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raient été perdus de vue; et néanmoins ces rapports primitifs doivent être nécessairement pris en considération, quand ce ne serait que pour en déterminer le degré d'importance.

Quelle que soit la différence dans le développement des facultés intellectuelles, la conformation extérieure ou la manière d'être des habitans des diverses parties du globe, il serait impossible de les supposer vivant, sur un espace donné de la terre, dans un entier isolement les uns des autres, puisque dans ce cas cette espèce du genre humain s'éteindrait bientôt. Partout les enfans naissent de l'union entre l'homme et la femme, et restent dans leur société, laquelle, réduite à ces proportions, se nomme famille.

La famille étant ainsi la première société possible pour l'homme, il importe d'examiner les rapports qui y existent, avant de procéder à l'étude de ceux qu'il contracte plus tard. Mais comme ils ne sont le produit spontané de la nature intime de la famille, que lorsqu'ils se trouvent en dehors de toute influence extérieure, il s'ensuit que ces rapports ne peuvent être reconnus dans leur pureté que dans la famille normale, c'est-à-dire dans celle dont le chef est indépendant de tout pouvoir supérieur, tâche d'autant plus praticable, que la réa

lité nous offre bien des exemples de ces pères de famille souverains.

Un sentiment de nature particulière et le besoin d'assistance intellectuelle et physique réunissent l'homme et la femme. Ce sentiment peut subir des modifications infinies : tantôt il dépasse en force tout autre mouvement de l'ame, tantôt il n'est qu'une simple sensation sensuelle ; plus il a d'intensité, plus il est exclusif. Mais dès que l'homme ne voit dans la femme que les charmes de l'extérieur ou les services qu'elle peut lui rendre, il lui est naturel d'en désirer plusieurs.

C'est ainsi que la monogamie et la polygamie sont la conséquence du plus ou moins d'empire que ces divers motifs exercent sur les différentes races humaines. Mais il est à observer que le caractère distinctif de l'union conjugale, - qui consiste dans l'unité de toutes les facultés intellectuelles et physiques de l'homme et de la femme, - par lequel elle diffère de l'union purement sensuelle des autres créatures, se perd dans la polygamie (1).

De cette union d'une ou de plusieurs femmes avec l'homme, naissent des êtres dénués de toute

(1) « Die Ehe ist wesentlich Monogamie, weil die Persönlichkeit, die unmittelbare ausschliessende Einzelnheit es ist, welche sich in dies Verhältniss legt und hingiebt, dessen Wahrheit und Innigkeit (die subjective Form der Substantialitat) somit nur aus der gegenseitigen ungetheilten Hingebung dieser Persönlichkeit hervorgeht; diese

ressource , de tout moyen d'existence, et qui périraient infailliblement, si un sentiment profond ne portait les auteurs de leurs jours à leur donner les soins que réclame leur faiblesse. Mais ce n'est pas à la pitié ou à l'humanité seule que l'enfant est redevable de cette assistance qui assure sa vie. Un sentiment plus intime attache les parens à leur progéniture, car il se fait jour dans des cæurs endurcis, où toute autre affection est étouffée dans son germe.

Les premiers élémens de la famille se composant ainsi de l'homme, de la femme et des enfans, nous allons voir de quelle manière ces élémens se combinent entre eux.

S II. – De l'idée du droit personnel.

L'homme se trouve, à sa naissance, comme nous l'avons déjà fait observer, dans un tel état de dénûment et de faiblesse, qu'il est incapable d'entreprendre aucun acte nécessaire à sa conservation; en sorte qu'il lui est impossible de continuer à exister par ses propres moyens. — Il le peut d'autant moins, qu'en naissant au sein d'une famille, qui pour subsister a dû étendre son travail sur tout ce qui l'entoure, il ne trouve plus rien à s'approprier dans son voisinage immédiat. Et pendant sa première enfance il ne peut pas même s'éloigner des auteurs de ses jours, encore moins aller prendre au loin possession de quelque objet. Mais il n'en sent pas non plus la nécessité, ce dont il a besoin lui étant fourni par ses parens.

kommt zu ihrem Rechte, im Andern sich selbst bewusst zu sein nur in sofern das Andere als Person d. i. als atome Einzelnheit in dieser Identität ist. » (Naturrecht v. Hegel. S. 174.) «Das Sittliche der Ehe besteht in dem Bewusstsein dieser Einheit als substantiellen Zweckes, hiemit in der Liebe, dem Zutraun und der Gemeinschaft der ganzen individuellen Existenz. » (Loc. cit. Hegel. S. 169.)

Le père de famille en livrant aux siens les objets et les alimens nécessaires à leur existence, peut vouloir en conserver la propriété. En se transformant par le travail de la nature, ces alimens deviennent partie intégrante du corps de l'enfant, et comme le père de famille n'en a pas cédé la propriété à ce dernier, ils continueront à lui appartenir sous cette rouvelle forme.

Le droit, en subissant cette transformation, prend le nom de droit personnel, signifiant la propriété que l'individu possède au corps même d'un autre individu humain. Pris dans cette nouvelle signification, le droit personnel se distingue de l'autre sens, que nous lui avons vu présenter dans les chapitres précédens, en ce que dans ce dernier cas il n'indique que la propriété de son propre corps, par opposition au droit réel ou à la propriété des objets du dehors, dont du reste il ne diffère pas,

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