& J. C. est la ve• rité , & il vient de lui par effusion comme Dieu le Pere.

A ces passages les Grecs répondirent, que l'effusion

n'est pas la procession : mais les nonces les refuterent Conc Epkopit: par S. Cyrille même,qui dit dans l'exposition du fym

bole de Nicée : Après avoir parlé de J. C. les bienheureux peres font aussi mention du S. Esprit, & ils disent qu'ils croïent en lui comme au Pere & au Fils . car il leur est consubstantiel , & en est une effusion, c'est-à-dire il en procede. Et S. Athanase à la fin de l'exposition du symbole de Nicée : Le S. Esprit procedant du Pere est toûjours entre les mains du Pere qui l'envoïe & du Fils qui le porte, & par lequel il remplit tour. Ces passages disent clairement que le S. Esprit vient du Fils comme du Pere. Ainsi se termina la conference du vendredi.

Le samedi vingt-uniéme les Grecs remirent la conference après le dîné, parce qu'ils ne jeûnent pas ce jour-là, & ils envoïerent querir les nonces par des officiers de l'empereur. Or les Grecs firent reflexion que le jour precedent les nonces avoient cité plu

36.48.p.1803 A.

10.!.!. 102.cdit. 1698,

21. Janv.

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fieurs passages des peres ; aïane grande quantité de li- Ā vres Grecs qu'ils avoient apportez de CP. c'est pourquoi ils concerterent de les surprendre par de pecites 21. Janv. questions & des disputes de mots. Ils firent donc paroître dans l'assemblée un de leurs philosophes, qui après un grand préambule s'adressant aux nonces leur dit : Nous savons que vous êtes des hommes saints & savans, & que vous aimez la paix & la verité ; or il n'y a point de catholique qui ait honte de confesser la foi. Dites-nous donc par qui , quand , où & pour quelle raison vôtre Filioque a été ajoûté au symbole ? Les nonces virent leur finesse, & que ne croyant pas qu'ils puffent répondre à cette question, ils vouloient les confondre devant cette assemblée. Ils retorquerent donc laquestion contre les Grecs & leur dirent : Vous avez dit & fort bien, qu’un catholique doit confesser publiquement ce qu'if croit. Vous devez donc nous dire si vous croïez que le S. Esprit ne procede pas du Fils. Ils répondirent : Nous ne croyons pas qu'il procede du Fils. Ce n'est pas-là, dirent les nonces, ce que nous demandons : mais si vous eroïez & fi vous dites qu'il ne procede pas du Fils.

Les Grecs ne voulurent point l'avouer précisement: mais ils presserent les nonces de répondre à leur question. Ceux-ci voyant qu'il étoit nuit', ne croyoient pas devoir entamer une fi grande matiere: mais les Grecs presserent, & firent allumer dans le palais des Aambeaux de cire & des lampes. Les nonces ainfi pressez répondirent : Vörre premiere question est de fävoir qui a fait cette addition : Nous disons que c'est J.C.Où ? Dans l'évangile,lorsqu'il a dit: Quand l'Esprit de verité fera venu, il vous enseignera 'toute J-1V1.

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