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PARIS. — IMPRIMERIE E. CAPIOMONT ET V. RENAUL'I‘

rue des Poitevins, 6.

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6, un nul! SAINTS—PÈRBS. 5

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Dangeau est un nom depuis longtemps en circulation, un de ces personnages à qui on ne demande plus: Qui êtes—vous‘? La noblesse, Dangeau, n'est pas une chi— mère, nous en a laissé l'idée dès l'enfance. Si Boileau avait voulu faire une épigramme, il n'aurait pas choisi autrement son texte; mais, quand Boileau écrivit cette satire ou ce lieu commun sur la Noblesse, il était jeune, il avaitbesoin d'appui et de protection en cour : Dangeau s'offrait, brillant, fastueux , obligeant, bon prince, aimant les lettres, faisant de mauvais vers et goûtant les bons; Boileau le prit sur l'étiquette et le caressa même par son faible; il le traita tout net de grand sei— gneur et d'homme issu d'un sang fécond en demi—dieux .

(1) Publié en entier pour la première fois par MM. Soulîé, Duesienx, de Chennevières, Manlz, de Montaiglon; avec les additions inédites du duc de Saint—Simon, publiées par M. Feuillet de Combes; -— à la librairie de MM. Didot. -— J'ai au sous les yeux les deux premiers volumes, en écrivant ces articles.

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« Les plus satiriques et les plus misanth‘ropes, a remar— qué à ce propos Fontenelle, sont assez maîtres de leur bile pour se ménager adroitement des protecteurs. » Vingt ans plus tard, La Bruyère, qui n'avait pas, il est vrai, besoin de Dangeau, et qui avait pour lui la maison de Condé, n'était pas si facile ni si complaisant ; le por— trait de Pamphile, de l'Homme de cour qui se pique avant tout de l'être et qui se guinde, s'étale et se rengorge avec complaisance, est en grande partie celui de Dangeau. La Bruyère en fait un type de toute l'espèce : « Un Pamphile est plein de lui—même, ne se perd pas de vue, ne sort point de l'idée de sa grandeur, de ses alliances, de sa charge, de sa dignité; il ramasse, pour ainsi dire, toutes ses pièces, s'en enveloppe pour se faire valoir. Il dit : Mon ordre, mon cordon bleu; il l'étàle ou il le cache par ostentation; un Pamphile, en un mot, veut être grand; il croit l'étre, il ne l'est pas, il est d'après un grand. » Puis vientSaint—Simon, qui profite beaucoup duJournal de Dangeau pour établir ses Mémoires, pour en fixer bien des faits et en rajuster des souvenirs, mais qui se moque constamment et de l'œuvre et du personnage; il achève de nous peindre Dangeau en charge, en cari— cature, tant il donne de relief à ses ridicules et tant il efface ses bonnes qualités: « C'était le meilleur homme du monde, dit—il, mais à qui la tête avait tourné d'être seigneur; cela l'avait chamarré de ridicules, et madame de Montespan avait fort plaisamment, mais très—véritablement dit de lui qu'on ne pouvait s'empêcher de l'aimer ni de s'en moquer. Ce fut bien pis après sa charge et ce mariage (avec mademoiselle de Loewenstein) : sa fadeur naturelle , entée sur la bassesse du courtisanet recrépie de l'orgueil du seigneur postiche, fit un composé que combla la grande maîtrise de l'Ortire de Saint—Lazare que le roi lui donna. » Saint-Simon rappelle le mot de La Bruyère et en donne hautement

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