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Et je me demande d'abord si les théories des modernes ont beaucoup ajouté aux recherches du père de la science antique. Qu'entend Aristote par une sensibilité d'une certaine espèce ? Est-ce la sensibilité interne du rêve ? Mais alors le somnambulisme se confond avec le sommeil et c'est là votre opinion, partagée comme nous le verrons par votre complaisant lauréat. Je n'aurai pas de peine à vous démontrer, que cette solution n'est qu'un enfantillage risible qui n'explique rien et se trouve démenti par tous les faits. Est-ce la sensibilité externe ordinaire ? Mais alors le somnambolisme ne diffère pas de la veille,surtout lorsque dans quelques cas le somnambule conserve le souvenir. Après avoir cité les opinions de M. Magendie, de l'abbé Richard, de M. Bertrand, de M. Aubin Gauthier, je m'attaque à vos propres idées, et, il faut en convenir, nos dissentiments sont plus profonds sur la question du somnambulisme que sur celle du sommeil. Je vous fais d'abord remarquer un aveu loyal et précieux de votre part : après avoir parlé de la force de l'imagination dans les somnambules, vous dites que c'est ce qui explique, mais n'explique qu'en partie les prodigieuses actions auxquelles ils se livrent. Faire cet aveu, n'est-ce pas reconnaitre implicitement que votre théorie est fausse ou du moins incomplète ? Car enfin, tous les faits que j'ai accumulés

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46 dans le chapitre 3 de la 2e partie et l'observation de Vanhelmont, et celle de Scipion Dupleix, l'exemple si intéressant de l'ecclésiastique de l'Encvelo pédie, l'ouvrage tout entier du docteur Bertrand, les anecdotes qui me sont personnelles, et que j'ai rapportées, celles que j'ai recueillies depuis deux ans après la composition de mon mémoire, s'élevent contre le système que vous avez proposé : pour ne citer que mon travail, on y lit :

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« Ne faudra-t-il pas reconnaitre qu'il y a en eur « une sensibilité d'une certaine espèce pour parler « avec Aristote, qui les met réellement en relation « avec les objets extérieurs ? et c'est là, la dille « rence fondamentale qui distingue le sommeil du « somnambulisme. Dans le sommeil profond toute a sensibilité externe est assoupie. Dans le som« nambulisme au contraire à son suprême degré. « il existe une sensibilité qui met le somnambule « en rapport avec l'extériorité, mais est-ce une « sensibilité ordinaire ? s'exerce-t-elle comme pen« dant la veille? est-ce au moyen des mèmes orga « nes ? voyons les fails. Car il n'y a qu'eux qui « puissent nous guider. Il résulte de beaucoup de « relations, que pendant l'obscurité de la nuit. « alors même que des gens éveillés ne distinguent « rien, les somnambules y voient assez pour lire. « pour écrire et se livrer à leurs occupations ha.« bituelles. Il y a aussi à ce sujet le fait capital

Imprimerie de L.. MABTINET, rue Mignon, 3.

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« cité par l'Encyclopédie de ce somnambule ecclé<< siastique qui continuait à écrire même quand on « interposait un carton entre ses yeux et le papier.

Si ces observations sont vraies, il faut en con« clure que ce n'est point avec la sensibilité ordi« naire de l'état de veille que les somnambules « agissent, mais bien par une autre sensibilité. « Les physiologistes ont beau crier à l'impossibi«lité, ils ont beau dire qu'ils ne conçoivent pas « comment cela peut se faire. Sans doute, à l'état « ordinaire la relation avec le monde extérieur

s'opère par les organes des sens et selon des lois << connues,

mais il s'agit ici d'un état anormal. Et « que savent-ils si le somnambulisme n'a pas pour « effet de produire en nous comme un sixième « sens? Si, en un mot, les rapports avec les ob« jets extérieurs ne peuvent pas avoir lieu alors « par des moyens inconnus jusqu'à présent et qui « le seront peut-être toujours ? Si on tient pour «constants les faits de somnambulisme que nous « avons cités et ceux qu'on trouve dans les auteurs, « on esi bien obligé de reconnaître que les théo« ries ordinaires sur la force de l'imagination chez « les somnambules, sur une sensibilité plus ex« quise, mais par les moyens ordinaires sont in« suffisantes et sont inconciliables avec les obser« vations. Nous disons : si on tient les faits pour « constants, car si on les nie, tout est dit, le som

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« nambulisme n'est plus qu'un rève en action et a la théorie que nous avons donnée du sommeil « s'y applique de tous points. Mais si on admet la « vérité des faits rapportés, le somnambulisme « pourra se définir : un état particulier de l'homme « qui se distingue de la veille en ce que les rap« ports avec le njonde extérieur ont lieu par des « moyens inconnus et différents, qui se distingue « du sommeil en ce que, pendant ce dernier toute « relation cesse avec les objets environnanks. « On peut choisir à volonté entre ces deux solu « lions , et nous avons dù les donner toutes den, « avouant que les observations, peut-être, ne sont « pas assez concluantes. Lorsque les faits sont mal « décrits, il est clair que les théories qui n'en sont « que l'explication doivent être nécessairement « incomplètes ou erronées. »

Dans le délai qui sépare l'envoi de mon ble moire et le jour où je vous écris, c'est-à-dire el viron un an et demi, je me suis livré sur ce suje! à un bon nombre d'observations qui ne me laissent plus aucun doute. J'affirme en toute sécurite que les somnambules ont des moyens autres que la sensibilité ordinaire pour communiquer avec le tériorité et que ces moyens diffèrent de la sens? bilité interne du rêve, mise en jeu le plus souvent par la mémoire et l'imagination. J'affirme notar ment que les somnambules ne sont pas arrétes par

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TIerie de l.. MARTINET, rile Mignon, ?

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les obstacles imprévus et qu'ils les évitent avec une grande dextérité, aussi bien que ceux qu'ils connaissent. Et en vérité, n'y a-t-il pas puérilité dans ceux qui soutiennent l'opinion contraire, car M. le docteur Bertrand fait observer, avec une remarquable droiture à mon avis, qu'il n'y a peutêtre pas une seule des promenades nocturnes des somnambules, si elle se prolonge un peu, et si elle a lieu au dehors où ne se rencontre un obsta cle quelconque ignoré de ceux-ci, et que leur mémoire ou leur imagination ne peuvent leur représenter. D'ailleurs, je rendrai publiques mes observations et j'aurai soin de vous en faire part. Je tiens à vous convaincre et à vous retirer de l'erreur fatale où vous êtes engagé.

Je m'occupe ensuite de la question de savoir s'il y a conscience et identité personnelle dans le somnambulisme, et mes conclusions sont identiques aux vôtres sur ce point. Je pense, comme vous, que l'amnésie totale n'est pas un des caractères du somnambulisme.

Puis je me pose le problème délicat de ce que devient la libre volonté dans le somnambulisme, et à ce sujet, je cite les criminalistes les plus célèbres depuis les romains jusqu'à nous. Que ne m'adressez-vous le reproche de m'être encore écarté du sujet, en me montrant plus avocat que philosophe. Ce reproche eut été tout aussi juste

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