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TYPOGRAPHIE DE I. FIRMIN DIDOT.

MESNIL (EURE ).

DICTIONNAIRE

DE

THÉOLOGIE

A L'USAGE

DES GENS DU MONDE

PAR

M. L'ABBÉ JACQUIN

PARIS

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET CHE

IMPRIMEURS DE L'INSTITUT DE FRANCE

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DICTIONNAIRE

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DE THÉOLOGIE.

poy..paterp

A

ABB

ABB ABBATIAL. ( Liturgie.) Tout ce qui appar. mendare, qui signifie donner en garde. En tient à une abbaye, à l'abbé ou à l'abbesse ; effet, quand un bénéfice était vacant, soit par le pala is abbatial, la dignité abbatiale, etc. l'absence , soit par la mort d'un titulaire, on

ABBAYE. Sous ce mot, en latin abbatia, en confiait l'irdministration à un économe on désigne un monastère dont les habitants jusqu'à ce qu'il fût pourvu d'un pasteur. Cet sont gouvernés par un abbé si ce sont des économe était ou laique, ou évêque, ou simple religieux, ou par une abbesse, si ce sont ecclésiastique. Dès le huitième siècle, on des religieuses qui l'habitent. On se sert aussi commença à donner les évèches et les abde ce mot pour le bénéfice ou les revenus bayes en commende perpétuelle. Voilà ce dont jouit l'abbé ou l'abbesse; enfin il s’ap- qui explique pourquoi on vit des seigneurs plique encore à l'ensemble des bâtiments des laiques prendre le titre d'abbés de certaines tinés au logement et au service des religieux. abbayes; les rois de France Philippe fer,

Dans le principe, les moines nommaient Louis Vii, et ensuite les ducs d'Orléans s'inleurs abbés par élection, et les religieuses titulaient abbes du monastère de Saint-Aileurs abbesses; ce choix recevait ensuite la gnan d'Orléans ; les ducs d'Aquitaine, abbés sanction du pape ou au moins celle de l'ar- de Saint-Hilaire de l'oitiers ; les comtes d'Anchevêque métropolitain. Plus tard les souve- jon, abbés de Saint-Aubin ; les comtes de rains, en vertu des donations qu'ils firent Vermandois , abbés de Saint-Quentin. aux abbayes, s'emparèrent du droit de choisir Les pricurés n'étaient dans l'origine que de les abbés et abbesses, et se le réservérent simples fermes dépendant de l'abbaye. pour les abbayes qu'ils avaient iondées. Dès En France, la plupart des grandes abbayes lors on commença à distinguer les abbayes étaient de fondation royale; telles étaient en règle des abbayes em commende. Les pre- celles de Saint-Denis, de Saint-Germain-desmières , comme celles de Cluny, de Citeaux, Prés, de Corbie, de Chelles. Un assez grand de Prémontré, de Sainte-Claire en France, nombre furent sécularisées, et devinrent des de Fulde en Allemagne, de Saint-Gall eri chapitres ou des collégiales ; de ce nombre Suisse, demeurèrent electives; elles ne relc- furent celles de Vézelay , d'Aurillac, de Saintvaient que du souverain pontife ; et leur chef Victor, de Saint-Sernin de Toulouse. D'all. acquit par là un haut degrċ de puissance, tres furent érigées en évêchés, comme celles qui s'eleva même parfois jusqu'à la souve- de la Rochelle , Luçon , Aleth, Vabres, Casraineté temporelle. Les secondes, placées tries , Tulle , Condom et Pamiers. plus directement sous l'autorité civile et lay- En France, les abbayes de illes étalent que, ne furent guère quc des bénéfices con- toutes électives ; et, quoique dans le siècle sérés par la fateur, des dignités sans charge dernier les abbesses fussent presque toutes et sans devoirs religieux réels. Les abbés nommées par le roi, néanmoins les bulles ponrvus de ces abbayes prirent le nom de qu'elles obtenaient de Rome portaient tou. commendataires, par opposition aux autres jours qu'elles avaient été élues par leur comabbės, qui s'appelaient réguliers. Les abbés munauté. Cette différeuce entre les abbayes commendataires n'étaient donc que des clercs d'hommes et celles de filles venait de ce que séculiers pourvus par le pape d'une abbaye, ces dernières n'avaient pas été comprises avec permission d'en percevoir les fruits du- dans le concordat entre le pape Léon X et rant leur vie.

François Jer. Ce mot de commende vient du latin com- On comptait en France , à la fin du siècle DICT. THÉOL.

1

tro

derni 1x cent vingt-cinq abbayes d'hom- un terme de tendresse et d'amour, et devint mes

amende et quinze abbayes chefs par la suite un nom de dignité et un titre d'or

le congrégation, dont une de filles, d'honneur. Les docteurs juifs prirent ce titre,

tevrault, cent quinze abbayes et un de leurs plus anciens livres, qui contient re

u hommes et deux cent cinquante diverses sentences ou apophthegines de leurs

yes régulières de filles, sans y com- pères, est intitulé Pirke Abbot ou Avoth, prendre les abbayes et chapitres nobles de c'est-à-dire chapitre des Pères. C'est par rapAlles , ainsi que les abbayes réunies à des port à cette affectation que Jésus-Christ, dans collèges, à des hôpitaux et à d'autres pieux saint Matthieu, chap. XXIII, verset 9, dit à ses établissements.

disciples : « N'appelez personne sur la terre L'abbaye, considérée comme bâtime re- votre Père; car vous n'avez qu'un père qui ligieux, ne se distingue par aucun caractère est dans le ciel. » Saint Jérôme se sert de ces tranché d'un monastère quelconque, et son paroles de Jésus-Christ contre les supérieurs église d'une paroisse ou mème d'une cathe- de monastères de son temps qui prenaient le drale. Toutefois on juge facilement par l'é- titre de Père on Abbé. Il dit, expliquant ces tendue et par le nombre des parties distinctes paroles de saint Paul abba pater, dans son qui coinposent la totalité de l'édifice si le commentaire sur l'épitre aux Galates, ch. IV: monastère est un simple couvent ou une Je ne sais par quelle licence le titre de père abbaye, ces dernières ayant généralement ou abbé a été introduit dans les monastères, une étendue assez considérable.

Jésus-Christ ayant défendu expressément que En effet, les abbayes ne renfermaient guère qui que ce soit prit ce nom, parce qu'il n'y a moins de vingt religieux, et le nombre de que Dieu seul qui est notre Père. Mais comme ceux-ci s'élevait souvent jusqu'à près de cent, Jésus-Christ a plutôt condamné la vaine gloire comme à Clairvaux et à Citeaux, en France, des Juifs qui prenaient la qualité de pères à Glocester et à Bury - Saint-Edmond, en que le nom de père, il n'est pas étonnant que Angleterre ; à Fontevrault il y avait cent

les chefs ou supérieurs des monastères l'aient soixante religieuses et soixante religieux. pris dès les premiers établissements de moines. Du temps de Pierre le Vénérable, l'abbaye Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent de Cluny comptait quatre cent soisante re. pas de nous étendre sur toutes les acceptions ligieux. En général, les abbaye de filles du mot abbé et de ses dérivés. Abbé se dit auétaient en France plus peuplées que les ab- jourd'hui en France de toute personne portant bayes d'hommes. Outre les religieux ou re- l'habit ecclésiastique: ce n'est qu'un terme de ligieuses, ces édifices devaient contenir de civilité de la part de ceux qui le donnent. Cenombreux domestiques et les personnes qui pendant il faudrait éviter de le donner à de leur étaient attachées à différents titres. jeunes seminaristes qui n'ont pas encore reçu

Dans la plupart des monastères se trouvait la tonsure. La dignité et les prérogatives un bâtiment séparé destiné à recevoir les d'abbé ont été conservées dans quelques parhotes; il portait différents noms : le pavillon ties de l'Europe , surtout en Autriche et en des biotes, l'hôtellerie ; les réceptions y étaient Italie. toujours gratuites; l'hospitalité y était tou- AERESSE, Abbatissa. (Liturgie.) Religieuse Jours très-large dans les riches monastères, qui était supérieure d'une abbaye. Selon le mais dans les pauvres couvents les hôtes concile de Trente, l'abbesse devait être élue faisaient toujours quelques dons.

par les suffrages secrets des religieuses, reLa maison du portier constituait aussi fré- çus à la grille par le supérieur. Elle devait quemment un bâtiment important et dont l'ar- étre autant que possible du corps du monaschitecture n'était pas sans élégance; c'est ce tère où elle était élue, agée de quarante ou qu'on observe surtout dans les restes des ab- au moins de trente ans, en avoir huit ou au bayes anglaises, à Saint-Alban, à Saint-Au- moins cing de profession. Si elle était du gustin de Cantorbéry, où cette partie du mo- nombre de celles qui se faisaient bénir, elle nastère est flanquée de tours octogones; à devait recevoir la bénédiction dans l'an , sous Evesham, où elle est décorée d'un beau cam- peine de perdre les droits d'élection, et cette panile. Mais l'architecture des abbayes était bénédiction pouvait se faire tous les jours de frop variée, les plans de ces édifices étaient la semaine, à la différence de celle de l'abbé, trop différents pour qu'on puisse leur assigner qui devait se faire un dimanche ou un jour de ime disposition spéciale.

fete. Autrefois cette bénédiction consistait en Auteurs à consulter sur la matière.

une seule oraison qui pouvait se faire à la BONAMIS, Histoire des ordres religieux. grille; mais depuis elle se faisait par l'évêque HELYOT, id. des ordres monastiques. à peu près comme celle des abbés. L'abbesse ALPHABET des Abbayes de France.

avait aussi à peu près les mêmes priviléges RICHARD, Bibliothèque sacrée.

et les mêmes devoirs que ceux de l'abbé, si ABBÉ. (Liturgie.) Ce mot, dérivé du chal. l'on en excepte les fonctions vraiment eccledéen, signifie pere; la racine est hébraïque siastiques et spirituelles, dont elle était inca (ab, père). Les Grecs en ont formé abbas, pable par son sexe. Elle devait aussi gouverterme qui a été conservé par les Latins : c'est ner son monastère, tant pour le spirituel que de la que vient abbé, qui dans l'origine était pour le temporel, selon la règle , instruire ses

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