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sion? Je poserai la même question à propos des considérations par lesquelles M. Dupuit y arrive. A ne prendre que ce que j'ai appelé ses prolégomènes, dont je n'ai point encore parlé jusqu'à présent, je ne vois pas non plus la critique que pourrait provoquer l'un quelconque des préceptes qu'il énonce. - L'homme a des besoins essentiels, naturels ou artificiels. Ses désirs sont innombrables et incessants. Ses jouissances ne sont limitées que par le travail nécessaire pour qu'il se les procure. L'augmentation de ces jouissances est le résultat du progrès industriel. La division du travail donne le maximum de produits avec le minimum de peine. Elle a pour conséquence l'échange de ces produits. L'échange direct n'est qu'exceptionnellement et rudimentairement possible. L'échange indirect engendre la marchandise spéciale à laquelle on a donné le nom de monnaie. Je ne saurais trop appeler l'attention du lecteur sur les chapitres où M. Dupuit parle de « cette espèce de voile qui empêche de voir la vérité; » toute cette partie, traitée de main de maitre, abonde en aperçus originaux et hardis sur le rôle essentiel des métaux précieux et le grave problème du double étalon monétaire, sur l'influence de la quantité de monnaie existante chez une nation relativement'à la valeur nominale des produits. -- L'échange indirect comprend deux opérations, la vente et l'achat, le vendeur voulant vendre le plus cher possible son produit, l'acheteur voulant l'acheter le moins cher possible, et tous les deux n'ayant aucun égard au prix de revient : d'où cette grande loi économique de l'offre et de la demande, à laquelle sont particulièrement assujettis les salaires. Il en est des nations comme des individus, au point de vue de l'échange : les produits ne se troquent jamais que contre des produits, très-divers (il ne faut pas l'oublier), au bout d'un certain temps et pour un ensemble de pays en relations commerciales.

Je sens bien que la brièveté nécessaire de cet article bibliographique lui donne un peu la forme d'une apologie; mais ceux qui liront l'ouvrage de M. Dupuit sauront à quoi s'en tenir sur ce point. Je suis certain qu'ils penseront, comme moi, qu'un économiste libre-penseur, - qui, s'élevant au-dessus des préjugés, des restrictions inutiles ou dangereuses, des expédients trop souvent prônés, voit et montre les choses telles qu'elles sont, va droit au but, rattache par des raisonnements irréfutables les préceptes de l'économie politique à un ensemble de propositions inattaquables, — rend un grand service à la science, en la simplifiant et partant en la vulgarisant.

·E. LAMÉ FLEURY.

ZEITSCHRIFT DES K. PREUSSISCHEN STATISTISCHEN BUREAUS (Journal du bureau de sla

tistique prussien), par M. le docteur E. Engel. Berlin, 1860-61. In-4..

Sous ce titre parait, depuis le mois d'octobre dernier, un recueil mensuel, destiné à remplacer les Communications statistiques que le prédécesseur du docteur Engel, M. le professeur Dieterici, avait fondées en 1848 et continuées jusqu'à sa mort. Le nouveau directeur du Bureau de statistique à Berlin a préféré, - et avec raison, croyonsnous, – la publicité d'un journal mensuel aux volumes publiés à de longs intervalles, de durée inégale. A son avis, la statistique, pour être réellement utile, « doit suivre de très près les événements auxquels elle se rapporte, et trouver la plus large publicité, parce que celle-ci est l'élément fécondant en même temps que le correctif de la statistique. » Rendre généralement accessibles les résultats des relevés et recherches statistiques, et leur assurer l'utilité pratique en les rendant promptement accessibles à tous ceux qui peuvent s'y intéresser : tel est donc le double but que poursuit M. Engel. Les premières livraisons, traitant, entre autres, de l'accroissement de la population prussienne depuis 1816, du Credit foncier, des recensements industriels et de leurs résultats, des emigrations, etc., répondent parfaitement à ce programme, ainsi qu'aux espérances que les travaux antérieurs de M. Engel permettaient de concevoir; on retrouve dans le « Journal » cette abondance de renseignements numériques jointe à une grande clarté et sagacité dans l'exposition, cette richesse de détails accompagnée de vues générales aussi élevées qu'ingénieuses, qui avaient déjà donné tant de valeur aux publications officielles de M. Engel sur la Saxe-royale. On ne peut que s'en réjouir, dans l'intérêt de la science et de la pratique, à voir ces éminenles qualités appliquées aujourd'hui à féconder et à exploiter un champ plus vaste, la Prusse. Mais ce champ n'est-il pas, lui aussi, trop étroit? et puisque le « Journal» ne doit pas rester exclusivement officiel, M. Engel, en rajeunissant les « Communications » (prussiennes) de M. Dieterici, ne pourrait-il pas se souvenir aussi, pour le ressusciter, de l'excellent recueil (Zeitschrift) de statistique allemande de feu le baron de Reden ? A tous les égards, M. Engel est à même, mieux que personne, de reprendre cette belle et utile publication si vite interrompue, nous ne voulons pas croire définitivement abandonnée ; son. « Journal » et la statistique ne pourraient que gagner à une telle extension du cadre aujourd'hui étroitement et trop modestement tracé du nouveau recueil.

J.-E. HORN.

BULLETIN FINANCIER.

SOMMAIRE. — Encore la crise américaine. - Hausse de l'escompte à Londres et à Paris.

- Hausse de l'intérêt des bons du Trésor. – L'année 1860 finit mal. – Taux moyen des reports sur les fonds français en 1858, 1859 et 1860. — Premiers, plus hauts, plus bas et derniers cours au comptant des principales valeurs négociées à Paris, Lyon et Marseille en 1860.- La Banque de France. - La loi de septembre 1807. – Tableau des Bourses de Paris, Lyon et Marseille. - Bilans de la Banque de France, du Comptoir d'escompte et de la Société générale de crédit industriel et commercial.

Dans notre dernier bulletin nous mentionnions des craintes sur le retour de difficultés commerciales du côté de l'Amérique du Nord, et nous déclarions notre religion peu satisfaite des déclarations trop optimistes de quelques publicistes touchant la cessation de ces difficultés. Nous ne croyions pas, hélas ! avoir si tôt raison ; mais la hausse de l'escompte sur toutes les places et particulièrement à Londres et à Paris est venue confirmer nos appréhensions. Actuellement les banques nationales, ayant leur siége sur ces deux places, n'escomptent pas à moins de 7 0/0 (1). Le taux d'intérêt affecté aux bons du Trésor lui-même, qui, lors de la crise de fin 1857, n'avait pas été augmenté et qui depuis était retombé au minimum de 1 1/2, a crû tout à coup de 1 1/2 et 2 0/0. Il est encore, il est vrai, de 1 0/0 inférieur au taux de 1857, mais enfin il a subi une augmentation fort brusque et peu habituelle. Nous signalons ce fait qui aura peut-être plus tard sa signification.

Le mois de décembre a été fort agité; des luttes dans lesquelles les intérêts de personnes apparaissaient plus que de coutume ont imprimé à la rente, plus qu'aux actions de chemins de fer, des variations dans diverses directions, et en fin de compte l'année a fort mal fini. Nous n'entrerons, à cet égard, dans aucun

(1) Voici la progression des chiffres de l'escompte depuis le commencement de 1860, pour la France et l'Angleterre : BANQUE D'ANGLETERRE.

BANQUE DE FRANCE. 1860. 18 janvier........... 3 0/0 1860. 12 novembre. ....... 4 1/2 0/0

30 - ........... 4 0/0 1861. 2 janvier........... 5 1/2 0/0
29 mars.....
4 1/2 0/0 - 8 - ......

.. 7 0/0 - 12 avril...

5 0/0
10 mai....... .. 1/2 0/0
24 - ....... .. 4 0/0
9 novembre

4 1/2 0/0
13 -

5 0/0 - 15

15 - .
29 -

... 5 0/0 - 31 décembre........ 6 0/0 1861. 7 janvier...... .... 7 0/0

IIIIIII

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détail; mais le tableau ordinaire de décembre et le tableau suivant qui résume les variations annuelles et les premiers et derniers cours de l'année sera la justification de notre affirmation. Commençons par dire que le report moyen des rentes a été plus faible cette année que les deux précédentes, au moins pour le 3 0/0. Pour cette dernière rente, il avait été de 4.48 0/0 en 1858, et de 1.81 en 1859; en 1860, il n'atteint que 1.10 0/0. Pour le 4.1/20/0, après avoir été de 3 0/0 en 1858 et de 0.19 en 1859, il remonte à 0.88 0/0 en 1860.

PR. COURS. | PL. HAUT. | PLUS BAS, |DERN. COURS Fonds publies. 4 1/2 0/0 Français 1852. 96 00 98 25 94 75 96 80 4 1/2 0/0 Français 1825. 96 00 96 50 95 00 95 50 4 00 Français. 86 00 87 00 84 00 86 25 3 00 Français 68 95 71 40 67 10 67 55 3 00 Anglais.... 955/8 95 7/8 92 1/4 923/8 5 0/0 Anglo-Autrichien. 82 1/2 83 00 72 00 72 00 5 00 Autrichien (florins) 0 00 60 00 50 00 0 00 4 1/2 0/0 Belge .... ..... 99 1/2 100 00 96 1/2 98 1/2 3 00 " - - -- • - - • • • -- • - - 0 00 79 3/4 73 1/2 0 00 2 1/20/0 - ................ 0 00 57 00 55 00 0 00 3 00 Extér. Espagnol 1841...... 44 1/4 51 00 43 1/2 50 00 3 0/0 — - 1852 441/2 51 00 , 42.1/2 50 00 300 Intér. Espagnol............ 43 00 50 00 42 00 49 00 Dette différée Espagnole.......... 33 00 42 00 34 1/4 41 3/4 Dette passive Espagnole.......... 11 00 24 1/4 11 00 23 00 Annuités d'Haiti............... - - 635 00 740 00 635 00 740 00 2 1/2 0/0 Hollandais............ 0 00 65 1/2 62 1/2 0 00 5 00 Napolitain ................ 108 00 108 00 78 00 80 00 300 Portugais................. 0 00 46 7/8 44 1/2 46 1/2 5 00 Piémontais................ 85 00 85 00 76 2 78 60 30/0 Piémontais................ 53 00 53 00 49 00 49 50 . Piém. 1834................ 1050 00 | 1115 00 | 1050 00 | 1110 00 - - 1849................ 950 00 980 00 937 50 980 00 - - 1850................ 950 00 980 00 950 00 980 00 5 00 Romain .................. 82 1/2 85 1/2 71 3/4 72 1/2 4 1/20/0 Russe................ 953/4 97 1/2 91 00 94 00 0bligations diverses.

Ville de Paris 1852.............. 1105 00 | 1135 00 1085 00 | 1110 00 - 1 j0. ... ... • • • . 480 00 500 00 470 00 472 50 Seine.......................... 225 00 235 00 220 00 231 25 Ville de Lyon 1854-56........... 1075 00 | , 1095 00 | 1037 50 | 1090 00 - 1859....... ... .. . 1045 00 # # # # # VilledeMarseille1839-44 (41/20/0)| 930 00 - - 46 25 - # 1075 00 | 1120 00 | 1065 00 | 1105 00

- 1854... (5 0/0)| 1016 25 | 1025 00 1001 25 | 1025 00

- 1857... (51/40/0)| 1020 00 1030 00 1002 50 1025 00

- 1860... (5 0/0 0 00 | 1025 00 | 1000 00 | 1007 50 Ville de Lille................... 0 00 96 25 91 25 93 75 Crédit foncier....... 500-4 0/0| 470 00 500 00 466 25 480 00 - 500-3 0/0| 440 00 475 00 440 00 463 75

- 100-4 0/0 96 25 101 25 95 00 97 50

- 100-3 0/0 87 50 98 75 87 50 91 25

- 1000-3 0/0| 991 25 | 1035 00 988 75 | 1010 00

- Communales... 0 00 447 50 440 00 442 50 Ports de Marseille..... - - - - - - - - - - 485 00 510 00 470 00 500 00 Messageries imp. — Serv. maritim.| 515 00 532 50 513 75 527 50 ines de la Loire anciennes ...... 1130 00 | 1170 00 | 1130 00 | 1170 00 - nouvelles....... l 1000 00 l 1025 00 990 00 | 1022 50

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Vieille-Montagne ................
Châtillon ct Commentry..........
Horme anciennes........... - • • • -

- nouvelles. ...............
J.-F. Cail et C°.................
Rue Impériale de Lyon ..........
Docks de Marseille...............
Gaz de Ly0n. ...... ...... - - - - - - -
Gaz de Paris....................
† génér. des Eaux..........
Combrigol (Lyon)............. ..

bIigat. de chemins de fer.

Saint-Germain 1843...... - - -- - - -
Versailles R. D. 1843............

- nouvelles........ . Paris à Rouen anciennes.......... - nouvelles....... .. . Rouen au Havre anciennes........ - nouvelles........ Strasbourg à Bâle anciennes. ..... - nouvelles.. .. .. Ouest 1852-54 ................. . Paris à Lyon............. . 5 0/0 Avignon à Marseille.......... • • • • Montereau à Troyes.............. Rhône à la Loire.......... 4 0/0 Lyon-Méditerranée......... 4 0/0 Ouest (Dieppe et Fécamp)... 4 0/0 Orsay (Paris à Sceaux)..... 4 0/0 Amiens à Boulogne......... 4 0/0 Est (Paris à Strasbourg).... 5 0/0 Grand-Central (anciennes). 3 0/0 - (nouvelles)... 3 Rhône à la Loire.......... 3 0/0 Lyon à la Méditerranée. ... 3 0/0 Paris à Orléans ........... 3 0/0 d

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Paris à Lyon..... - - - - - - - - - 3 0/0
Ouest...... --- ... .. · · · · · . 3 0/0
Bourbonnais .............. 3 0/0
Midi ... ... .. .. .. -- .. • . .. . 3 0/0
Bességes à Alais........... 3 0/0
Est (Paris à Strasbourg).... 3 0/0
Ardennes.. .. ........ .. .. . 3 0/0
Dauphiné.. .. -- ... .. ... .. • . 3 0/0
Paris-Méditerranée-fusion... 3 0/0
Béziers à Graissessac...... 3 0/0
Autrichiens. ......... ... . 3 0/0
Lombard-Vénitien. ........ 3 0/0
Romain. .... .. ... ... . · ... 3 0/0
Sarag0sse. ............... 3 0/0
Séville-Xérès......... ... .. 3 0/

Séville-Cordoue. ........ .. 3 0/0
Pampelune-Saragosse. ..... 3 0/0
Nord-Espagne......... .. .. 3 0/0
Montblanch-Reus.. ..... ... 3 0/0

Ligne d'Italie............. 30/0

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