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creance: nous vous parlerons à cæur ouvert. Nous An.1234 savons que vous avez mauvaise opinion de notre sa

26. Aurile crement en azymes, premierement par vos écrits, qui sont pleins de cette heresie; & c'est de peur de la découvrir que vous n'osez répondre-à notre question. De plus vos actions le prouvent : vous lavez vos autels, quand les Latins y ont celebré ; quand les Latins viennent pour recevoir vos sacremens, vous leur faites abjurer ceux de l'église Romaine: vous avez ôté le pape de vos dyptiques, & nous savons que vous n'en õtez que des excommuniez ou des heretiques : enfin vous l'excommuniez une fois l'an, comme nous ont rapporté ceux qui l'ont oüi. · Le cartophylax de CP. fe leva au milieu du concile , & dit: Ce que vous dites que nous excommunions le pape, est faux; quiconque le dit, qu'il sorte, ou il s'en trouvera mal. Pour le reste de ce que nous faisons , ne vous en étonnez pas ; vos Latins quand ils prirent CP. briserent les églises , renverserent les autels, emporterent l'or & l'argent, jetterent les reli- 207.7. ques dans la mer , foulerent aux piez les images des saints, & changerent les églises en étables. Le patriarche ajoûta : Si vous yous étonnez pourquoi nous avons ôté le pape de nos dyptiques , je vous demande pourquoi il m'a ôté des siennes. Les nonces répondirent : Le pape ne vous a jamais ôté de ses dy priques, parce que vous n'y avez jamais été; mais si vous vous inforniez de ce qui regarde vos predecesseurs, vous verrez si c'est le pape qui vous en a ôté le premier. A quoi on ne repliqua rien. Quant aux violences que vous impurez à l'église Romaine, elle n'y a aucune part. Si elles ont été commises, c'est par des laïques

S::! lire

An.1234. pe

a pecheurs excommuniez ; mais ce que nous vous re

prochons, vous le témoignez vous-mêmes par vos discours & par vos actions; ce sont vos prélats qui le font & qui l'enseignent ; & comme nous ne vožons aucune volonté de vous corriger', nous nous en retournons à celui qui nous a envoïez. Aïant ainsi parlé, ils sortirent du concile.

Le même jour après dîné les nonces allerent trouver l'empereur & lui raconterent fidelement tout ce qui s'étoit passé; puis ils lui demanderent une escorte jusques hors de les terres. L'empereur Vatace, comme adroit & politique , commença à excuser les Grecs & å promettre qu'ils le corrigeroient, ajoûtant que li la conference se fût tenuë devant lui on n'en fût pas yenu aux injures. Mais, continua-e-il, je ne veux pas que yous vous separiez ainsi mécontens les uns des autres. Je veux vous entendre & eux aussi sur votre question, & quand vous aurez terminé l'affaire amiablement vous yous en retournerez. Voilà mes galeres prêtes pour vous mener en Poüille , & mes ambassadeurs que j'envoïerai avec vous au pape; car je veux l'honorer comme il convient & lui faire des prelens, afin qu'il me tienne pour son ami & Ion fils. ,

Les nonces répondirent: Seigneur , nous ne voulons pas vous celer la verité. Vous ne vous rendrez pas agréable au pape par vos presens, mais quand vous lui serez agréable par l'unité de la foi, alors vos presens le seront austi. Sans cela il ne vous recevra jamais pour ami ni pour fils, ni nous n'oferions lui prelenter vos ambassadeurs; au contraire nous serions obligez de nous opposer à eux. Alors l'empereur mon

trant

Suite du concilc.

trant un visage triste, leur dit : J'ai vû que Manuel, AN.1234. Theodore & plusieurs autres empereurs étoient en 26. Aurile liaison d'amitié avec le pape durant le schisme. Et comme les nonces lui déclarerent qu'ils ne se chargeroient pas de ses envożez , sinon Tous esperance de paix , il ajoûta : Je ne les envoïerai donc pas ; car je ne veux exposer aux ennemis , ni mes gens, ni mes vaisseaux. Lę schisme a déja duré près de trois cens ans , il ne peut être ôté en si peu de tems. Attendez, je parlerai demain aux prélats & les prierai de répondre à votre question. Alors les nonces se retirerent. Les trois cens ans de schisme que compre ici l'empereur remontent vers le milieu du dixiéme siècle entre Photius & Michel Cerularius.

Le jeudi vingt-septiéme d'Avril au soir l'empereur XXXVII, & le patriarche envoïerent prier les nonces de se trouver le lendemain au palais. Ils s'y rendirent donc le vendredi matin , & y trouverent le concile assem- 28. Avril. blé. Le patriarche après avoir consulté avec l'empereur & les autres prélats, dit aux nonces : Nous répondrons à vôtre queition; puis l'archevêque de Samastro commença ainsi : Vous demandez si on peut consacrer le corps de J. C. en pain azyme, & nous répondons que non. Les nonces demanderent s'il vouloit dire qu'on ne le pût de droit, ou qu'il fût impossible ablolument. Il répondit: Absolunient. Car nous favons que le Seigneur l'a fait en painlevé, & l'a enseigné de même aux apôtres. Surquoi il cita le passage de S. Paul '. *.x2: aux Corinthiens, & ajoûta : Saint Pierre & les autres apôtres l'ont enseigné aux quatre églises patriarcales, comme ils l'avoient appris du Seigneur. S. Pierre à l'église d'Antioche , S. Jean l'évangeliste aux églises Готе ХVІІ.

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An. 1234. 4

d'Asie, S. André à celles d'Achaïe, S. Jacques à celle

de Jerusalem. Saint Pierre l'a enseigné à faint Cle- 28. Avril.

ment; & il a ainsi été pratiqué d'abord dans l'église Romaine à ce que nous croïons. C'est pourquoi nous disons, qu'on ne peut y employer d'autre matiere que le pain dont J.C. s'est fervi, c'est-à-dire du pain levé. Les nonces demanderent à chacun des prélats en par-. ticulier si c'étoit leur creance : premierement au patriarche de Nicée, c'est-à-dire à Germain patriarche titulaire de CP. puis au patriarche d'Antioche & à tous les autres. Ils répondirent tous l'un après l'autre, qu'ils croyoient ainsi. Les nonces ajoûterent : Nous demandons que vous nous donniez cette creance par écrit. Le patriarche de Nicée répondit:Donnez-nous aussi par écrit que le S. Esprit procede du Fils, & que qui ne le croit pas est en voye de perdition. Les nonces l'accorderent. On donna jusques au lendemain pour

dresser ces écrits , & on se retira. 29. Avril Le samedi vingt-neuviéme d'Avril après le dînéles Vading. 1233 n. nonces furent appellez au concile , & on presenta les

cont, écrits de part & d'autre. Celui des Grecs ne conte: Do 461.

noit que ce qu'ils avoient dit le jour précedent, savoir, le passage de S. Paul & leur prétenduë tradition;à quoi ils ajoûtoient : Nous écrivons ceci en abregé selon la volonté des apocrisiaires, qui n'ont pas la patience d'en entendre davantage. Mais si on nous demande des aucoritez & des preuves , nous les donnerons plus au long de l'ancien & du nouveau Testament. Fait au mois d'Avril, indiction septiéme , & souscrit par moi carthophylax de la sainte église de CP. suivant l'ordre du patriarche universel, de celui d'Antioche & des autres prélars qui étoient presens. C'est le patriarche de

15 to. XI. conc.

1 2 34.

CP.qu'il nomme universel. Certe profession de foi des Ā Grecs fur luë dans le concile, puis donnée aux nonces, qui firent ensuite la leur touchant la Procession du S. Esprit. Elle étoit beaucoup plus ample & commençoit ainsi : Le pere eft Dieu parfait en soi-même': le

Vading.n 6 to. Fils est Dieu parfait engendré du Pere: le S. Esprit et com.c.7.316. est Dieu parfait procedant du Pere & du Fils. Or il procede du Fils immediatement, & du Pere par le moïen du Fils ; car le Fils cient du Pere que le S. Efprit procede de lui. C'est pourquoi quiconque ne croic pas que le S. Esprit procede du Fils est en voic de perdition. La premiere autorité qu'ils apportent est celle du symbole attribué à S. Athanase, qu'ils disent avoir été composé en latin par ce S. docteur , pendant son exil en occident. Mais j'ai marqué en son lieu qu’on Sw.lit.XIX.n. attribuë ce symbule à Virgile de Thapse avec plus de 8 vrai-semblance Les nonces rapportent ensuite l'expofition de foi que S. Gregoire Thaumaturge receut par revelation; puis ils citent S. Gregoire de Nysse, S. Ambroise , S. Augustin, S. Jerôme, & enfin S. Cy- suf. liv. VI. . rille d'Alexandrie : particulierement le neuviéme de 130 ses douze anathêmes approuvez au concile d'Ephese. Sur.liv. xxv.n. Cette profession de foi fut souscrite par les quatre 22. apocriliaires du pape , Rodolphe & Aimon de l'ordre des freres Mineurs, Hugues & Pierre de l'ordre des Prescheurs. Aimon s'y nomme Ammonius accommodant son nom à la grecque. Ils donnerent cet écrit aux asp.o X1. conc. Grecs en leur langue, & nous l'avons des deux ma- p.8338. nieres en latin & en grec..

Les nonces dirent ensuite : Vous nous avez donné XXXVII. vôtre écrit, qui contient une heresie. Mais comme azymes. c'est la défense de l'erreur qui fait l'heretique, nous

Question des

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