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Période. - Tandis que le census signale une diminution totale de

6,792 dans 24 départements, le relevé de l'état civil leur attribue un accroissement total de 48,107 âmes et n'indique que pour huit seulement un excédant de décès s'élevant à 19,783. Ici encore, sauf dans les Alpes, ravagées par le choléra en 1854 et 1855, les départements montagneux ont un notable excédant de naissances.

3e Période. - Pour cette période, l'excédant des décès joue, dans la diminution constatée par le census, un rôle plus important que dans les précédentes, et cetexcédant se présente même dans quelques départements montagneux (Puy-de-Dôme, Creuse, Corrèze, Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Jura). Toutefois, la diminution totale par le fait de la mortalité n'est que de 4,597 pour les 24 départements réunis, tandis que le census la porte à 104,668. La différence est évidemment due à l'émigration.

Les renseignements qui précèdent ne s'appliquent, comme nous l'avons dit, qu'aux départements qui perdent habituellement de leur population; ils ne tiennent pas compte de la totalité de ceux qui, de 1851 à 4856, ont vu diminuer accidentellement le nombre de leurs habitants. Il importe cependant, pour reconnaître ce que nous appellerons le caractère réparateur de la période subsequente, de dresser la liste de ceux de ces derniers qui ne figurent pas aux tableaux ci-dessus. Nous la donnons ci-après :

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Diminution

en 1856. Aisne . . . . . . 5,629 Ardèche . . . . .

460 Ardennes. . . . 6,657 Ariége. .

16,215 Aube, ...

4,203 Aude . ...

7,221 Calvados . . .

11,872 Charente . . . . ..

4,083
Côtes-du-Nord.. 11,601
Doubs....... 10,023
Drôme. . . . . . 2,693
Garonne (Haute-)..
Isere . . . . . . 25,893
Jura ....... 17,469
Loire (Haute-), .. 494
Lot. . . . . . . 2,714

Diminution

en 1856. Marne. . . . . .

2,680 Mayenne . . . . . 663 Meurthe . . . . .

27,208 Meuse. . . . . . 23,049 Morbihan. . . . . 496 Moselle. . . , 16,003 Nièvre. . . . . . 1,986 Oise . . . . . .

7,020 Rhin (Bas-). ... 23,598 Saône (Haute-). . . 36,089 Seine-et-Marne. . . 4,375 Somme . . . . . 4,005 Var, . . . . . .

498 Vosges. . . . . . 21,908 Yonne. . . . . . 13,594

Total. ... 311,799

Nous verrons plus loin que, de 1856 à 1861, ces 31 départements ont gagné 140,415 habitants. Si cette période n'a réparé que la moitié environ de leurs pertes de la période précédente, au moins elle a

complétement arrêté, pour tous, le déplacement de dépopulation subit et presque violent qui s'était manifesté cinq années auparavant, sous l'influence de la cherté et des facilités de locomotion offertes par l'extension considérable de notre réseau ferré.

Nous avons vu un grand nombre de nos départements montagneux figurer dans la série de ceux dont les habitants diminuent avec une certaine persistance. Nous en trouvons encore dans la série qui précède (Ardèche, Ariége, Isère, Jura, Loire (Haute-) et Vosges).

C'est surtout depuis dix années que les mobiles qui font descendre dans la plaine les habitants de nos montagnes, ou les décident à aller chercher dans les régions transatlantiques les éléments de fortune rapide qui leur manquent sur le sol natal, se manifestent avec leur plus grande énergie. Les Alpes Hautes et Basses, le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Corrèze, la Creuse, le Gers, le Tarn, la Lozère, les Pyrénées Hautes, Basses et Orientales, la Haute-Vienne, sont devenus, surtout depuis l'ère des chemins de fer, des foyers permanents d'émigration. Il ne faudrait pas s'inquiéter outre mesure du développement de la portion de cette émigration qui ne quitte pas le pays. En mélangeant les fortes et vigoureuses races de nos plateaux les plus élevés avec celles de nos zones chaudes ou tempérées, elle doit avoir pour résultat d'élever le niveau moyen de l'aptitude physique en France.

L'émigration hors de France n'a d'ailleurs qu'une faible importance, et elle est, en outre, en voie de diminution marquée depuis 1857:

1859......

1856......
1857......
1858......

16,722
18,809
13,804

1860.......

Total. ...

9,164 10,090 68,580

La diminution de la population par l'affaiblissement de la fécondité serait plus un juste sujet de regret et même d'inquiétude, si ce triste phénomène n'était circonscrit dans un petit nombre de départements, dont il ne parait pas devoir sortir au moins de longtemps.

Nous avons dit que l'accroissement de la population civile totale, révélé en 1861, avait lieu de surprendre, l'excédant des naissances sur les décès n'ayant pas été de plus de 495,000. Ajoutons que ce chiffre doit être réduit du montant des émigrations connues (68,589), et par conséquent abaissé à 427,026. La différence avec l'augmentation constatée par le recensement ne peut donc s'expliquer que par des omissions en 1856, réparées en 1861, ou par un fort excédant de l'immigration. Malheureusement, nous ne connaissons pas et nous croyons que l'administration n'a aucun moyen de constater le mouvement de cette immigration. Seulement, nous n'hésitons pas à penser, d'après les relevés faits pour Paris seulement, que le nombre des étrangers qui viennent en France pour y jouir de leur fortune ou y porter leur industrie, n'est pas sans importance.

Ce travail serait incomplet si, après avoir signalé les départements chez lesquels les pertes de population semblent prendre un caractère de continuité, nous ne donnions en quelque sorte la contre-partie de cette triste étude, en indiquant ceux chez lesquels se manifeste l'heureux phénomène oppoés

Soixante départements, avons-nous dit au début de ce mémoire, ont vu s'élever le chiffre de leur population en 1856-61. Ils se classent dans l'ordre ci-après, au point de vue de l'importance absolue des accroissements : Accroissement

Accroissement P. 0/0

P. 0/0 absolu. habitants.

absolu. habitants. Seinc. . . . . 226,241 13.43 Vendée . . . . 5,818 1.50 Nord . . . . . 89,831 7.51 Somme . . . . 5,144 0.91 Rhône ... 37,766 6.20 Loiret. . . . . 5,131 1.49 Bouches-du-Rhône 35,5646 7.64 Saône (Haule-). . 4,754 1.53 Gironde . . . . 26,347 4.13 Loire (Haute-). . 4,699 1.57 Pas-de-Calais . 25,784 3.73 Indre-et-Loire . . 4,373 1.38 Seine-et-Oise. . 25,569 5.41. Allier. . . . . 4,266 1.21 Loire-Inférieure 23,741 4.29 Oise . . . . . 3,905 0.99 Seine-loférieure . 19,544 2.56 Loir-et-Cher . . 3,644 1.39 Var (ancien) .. 18,704 5.57

3,263 0.89 Rhin (Haut-) . . 16,512 3.35 Yonne. . . . . 2,376 0.65 Finistère. ... 12,884 2.15 Ardèche .

2,370 0.61 Loire. .. ... 12,467 2.48 Lot . . .

2,124 0.73 Rhin (Bas-).. 12,290

Calvados..

1,956 0.37 Corse. . . . . 12,162 5.10 Aube . . . . . 1,899 0.73 Hérault ..... 10,816 2.77 Isère . . . . . 1,559 0.27 Seine-et-Marne. . 10,673 3.19 Drôme . . . . 1,550 0.48 Aisne. . . . . 10,482 1.90 Maine-et-Loirc.. 1,387 0.27 Marne . . . . 10,059 2.72 Vaucluse. . . . 1,358 0.51 Vosges . . . . 9,900 2.44 Aveyron . . . . 1.345 0.34 Doubs .... 8,197 3.02 Jura . . . . . 1,082 0.37 Morbihan . . . 7,817 1.67 Meuse. . . . . 961 0.32 Côtes-du-Nord . . 7,659 1.23 Ille-et-Vilainc . . 952 0.17 Saône-et-Loire .. 7,260 1.27 Aude. . . . . 853 0.30 Gard . . . . . 6,915 1.67 Landes . . . .

697(1) 0.23 Nièvre . . . . 6,706 2.06 Ariége . . . . 656 0.26 Moselle . . . . 6,556 1.54 Deux-Sèvres . . 634 0.19 Meurthe. .. 6,375 1.54 Garonne (Haute-). 619 0.13 Charente-Inférieure 375 1.37 Charente. . . . 411 0.11 Ardennes . . . 6,297 1.98 Mayeone. . 246 0.07

2.23

(1) Y compris le territoire qui en a été distrait en !857.

2° SÉRIE. T. XXXIII. – 15 février 1862.

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complétement arrêté, pour tous, le déplace 15 a été de 787,765, et presque violent qui s'était manifesté

inces sur les décès l'influence de la cherté et des facilités

31, la différence tension considérable de notre réseau Nous avons vu un grand nombre

dans 34 défigurer dans la série de ceux dont certaine persistance. Nous en trou cède (Ardèche, Ariége, Isère, Jur C'est surtout depuis dix an

P. 0/0

habitants. cendre dans la plaine les ha

6.767 1.45 dent à aller chercher dans le

6.356 1.07 fortune rapide qui leur man

5.803 1.52 leur plus grande énergie. 1

1,932 1.56 le Cantal, la Corrèze, la

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4,614 1.36 depuis l'ère des chemin

Pas-de-Calais.. . 4,515 0.66 ne faudrait pas s'in

1.05 Deux-Sèvres. .. 3,901 1.21

2.29 Vaucluse... . 2,862 tion de cette émigrats

1.09 1. Indre-et-Loire. 2,669 0.85 fortes et vigoureus

3.377 1.63 Charente-Infér. . 2,087 0.45 nos zones chaude

8,061 2.64 Loir-et-Cher... 1,682 0.65 le niveau moyen

-328 2.13Saône-et-Loire.: 592 0.10 L'émigration

7.1711.17 Pyrénées-Orient. 487 0.27 et elle est, er 6.908 1.80 Aveyron .... 329 0.08

104 1.12 08182

seulent total de 663,900, ou de 21,537 en moyenne as Lexcedant des naissances sur les décès n'y ayant pas

de 1851 à 1856, la différence, ou 378,832, est due aux

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2.03

2.94 2.52 1.14 1.77 1.73 1.61

cluse. . .. 5,174 2.02 Eure-et-Loir. . . 2,710 0.93

5,096 1.58 Isère . . . . . 2,592 0.44 4,673 1.19 Dordogne. . . . 2,525 0.50 4,630 1.56 Meurthe. ... 2,525 0.57 4,556 1.78 Seine-Inférieure.. 2,494 0.33 4,493 0.72 Rhin (Haul). .. 3,306 0.48 3,963 1.04 Aisne. . . . . 2,174 0.39 848 0.83 Var. . . . . . 2,107 0.63 22 1.26 Lot. . . . . . 1,940 0.66

} 1.10 Garonne(Haute-). 1,929 0.41 .22 0.90

Ardennes. . . . 1,543 0.48 3.295 1.04 Ain. . . . . . 1,426 0.26 3,449 1.03 Creuze. . . . . 1.408 0.49 3,248 1.24 Lozère. . ... 1,295 0.90 3,164 0.99 Charente-Infér.

383 0.19 3,116 0.53 Saône (Haute-) . . 873 0.25 : : : : : 3,080 0.86

Somme ....

481 0.08 :ie-d'Or. . . . 2,874 0.73 Aude. . . . . 474 0.16 Meuse. . . . . 2,798 0.87 Pyrénées-Orient. . . 215 0.12 Indre-et-Loire . . 2,776 0.89

Le total de l'accroissement est de 407,870, ou de 6,275 par département moyen. L'excédant des naissances par les décès n'ayant été que de 95,043, la différence, ou 312,827, est due aux immigrations.

Les accroissements de population constatés sur les trois derniers dénombrements, et par les excédants des naissances sur les décès dans les mêmes périodes, se résument ainsi qu'il suit : Nombre des Accroissement d'après

Différence

due aux immigrations.

le census, l'excédant des naissances. 1856-61...

787,765
494,184

293,581 1851-56...

31

663,900 285,068 378,832 1846-51...

407,870

95,043 312,827 L'immigration a donc été, par département moyen, de 4,893 de 1856 à 1861, de 12,220 de 1851 à 1856, de 4,812 seulement de 1846 à 1851.

Un premier examen des tableaux de détail qui précèdent conduit à remarquer que ce sont les mêmes départements qui ont le privilège de s'accroître le plus rapidement, bien moins par l'excédant des naissances sur les décès que par la supériorité de l'immigration sur l'émigration. Ainsi, dans les quinze années de la période 1846-1860, la Seine (1), le

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