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PLATON. 267 voient dans les lois que les instrumens et les appuis de leur autorité. Quiconque violent leurs décrets, est puni comme injuste par leur législateur, d'après sa justice de convention. Et voilà ce qu'on ose appeler la véritable, l'éternelle justice ! Cette définition est un crime envers les peuples.

Lorsque nous avons recherché les principes de l'autorité parmi les hommes, nous avons reconnu celle des pères sur leurs enfans, des vieux sur les jeunes, des braves sur les làches; nous avons signalé bien des prétentions qui se contrarient, et enfin , ce droit originel que Pindare nomme la justice du plus fort. A qui donc livrer le soin de l'Etat ? Choisissons nous-mêmes; car il est arrivé mille fois

que res intestines pour l'empire ont fini par

l'esclavage. Le plus fort domine , fait de la chose publique sa propriété , et ne laisse pas même une ombre de

pou. voir aux vaincus ni à leurs descendans, comme s'il craignait sans cesse qu'un homme, investi de quelque charge, ne se leyât avec le souvenir des maux de la patrie. Je ne donnerai jamais à cette inquiète surveillance le nom de gouvernement , ni le nom de lois à des actes qui ne seront pas dans l'intérêt du corps en tier des citoyens. Une faction est-elle un gouvernement? des actes illégitimes sont ils des lois ?

les guer

Pour être gouvernés, nous ne confierons l'autorité dans notre République ni à la richesse, ni à aucun autre avantage extérieur, comme la force, la haute taille ou la naissance ; mais celui-là seul qui aura

είη, και νικά ταύτην την νίκην εν τη πόλει , τούτω φαμέν και την των θεών υπηρεσίαν δοτέον είναι την μεγίστην τώ πρώτω, και δευτέραν τω τα δεύτερα κρατούντι» και κατά λόγον ούτω τοις εφεξής τα μετά ταύθ' έκαστα αποδοτέον είναι. Τους δ' άρχοντας λεγομένους νύν, υπηρέτας τοις νόμοις εκάλεσα, ούτι καινοτομίας ονομάτων ένεκα : αλλ' ήγούμαι παντός μάλλον είναι παρά τούτο σωτηρίαν τε πόλει, και τουναντίον. Έν ή μεν γαρ αν αρχόμενος ή και άκυρος νόμος, φθοράν ορώ τη τοιαύτη ετοίμην ούσαν· εν ή δε αν δεσπότης των αρχόντων, οι δε άρχοντες δούλοι του νόμου, σωτηρίαν, και πάνθ', όσα θεοί πόλεσιν έδοσαν , αγαθα γιγνόμενα καθορώ.

DE LEGIBUS , IV.

PRIMI HOMINES.

*ΗΝ ποτέ χρόνος, ότε θεοί μέν ήσαν, θνητά δε γένη ουκ ήν. Επειδή δε και τούτοις χρόνος ήλθεν ειμαρμένος γενέσεως, τυπούσιν αυτά θεοί γής ένδον , εκ γής και πυρός μίξαντες, και των όσα πυρί και γή κεράννυται. Επειδή δ' άγειν αυτά προς φώς έμελλον, προσέταξαν Προμηθεί και Επιμηθεί κοσμήσαί τε και νείμαι δυνάμεις εκάστους ώς πρέπει.

Προμηθέα δε παραιτείται Επιμηθεύς αυτός νεϊμαι : Νείμαντος δε μου , έφη, επίσκεψαι. Και ούτω πείσας,

vaincu tous les autres par sa fidèle obéissance aux lois établies, méritera d'occuper la première place autrefois remplie par les dieux; le meilleur citoyen après lui deviendra le second ministre de leurs lois , et toutes les autres dignités seront ainsi mesurées sur la vertu. J'appelle les magistrats ministres des lois, non pour innover, mais pour faire entendre que c'est de là surtout que dépend le salut ou la ruine des Etats. Lorsque les peuples laissent enchaîner et maitriser la loi, je vois leur perte prochaine ; lorsque la loi commande , et que les maîtres des hommes sont ses esclaves , je vois les dieux faire descendre encore sur les hommes leur force tutélaire, et tous les biens qu'ils prodiguèrent jadis aux nations.

LOIS, LIV. IV.

LES HOMMES DE PROMÉTHÉE.

Les dieux régnaient: aucun des êtres mortels ne vivait encore. Enfin, au temps où le destin marquait leur naissance, les dieux, voulant les former dans le sein de la terre, mêlèrent ensemble de la terre, du feu, et les autres principes du monde. Le jour où ils devaient les conduire à la lumière, ils chargèrent Prométhée et son frère Épiméthée de donnerà chacun de ces êtres nouveaux les attributs et les facultés de sa nature.

O mon frère , dit Epiméthée, laisse-inoi faire ce partage : tu viendras voir si j'ai réussi. Et, de l'aveu νέμει : νέμων δε, τοις μεν ισχύν άνευ τάχους προσήπτε , τους δ' ασθενεστέρους τάχει εκόσμει τους δε ώπλιζε, τοϊς δ' άοπλον διδούς φύσιν, άλλην τιν' αυτοίς εμηχανάτο δύναμιν εις σωτηρίαν· ά μέν γαρ αυτων σμικρότητι ήμπισχε , πτηνόν φυγήν ή κατάγειον οίκησιν ένεμεν· α δε πυξε μεγέθει , τώδε αυτώ αυτά έσωζε. Και τάλλα ούτως επανισών ένεμε· ταύτα δε εμηχανάτο και ευλάβειαν έχων μή τι γένος αϊστωθείη. 'Επειδή δε αυτούς αλληλοφθοριών διαφυγάς. επήρκεσε , προς τας εκ Διός ώρας εύμαρείαν έμηχανάτο , αμφιεννυς αυτά πυκναις τε θριξί και στερούς δέρμασιν, ικανοις μεν αμύναι χειμώνα, δυνατούς δε και καύματα, και εις ευνάς ιούσιν όπως υπάρχοι τα αυτά ταύτα στρωμνή οικεία τε και αυτοφυής εκάστω και υπό πόδων, τα μεν οπλαϊς , τα δε θριξί και δέρμασι στερεοίς και αναίμοις. Τούντεύθεν τροφας άλλοις άλλας εξεπόριζε τοις μεν , εκ γής βοτάνην, άλλοις δε, δένδρων καρπούς, τους δε , ρίζας. "Έστι δ' οίς έδωκεν είναι τροφήν, ζώων άλλων βοράν και τους μεν ολιγογονίαν προσήψε , τοις δ' αναλισκομένοις υπό τούτων πολυγονίαν, σωτηρίαν τω γένει πορίζων. Άτε δή ουν ού πάνυ τοι σοφός ών και Επιμηθεύς, έλαβεν αυτόν καταναλώσας τας δυνάμεις εις τα άλογα λοιπόν δή έτι ακόσμητον αυτώ ήν το των ανθρώπων γένος και ηπόρει και τι χρήσαιτο.

Απορoύντι δε αυτώ έρχεται Προμηθεύς επισκεψόμενος την νομήν. Και ορά τα μεν άλλα ζώα έμμελώς πάντων έχoντα: τον δ' άνθρωπον, γυμνόν τε και ανυπόδητον και άστρωτον και άοπλον. "Ηδη δε και η ειμαρμένη ημέρα

de Prométhée, il donne aux uns la force sans vitesse, il compense chez les autres la faiblesse par l'agilité ; il arme ceux-ci , et réserve à ceux qui n'ont point d'armes quelque autre moyen de salut : les plus petis reçoivent un vol rapide, ou une demeure souterraine ; les plus grands auront leur grandeur même pour se défendre. Ainsi fut réglée la destinée de tous avec une justice égale , et le ministre des dieux prit garde qu'aucune espèce d'animaux ne pût s'anéantir. Mais c'était peu de les avoir préservés d'une destruction mutuelle , il fallait les faire vivre sous le ciel que Jupiter allait leur donner: il les revêtit donc d'un poil épais, d'une peau solide, remparts naturels contre le froid et la chaleur, tissus delicats, toujours prêts à protéger leur sommeil ; et sous leurs pieds, il mit ou une corne impénétrable, ou des soies plus fermes , ou une peau dure et insensible. Des nourritures différentes leur furent assignées, aux uns l'herbe de la terre , aux autres les fruits des arbres, à d'autres des racines, à quelquesuns même la chair et le sang : mais ceux-là multiplièrent peu , et les animaux, leurs victimes, eurent en partage la fécondité, qui pouvait seule conserver leur espèce, Epiméthée , par imprudence, ne s'apercevait pas qu'il épuisait ainsi tous les dons de la nature en faveur des êtres sans raison ; et quand il en fut à pourvoir la race humaine , il ne lui resta rien.

Comme il cherchait encore, Prométhée vint exanimer son ouvrage. Il trouve les animaux habilement partagés ; mais il yoit l'homme nu, abandonné à luimême, les pieds et les mains sans armes. Et cepen

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