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gardée comme une des sources de la prodigieuse supériorité que “ ces deux nations ont acquise dans le commerce sur toutes les “ autres puissances. M. de Gournay trouvoit sans cesse dans la “ pratique d'un commerce étendu la vérification de ces principes

simples et lumineux, il se les rendoit propres sans prévoir qu'il “ étoit destiné à en repandre un jour la lumière en France, et à mé. “ riter de sa patrie le même tribut de reconnoissance, que l'Angle

terre et la Hollande rendent à la mémoire de ces deux bienfaiteurs “ de leur nation et de l'humanité.”—(pp. 324, 325.)

“ M. de Gournay, après avoir quitté l'Espagne, prit la resolution

d’employer quelques années à voyager dans les différentes parties “ de l'Europe, soit pour augmenter ses connoissances, soit pour “ étendre ses correspondances et former des liaisons avantageuses

pour le commerce, qu'il se proposoit de continuer. Il voyagea " à Hambourg; il parcourut la Hollande et l'Angleterre; partout “ il faisoit des observations et rassembloit des mémoires sur l'etat du

commerce et de la marine, et sur les principes d'administration adoptés par ces différentes nations relativement à ces grands ob

jets. Il entretenoit pendant ses voyages une correspondance “ suivie avec M. de Maurepas, auquel il faisoit part des lumières “ qu'il recueilloit.”-(pp. 325, 326.)

“ M. de Gournay acheta, en 1749, une charge de conseiller au

grand conseil ; et une place d'intendant du commerce etant venue " à vâquer au commencement de 1751, M. de Machault, à qui le “ mérite de M. de Gournay etoit très-connu, la lui fit donner. « C'est de ce moment que la vie de M. de Gournay devint celle “ d'un homme public: son entrée au Bureau du commerce parut “ être l'epoque d'une révolution. M. de Gournay, dans une pra

tique de vingt ans du commerce le plus étendu et le plus varié, dans la fréquentation des plus habiles négocians de Hollande et d'Angleterre, dans la lecture des auteurs les plus estimés de ces deux « nations, dans l'observation attentive des causes de leur étonnante

prospérité, s'êtoit fait des principes qui parurent nouveaux à quel

ques-uns des magistrats qui composoient le Bureau du Commerce.. -(pp. 327, 328.)

“ M. de Gournay n'ignoroit pas que plusieurs des abus auxquels. “ il s'opposoit, avoient été autrefois établis dans une grande partie “ de l'Europe, et qu'il en restoit même encore des vestiges en An• M. de Gournay avoit fait et vu faire, pendant vingt ans, le plus « grand commerce de l'univers sans avoir eu occasion d'apprendre “ autrement que par les livres l'existence de toutes ces loix aux

gleterre; mais il savoit aussi que le gouvernement Anglois en “ avoit détruit une partie ; que s'il en restoit encore quelques-unes, “ bien loin de les adopter comme des établissemens utiles, il cher“ choit à les restreindre, à les empêcher de s'étendre, et ne les “ toléroit encore, que parceque la constitution républicaine met “ quelquefois des obstacles à la réformation de certains abus, lorsque “ ces abus ne peuvent être corrigés que par une autorité dont l'ex“ ercice le plus avantageux au peuple excite toujours sa défiance. “ Il savoit enfin que depuis un siècle toutes les personnes éclairées, soit en Hollande, soit en Angleterre, regardoient ces abus comme des restes de la barbarie Gothique et de la foiblesse de tous les gouverne

mens qui n'avoient ni connu l'importance de la liberté publique, ni su la protéger des invasions de l'esprit monopoleur et de l'intérêt

particulier *

* Some of these liberal principles found their way into France before the end of the 17th century.-See a very curious book entitled, Le Détail de la France sous le Regne Present. The first edition (which I have never met with), appeared in 1698 or 1699; the second was printed in 1707. Both editions are anonymous ; but the author is well known to have been M. de Bois-Guilbert; to whom Voltaire

quelles il voyoit attacher tant d'importance, et il ne croyoit point “ alors qu'on le prendroit pour un novateur et un homme d systèmes, “ lorsqu' il ne feroit que développer les principes que l'experience « lui avoit enseignés, et qu'il voyoit universellement reconnus par “ les négocians les plus éclairés avec lesquels il vivoit.

« Ces principes, qu'on qualifioit de systéme nouveau, ne lui pa« roissoient

que les maximes du plus simple bon sens. Tout ce “ prétendu systême êtoit appuyé sur cette maxime, qu'en general

has also (erroneously) ascribed the Projet d'une dizme Royale, published in the name of the Maréchal de Vauban. (See the Ephémérides du Citoyen for the year 1769, Tome IX. pp. 12, 13.)

The fortunate expression, laissez nous faire, which an old merchant (Le Gendre) is said to have used in a conversation with Colbert; and the still more significant maxim of the Marquis d'Argenson, pas trop gouverner, are indebted chiefly for that prover. bial celebrity which they have now acquired, to the accidental lustre reflected upon them by the discussions of more modern times. They must, at the same time, be allowed to evince in their authors, a clear perception of the importance of a problem, which Mr Burke has somewhere pronounced to be one of the finest in legislation ;-to ascer. tain, what the state ought to take upon itself to direct by the public wisdom; and what " it ought to leave, with as little interference as possible, to individual discretion.The solution of this problem, in some of its most interesting cases, may be regarded as one of the principal objects of Mr Smith's Inquiry; and, among the many happy changes which that work has gradually produced in prevailing opinions, none is, perhaps, of greater consequence, than its powerful effect in discrediting that empiri. cal spirit of tampering Regulation, which the multitude is so apt to mistake for the provident sagacity of political experience.

« tout homme connoit mieux son propre intérêt qu'un autre homme « à qui cet intérêt est entièrement indifférent *.

“ De là M. de Gournay concluoit, que lorsque l'intérêt des “ particuliers est précisément le même que l'intérêt general, ce “ qu'on peut faire de mieux est de laisser chaque homme libre “ de faire ce qu'il veut. Or il trouvoit impossible que dans le com“ merce abandonné à lui-meme, l'intérêt particulier ne concourût

pas avec l'intérêt général."-(pp. 334, 335, 336.)

In mentioning M. de Gournay's opinion on the subject of taxa. tion, M. Turgot does not take any notice of the source from which he derived it. But on this head (whatever may be thought of the justness of that opinion) there can be no doubt among those who are acquainted with the writings of Locke and of Vanderlint.

« Il “ pensoit” (says Turgot) “ que tous les impôts, sont en derniere “ analyse, toujours payés par le propriétaire, qui vend d'autant moins “ les produits de sa terre, et que si tous les impôts étoient répartis

sur les fonds, les propriétaires et le royaume y gagneroient tout “ce qu' absorbent les fraix de régie, toute la consommation ou l'em

ploi stérile des hommes perdus, soit à percevoir les impôts, soit à “ faire la contrebande, soit à l'empecher, sans compter la prodi

gieuse augmentation des richesses et des valeurs résultantes de “ l'augmentation du commerce.”—(p. 350, 351.)

* I have endeavoured, in a former work, to vindicate, upon the very same prin. ciple, some of Mr Smith's political speculations against the charge of being founded rather on theory than on actual experience. I was not aware, till very lately, that this view of the subject had been sanctioned by such high authorities as M. de Gournay and M. Turgot. -See Philosophy of the Human Mind, pp. 254, 255, 256, 3d edit..

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In a note upon this passage by the Editor, this project of a territorial tax, together with that of a free trade, are mentioned among the most important points in which Gournay and Quesnay agreed perfectly together *: and it is not a little curious, that the same two doctrines should have been combined together as parts of the same system, in the Treatise of Vanderlint, published alınost twenty years before t.

It does not appear from Turgot's account of M. de Gournay, that

any of his original works were ever published'; nor have I heard that he was known even in the capacity of a translator, prior to 1752. « Il eut le bonheur” (says M. Turgot) « de rencontrer “ dans M. Trudaine, le même amour de la vérité et du bien public “ qui l'animoit; comme il n'avoit encore développé ses principes

que par occasion, dans la discussion des affaires ou dans la con“ versation, M. Trudaine l'engagea à donner comme une espèce de

corps de sa doctrine; et c'est dans cette vue qu'il a traduit, en “ 1752, les traités sur le commerce et sur l'intérêt de l'argent, de “ Josias Child et de Thomas Culpepper.”—(p. 354.) I quote this passage, because it enables me to correct an inaccuracy in point of dates, which has escaped the learned and ingenious writer to whom we are indebted for the first complete edition which has yet appeared of Turgot's works. After dividing the Economists into two schools,

* Ceci est, avec la liberté du commerce et du travail, un des principaux points sur lesquels M. de Gournay et M. Quesnay ont été complettement d'accord.

+ I have already quoted, from Vanderlint, his opinion about the freedom of trade. His ideas with respect to taxation I shall also state in his own words : “ I can't dis66 miss this head without shewing, that if all the taxes were taken off goods, and levied,

on lands and houses only, the gentlemen would have more nett rent left out of

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