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. DES PEINES
DES SECONDES NOCES,
Dans lequel on voit de quelle maniere les Peines des se-

condes Nôces sont observées , tant dans les Provinces du
Droit écrit , que dans la France coûtumiere , selon les
Edits & Ordonnances de nos Rois ; & suivant les diffé-
rentes Coûtumes du Royaume, avec la Jurisprudence de
tous les Parlemens sur la même matiere.
Avec une Table alphabétique de toutes les matieres el questions

contenues dans ce Traité. * Par M. PIERRE DUPIN Avocat au Parlement

de Bordeaux.

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A PARIS,
DENIS MOUCHET, à l'entrée de la Grand-

Salle du Palais, à la Justice.
Chez
DURAND, Libraire, rue S. Jacques, à S. Landry

& au Griffon.

M D C C X L II I.
AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU RO 1.

غمخانه غمغمغه خادقدغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمغمه معاقه فبق

PRÉFACE.

I A plupart des Auteurs qui ont écrit touchant Lles Peines des secondes Nộces, ont rempli leurs Préfaces de déclamations, pour exagérer l'intempérance de ceux qui se remarient, & principalement des Veuves, que l'on blâme d'autant plus qu'on leur oppose des exemples pris des femmes idolâtres , qui ont préféré d'ensevelir dans le tombeau de leurs maris leurs premieres affections, à tous les attraits que peuvent offrir de nouveaux feux ; ce qui doit bien faire honte à nos Veuves nourries & élevées dans une Religion qui devroit leur inspirer des sentimens infiniment plus purs; néanmoins il s'en trouve peu, dit-on, qui imitent ce que Virgile, lib. 4. Æneid. fait dire à Didon après la mort de son mari Sichée. Ille meos primus qui me fibi junxit amores

Abstulit , ille habeat fecum, servetque sepulchro. D'autres ont dit que Tertullien a réprouvé les secondes Nôces comme contraires à ce qui caractérise le mariage de notre premier pere, Erunt duo in carne una , non tres, nec quatuor, Adam o Eva unis inter fe Nuptiis defuncti sunt; ce que Tertullien avoit voulu persuader à un ami qui avoit perdu fa femme, pour le détourner d'en prendre une autre, lib. Exhortationis ad castitatem ; & dans le livre suivant de Monogamia, il s'efforce de prouver cette exhortation comme un dogme; mais on a dû s'appercevoir du correctif-qui précede ce livre, où l'on avertit que c'est une erreur contraire à la veritable doctrine : Standum eft nobis ab orthodo-, xorum Patrum fententiâ, nec violentæ Paulinorum verborum interpretationi ullo modo adhærendum ; & plus bas on ajoûte : Scripfit & Tertullianus de Monogamia librum hæreticum , quem Apostolo contra ire nemo qui Apostolum legerit , ignorabit ; il nous suffit en un mot que l'Eglise autorise les feconds mariages : inutile encore d'examiner ici pours. quoi on ne donne point la bénédiction aux secondes Nôces. Toutes ces discussions ne conduisent à rien par rapport aux Loix civiles. Pour moi j'ai envisagé uniquement l'utilité publique; & confiderant que les secondes Nộces sont approuvées, tout ce qui m'a paru nécessaire pour le bien de la justice, c'est d'exposer dans cet ouvrage les différentes peines qui accompagnent les secondes Nôces', afin que chacun puisse être instruit des embarras où il engage sa famille, & où il s'engage luimême, par les contestations toujours inévitables que produisent les différens mariages. On ne manque point d'Auteurs touchant les Peines des secondes Nôces ; mais on peut avancer qu'ils en ont tous

parlé (pour ainsi dire ) à morceaux & par lambeaux. il y a des Auteurs François qui ont fait des recherches plus curieuses qu’utiles, en parlant de ce qui fe pratique en Moscovie , en Allemagne & dans plusieurs autres Etats jusqu'aux Provinces Orientales ; & qui ne disent presque rien sur l'usage du Royaume : d'ailleurs, les Arrêts intervenus dans tous les Parlemens , tant sur l'interprétation des Loix Romaines, que de l'Edit des secondes Nôces. & autres Ordonnances , fe trouvent répandus dans une infinité de livres ; j'ai cru que ce feroit un Quvrage très-utile de les assembler dans un seul volume. Nous voyons que Barry s'applaudit d'avoir composé son Traité des. Successions, de plusieurs Auteurs, où ces matiéres étoient répandues confusément; il dit, qu'il a eu pour principal motif de soulager l'attention des Magistrats, des Jurisconsultes & des Avocats qui fréquentent le Barreau. Je puis dire aujourd'hui que j'ai été animé du même zéle, sans pourtant en vouloir retirer aucune gloire. Je me suis particuliérement attaché aux tex-: tes des Loix, & aux Gloses , pour en pénétrer le · véritable sens ; à concilier les variations qu’on a voulu y trouver, sans faire l'attention nécessaire à la différence des temps où ces Loix ont été promulguées; ensuite j'ai fuivi avec toute l'éxactitude possible la Jurisprudence des Arrêts de tous les Parlemens du Royaume, qui ont jugé presque toutes les questions qui ont été controversées par les an

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