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ment d'admiration et d'intérêt plus vif encore que toute l'émotion causée par son génie. On se dit que ses grandes comédies sont décidément un divertissement moral ; qu'il serait à souhaiter que nos spectacles n'offrissent jamais aux passions populaires que des œuvres de cette nature, sinon de ce mérite; et qu'après tout il y aurait avantage à ce que notre peuple allât souvent au théâtre de Molière.

Mais Molière peut sur plus d'un point, et par plus d'une comédie , inspirer des sentiments immoraux, au point que son théâtre ne soit plus, pour beaucoup de gens, une distraction, mais une corruption.

Il y a une chose triste dans notre république. On s'occupe du peuple pour ce qui est de son bien-être matériel ; on s'occupe de lui pour ce qui est de son instruction littéraire; mais on ne s'occupe pas assez de son perfectionnement moral. On s'imagine trop facilement qu'il suffit de savoir lire pour savoir juger, et de savoir juger ce qui est bien pour pouvoir le pratiquer. La morale est belle en théorie, mais pénible en action. Il y faut une autorité et une discipline que, quoi qu'on dise, la religion seule peut fournir.

Je me souviens d'avoir entendu critiquer vivement un académicien pour ce qu'on appelait sa théorie des deux morales : c'était une mauvaise querelle. Sans doute, la morale est absolument une en principes ; mais en pratique, elle n'est pas seulement double, elle est comme infinie, parce qu'elle est personnelle. C'est de l'instruction et de l'énergie morale de chacun que dépend pour lui l'usage de ce qui est bien ou mal : nous ne laissons point nos enfants boire à leur soif le vin que nous buvons, et nous interdisons à nos adolescents les livres que nous lisons. Il en est de même du théâtre. Ab! si le peuple était instruit moralement d'une manière suffisante; si chaque homme dans son coeur portait, avec la volonté de bien faire, une connaissance assez nette de ce qui est bien ou mal pour rester maître de son jugement au milieu du plaisir , et discerner avec calme ce qu'il doit fuir ou imiter ; s'il avait depuis l'enfance une habitude constante et forte de l'honnête, alors on dirait avec confiance au peuple : Allez au théâtre de Molière.

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Mais il est à craindre que, longtemps encore,

le théâtre de Molière, pour le peuple, ne soit le vin pur pour les enfants.

FIN.

ERRATA.

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Page 8, note 1, au lieu de : act. I, sc. I, lisez : act. III, SC. II.
Page 18, note 1, ligne 6, au lieu de : M. Jourdain, lisez : Mme Jourdain.
Page 53, ligne dernière, au lieu de : et, lisez : et à.
Page 55, lignes 12 et 13, au lieu de : pourtant, jusqu'à , lisez : pour-

tant jusqu'à. Page 88, ligne 16 : Limousin. Note omise : Quoique la comtesse d'Es

carbagnas (d'Escars, Bagnac) habite Angoulême, son nom même et la tradition attestent que Molière en faisait une compatriote de

M. de Pourceaugnac. Page 95, ligne 14, au lieu de : linges, lisez : linge. Page 126, ligne 14, au lieu de : noblesse, lisez : noblesse d'âme. Page 129, ligne 8, au lieu de : Eternel, lisez : éternel. Page 143, lignes 2 et 3, au lieu de : Diafoirus, ne, lisez : Diafoirus ne. Page 212, ligne 9, au lieu de : du, lisez : de notre. Page 215, ligne 4, au lieu de : vaniteux, ou, lisez : vaniteux : ou. Page 242, ligne 17, au lieu de : vingt après, lisez : vingt ans après. Page 263, ligne 1, au lieu de : distraction suffisante, et, lisez : dis

traction , et.

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De la Religion. Principe et sanction de la Morale de Molière. . 217

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