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causes et les effets plus ou moins graves, puis un simple état résumé des accidents arrivés durant la période 1853-1858. La statistique anglaise ne donne aucun renseignement de cet ordre.

II

Il est à peine besoin de dire, avant d'extraire des trois volumes dont j'ai inscrit les titres en tête de ce travail les chiffres propres à fixer les idées sur son objet essentiel, que je ne puis le faire avec les détails que comportent ces publications, ni avec les mêmes développements pour la France, la Grande-Bretagne et la Belgique. D'une part, il est certainement inutile ici de tenir compte des divisions par départements, comtés ou provinces, qu'y ont respectivement suivies les statisticiens. D'autre part, des trois pays considérés, le nôtre a d'autant plus d'intérêt pour les lecteurs de ce recueil, que le Résumé des travaux statistiques de l'administration des mines ne se trouve point dans le commerce, tandis qu'ils peuvent se procurer à prix d'argent le Mineral statistics; que la période embrassée par notre compte rendu s'arrête au 1er janvier 1860, c'est-à-dire à une année qu'ont rendue mémorable le programme impérial du 5 du même mois et la conclusion du traité de commerce franco-anglais, particulièrement important, comme on sait, pour l'industrie minérale. Ce n'est pas tout encore, et l'étendue de cette revue est mon unique motif, je ne compte absolument m'accuper que de la houille et des métaux usuels, laissant de côté les substances minérales secondaires et les statistiques accessoires, dont je pourrai quelque jour faire l'objet d'études spéciales.

FRANCE.-HOUILLE. — L'administration a pris l'habitude d'inscrire, dans toutes ses publications statistiques, le nombre et l'étendue superficielle totale des concessions de mines; mais ces deux chiffres ne sont, à proprement parler, d'aucune utilité, attendu que la concession ne peut représenter rien de fixe, ni en superficie, ni en richesse minérale, une partie en étant le plus souvent stérile et l'importance du reste ne pouvant, en somme, être réellement appréciée qu'après l'entière exploitation, c'est-à-dire quand toutes les conditions de gisement de la substance minérale sont reconnues. Cette réserve faite, je dirai que 490 concessions de mines de houille, occupant ensemble une superficie de 5,226 kilom. carrés, 88 hectares, se répartissent actuellement entre 16 départements; si j'ajoute que, sur ce nombre, 47 ont été instituées depuis le fer janvier 1854, on sera en droit de conclure, même en tenant compte des quatre renonciations qui ont eu lieu durant la même période, que les plaintes incessantes du comité des houillères françaises

sont en désaccord avec l'apparence d'ardeur qu'offre cette branche de notre industrie minérale. En outre, ainsi que le remarque le ministre dans son rapport à l'Empereur, la production du charbon de terre s'est accrue, de 1852 à 1859, dans la proportion de 10 à 15; mais la consomnmation, qui est bien supérieure, a progressé dans la proportion de 10 à 18 : ce fait seul suffit à la justification de l'application, dans l'espèce, du principe (d'ailleurs absolu) du libre-échange. Quant aux détails de toute nature que le lecteur peut être intéressé à connaître, à un point de vue quelconque, je crois devoir les grouper dans un tableau unique,

– dont une partie servira à fixer définitivement quelques chiffres, nécessairement approximatifs, des dernières années du Résumé général du commerce des combustibles minéraux en France depuis la fin du siècle dernier, que contient mon article Houille du Dictionnaire universel du commerce et de la navigation de M. Guillaurnin.

(Voir ce tableau à la page suivante.)

Comme dans cet article, j'aurai ici à signaler deux cartes statistiques toutes récentes. L'une d'elles est la Carte générale de la production, de la consommation et de la circulation des combustibles minéraux en France pendant l'année 1858, dressée d'après les documents réunis par la direction des mines et annexée au rapport ministériel. Analogue à la carte jointe au dernier Résumé, elle en diffère cependant par une amélioration fort importante au point de vue des indications relatives à la circulation, question capitale, on le sait, pour l'industrie houillère. Cette fort remarquable carte, dont l'impression a peut-être retardé de plus d'un semestre la distribution du volume dont elle fait partie, permet, au moyen d'une ingénieuse combinaison de traits et de couleurs, de lire instantanément le chemin (route de terre, canal ou rivière, chemin de fer) suivi, du lieu de production ou d'importation au lieu de consommation, par les houilles de provenance indigène ou étrangère (belge, anglaise ou prussienne). L'autre carte, dont je dois saisir l'occasion d'entretenir le lecteur, n'est point nouvelle non plus pour ceux qui se trouvent au courant des publications relatives à l'industrie minérale; je veux parler d'une Carte figurative et approximative du mouvement des combustibles minéraux sur les voies d'eau et de fer en France, dressée par M. Minard, pour l'année 1859. Ainsi que dans les travaux semblables que le savant inspecteur général des ponts et chaussées a publiés pour trois des années précédentes, on y trouve l'importance du tonnagehouiller circulant sur une voie de transport quelconque. A ce point de vue, la carte Minard complète la carte administrative, qui ne saurait d'ailleurs fournir cette indication sans perdre tous ses autres avantages.

Sur 74 bassins exploités durant la période considérée dans le Résumé et dont 66 seulement l'ont été simultanément, 14 fournissent ensemble

Salaire total.....

275

282

27.3

Extraction

valeur .........

.....

.

Consommation

303

3000 Nombre de rourensions exploiteen..... . A

30.7H0 l'intérieur ...,

31.387 30. 110

41.888 41.410

40. 47 Nombre d'ouvriers employés a l'exterieur ....

10.173 12.379 18.919 17.411 17.909 18.688 I en totalito...

40.958 46.700 36.323 58.831 89.407 06.038 Nombre des total.......

11.213.901 13.800.802 18.241.830 16.156.908 16.706.10418.318.178 journées moyen..... ...............

602 680

660 L 689 700 697

. l. 21.617.101 32.118.009) 38.831.839 10.836.937) 41.658.908) 39.007.706 "moyen..............

274
296

280
ià molettes, nombre. ...

113
108

07
Machines à vapeur, nombre......
476 534 361 627 676

700
force......

...... chevaux 13.159 | 15.914 | 18.482 1 21.028 | 23.400 | 24.480
Extraction poids...........

..q. m. 59.379.832 68.270.074! 74.530.479 79.237.005) 79 017.567| 73 528.674| 74.825.718||

..f. 59.634.903 74.827.992) 90.687.989/101.973.431| 99.587.800 91.568.874| 94.979.163
Prix de vente du quint. mét., sur le lieu de production. f. 1.005 L 1.096 | 1.217 1.187 L 1 260 l 1.246 L 1.269
Impot spécial................

653.699 68 736.392 39 886.311 59 1.124.274 52/1.319.090 771.303 219 57|
Belgique. .......

........ m. 24.313.400 27.616.800 32.141.717 30.350.858/ 30.217.523/ 32.237.806] 33.438.023||
Grande-Bretagne.....

...q.m

| 6.667.2007.088 3001 8.813 390) 10.574.89512.409.169 13.135.785| 13.958.725||
Importation Provinces rhénanes .. ......q. m. 4.322.900 6.539.500 8.550.027 9.514.440 10.998.603 11.290.886| 10.155.403
Pays divers....

.......q. m. 1.800 3.200 17.0111 29.792 52.736 33.963 21.720
Totale.........

.......4. m. 35.305.300 41.299.800 49.522.145/ 50.699.985) 53.678.031 56.718.4401 57.593.873
Exportation................

........q. m. 461.100 1.002.100 1.115.756 994.956 1.200.933 1.313.770) 1.782.973||
1 Poids.................. ..

''r'........1.

...f. 94.224.052 108.567.774 122.936.868 128.962.034 131.494.665 128.930.314 130.636.618|| A. Valeur au lieu de production...................

..f., 91.470.200 118.861.000 153.891.800 165.657.350/170.747.800 160.373.600
Ja. Prix de vente du quintal métrique...

0.971 | 1.093 | 1.487 | 1.286 | 1.252 | 1.922
B. Valeur au lieu de consommation..... .....f.201.677.900/257.180.900/307.495.600/325.077.150/333.872.400/312.637.200
b. Prix de vente du quintal métrique.............f. 2.146 2.384 12.403 2.538 2.536 2.425
Différence entre les prix a et b.........

1.175 L 1.291 1.216

1.252 1.284 L 1.203
valeurs A et B............ ..f. 110.207.700 138.319.900 151.603.800/160.019.800|163.124.600 152.263.600

(poids..........
Houille

864.891 1.068.900 1.367.152 1.058.427 1.225.558 1.138.973 prix moyen.............. ...1. 0.90

0.99

1.05 1
crue.

1.22

1.24 | 1.27 (valeur..........

775.145 1.065.817 1.437.524 1.296.140 1.522.827 1.447.964 Houille ( poids en houille.........

. m. 10.816.778 12.818.824) 14.489.600 16.392.990] 17.105.844| 14.130.610) prix moyen du coke.....

2.55 I 2.78 2.98 3.021 3.17 3 .11 ..f.) 13.849.236 17.816.909| 21.611.500 24.734.495/ 27.086.693) 21.938.127)

..q.m. 11.711.669 13.887.72413.856.752 17.450.717| 18.331.402 15.269.583) i valeur......

14 624.681 18.882,726 23.019.024 26.030.633 28.609.520 23.386.091 Homille (poids...............

...q. m. 8.243.292 9.331.880 9.943.573 11.012 331| 10.270.069/ 9.263.180 } prix moyen.........

1.56 1.66

1.83 1.83 1.95 crue.

1.79 le I valeur. .............

12.881.197 15.522.517) 18.279.471 20.219.225 20.053.431 16.595.121
Houille poids en houille......

760.792 1.013.592 1.221.948 5 85.644 833.128 816.780
3 prix moyen du coke........ 2.691 2.64

2.30
3.04
2.83

3.32
.........f. 1.022.370 1.338.61411.405.363 890.778 1.179.148 1.356.253)
l aton poids.................. q.m. 1 9.004.084 10.315.472 11.165.521) 11.597.975 11.103.1971 10.079.960)
Totale. valeur.....

.........f. 13.903.567| 16.859.131 19.684.837| 21.110 003| 21.232.579| 17.951.374 Totaux poids......

.....q.m. 20.715.753 24.238.196 27.048.247 36.332.470 29.434.599) 25.349.543 généraux ( valeur............................I.

......f.28.528.248' 35.741.857| 42.733.861) 38.560.720| 49.842.099| 41 337.4651

............

. m

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Travail de la fonte.

...1.

carbonisee.

valeur.......

S poids....

Total.

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Houille consommée dans l'industrie

du fer.

Travail du fer et de l'acier.

carbouisee. I valeur .......!

les neuf dixièmes de notre production; les autres n'ont, isolément et pour une année quelconque de ladite période, jamais produit 1,000,000 quintaux métriques. J'ai récemment donné, ici même (1), les chiffres de l'extraction des 11 bassins en question pour 1857, et je crois inutile d'en parler de nouveau ; j'en dirai autant des détails de notre exportation houillère, à laquelle n'auraient concouru, en 1858, que les bassins de la Loire (Suisse, États sardes, etc.), du Nord (Belgique, etc.), d'Alais (États sardes, Espagne, Algérie, Autriche, etc.), de Ronchamp et du Prae (Etats sardes). Je crois également inutile de m'arrêter ici à la classification industrielle des combustibles minéraux, dont les prix ne se trouvent même point en concordance avec cette classification, attendu qu'ils dépendent, avant tout, des conditions de l'offre et de la demande. Je ne dois point oublier, enfin, que je m'adresse à des économistes, parfaitement en état de déduire les conséquences naturelles du tableau général que j'ai placé sous leurs yeux.

Relativement aux prix sur le carreau de la mine, il est curieux de citer les écarts considérables que peuvent déterminer des conditions exceptionnelles de gisement, d'exploitation, de circulation, etc. En 1858, le prix sur place du quintal métrique de combustible minéral s'est élevé, dans la Corrèze, à 2 fr. 68 c., et s'est abaissé, dans le Vaucluse, à O fr. 40 c.! « En ce qui concerne spécialement l'année 1859, on voit que, sur 41 départements producteurs, le prix moyen de vente du quintal métrique de houille n'a dépassé 2 fr. que dans le seul département de la Sarthe; qu'il est compris entre 1 fr. 50 et 2 fr. dans les départements de la Corrèze, de la Loire-Inférieure, du Lot, de Maineet-Loire, de la Mayenne, du Pas-de-Calais et de la Haute-Saône; qu'il varie entre 1 fr. 50 et 1 fr. dans 20 départements, et qu'il est inférieur à 1 fr. dans 43 autres. » (Rapport ministériel, p. xxvi.)-«En moyenne, le transports double le prix de la houille pour le consommateur »(Ibid., p. XXVII), et souvent il le triple, quadruple, quintuple.... Je n'ai plus à revenir sur ce sujet, dans un recueil où je l'ai récemment traité avec tous les détails qu'il peut y comporter (2). L'administration étudie spécialement, comme exemple, le bassin du nord de la France et montre la diminution considérable constatée, de 1847 à 1858, entre les prix de vente des lieux de consommation et ceux des lieux de production, pour 9 des départements que ce bassin approvisionne plus ou moins

(1) Livraison de septembre 1860. — Le Résumé de 1847-1852 ne mentionnait que 62 bassins exploités : quelques-uns ont nouvellement apparu, d'autres sont rentrés dans le néant, de telle sorte que le Résumé de 18531859 en porte finalement 71 en exploitation. Le nombre total de nos bassins houillers peut être de 75 environ.

(2) Livraison de juillet 1860.

complétement. L'examen semblable de la répartition et des prix de vente des houilles de la Loire, dans les 44 départements où elles pénètrent, conduit aux conséquences connues sur l'importance fondamentale des frais de transport en cette matière spéciale.

Tous les départements de la France consomment maintenant de la houille (1). Les principaux à ce point de vue sont, en mettant en regard la consommation maximum obtenue jusqu'en 1860 :

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22.245.400 q. m., 1/6e de la consomm. franç. environ.
11.093.900 -
11.876.700 - en baisse notable et continue.
6.972.400 - en hausse de moitié pour 5 ans.
7.345.400 triplée durant la même période.
5.054.600 - presque doublée.
5.000.000 stationnaire.

69.588.400 q. m. Soit, pour 7 départements, plus de

la moitié de la consommation française, dont l'autre moitié se partage comme suit :

6 départements consomment de

III

IIIIII

2.500.000 g. m. à 5.000.000
1.000.000 - 2.500.000

plus de 500.000
250.000 q. m. à 500.000
100.000 - 250.000
50.000 - 100.000

moins de 50.000

Le défaut d'espace ne me permet pas de rajeunir les renseignements donnés, dans l'article Houille déjà cité, sur le nombre de départements que chacun de nos bassins ou des trois pays d'importation approvisionne, partiellement ou totalement; mais je ne dois point omettre de rappeler, comme une bonne nouvelle pour les économistes, le fait de la présence simultanée, dans quelques départements, de houilles de 5, 6, 7 et 8 provenances, qui viennent s'y faire une concurrence acharnée au grand profit du consommateur. — C'est ce qu'on peut voir sur la carte officielle dont je parlais plus haut, et même sur une seconde carte Minard, intitulée Carte approximative de l'étendue des marchés des houilles et cokes étrangers dans l'Empire français en 1858. Surune carte de France, dont les parties blanches indiquent les régions où l'on de brûle patriotiquement que de la houille nationale, des teintes

(1) On sait qu'avant 1848, le Gers et les Hautes-Pyrénées n'en consommaient pas : en 1858, ils figurent pour 3,800 fr. et 4,000 quintaux métriques.

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