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ment intime de cette opposition et de cette identité, avec le sentiment intime que le toi pense du moi ce que le moi pense du toi. En ce sens,

du toi. En ce sens, la pensée de l'initiateur devient la pensée de l'initié.

PREMIÈRE PARTIE.

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L'IITITIATION 1ATERIELLE.

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« Nos facultés, aussi bien que nos affections so« ciales , dit le sage docteur Reid , se développent de « très bonne heure , et bien avant que nous soyons a capables de raisonner; et cependant elles impliquent « également la conviction qu'il existe d'autres êtres « intelligents. L'enfant qui interroge sa nourrice fait a un acte qui ne suppose pas seulement le désir de « connaitre ce qu'il demande, mais la conviction que « sa nourrice est un être intelligent, qu'il peut lui

« communiquer ses pensées, et qu'elle peut à son tour « lui communiquer les siennes. Comment est-il arrivé « sitôt à cette ferme croyance? Cette question bien « résolue éclairerait la philosophie de l'esprit humain; « elle serait digne d'occuper les philosophes. Mais ni « cette conviction précoce, ni les opérations de l'es« prit qui la supposent n'ont attiré leur attention. »

Comment le jeune enfant arrive-t-il sitôt à cette ferme croyance? — Cette question atteste que Thomas Reid avait senti la nécessité de pénétrer plus avant qu'on ne le fait d'ordinaire sous les voiles de la pensée naissante. Dire que la transformation des vagissements en signes d'appel est notre premier pas d'homme, ne suffisait pas au docteur Reid ; il n'était pas bien loin de reconnaître que l'intelligence naissante a besoin , pour accomplir cette transformation si remarquable, d'une initiation intérieure, d'une initiation qui enseigne à l'enfant ses rapports avec les autres hommes. L'exercice des sens extérieurs chez un enfant qui vient de naître ne commence guère avant le quarantième jour; et cependant il n'est pas rare de voir un enfant sourire à sa mère quelques jours après sa naissance. L'enfant sait sourire à sa mère et la connait avant qu'il ait rien démêlé dans les impressions du dehors encore si consuses, si peu concordantes pour ses faibles organes, avant qu'il sache apprécier les distances, distinguer les figures. La foi du jeune enfant dans l'intelligence de sa mère est bien autrement remarquable que cet instinct qui lui fait

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