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de Crimée les armées françaişezet; anglaise.ont bien su apprécier la commodité et la bonté de ce vêtement. Les peaux chamoisées d'élanade daim, de chevroau comptent une trentaine d'établissements, dont les plus importants sont dans le gouvernement de Moscou. Les peaux pour la ganterie sont encore fort de fectueuses, et les fabriques, de gants qui commencent à se multiplier à Moscou et à Saint-Pétersbourg se servent principalement de peaux de France,

Enfin, il y a maintenant en Russie quatre ou cinq établissements pour la fabrication des cuirs vernis qui commencent à prendre de l'importance. Yarı sovie possède des fabriques importantes de cuirs, vernis, de maroquins et de peaux chamoisées. L'industrie des cair en Russie a devant elle un grand avenir, puisque une grande partie de la population rurale, surleut daņs la grande Russsie et la Russie Blanche, se sert encore pour chaussures de souliers en écorce de tilleul, dits layotéz et n'emploie que fort peu de bottes en cuir.

Industrie des suifs et autres malferes "auimales. L'ininense quantité de bétail élevé dans les steppes du midi et de la partie 'occidentale de la Russie d'Europe et en Sibérie donne lieu à une production considérable de suif. Cette matière première constitue le principal reveni agricole de tous ces pâturages. La viande n'y a que fort peu de valeur, et quant aux cuirs et autres débris des animaux abattus, on ne sait encore en tirer tout le parti avantageux. On ne peut évaluer à moins de 7 millions de pouds la quantité de suif obtenu tous les ans en Russie. La moitié de cette masse environ est exportée à l'étranger et constitue un des articles les plus importants du commerce de la Russie avec l'Europe. Il est à remarquer toutefois que cette exportation n'est plus aussi considérable qu'il y a une quinzaine d'années ; elle se maintient encore au chiffre moyen de 3 millions et demi de pouds (valeur de 50 millions de francs environ). Généralement le suif n'est pas fondu dans les contrées où on élève le plus de bétail : les animaux sont amenés sur pied dans les localités avantageusement situées sous le rapport des communications. Les principales fonderies sont dans les gouvernements de Tambou, de Voronèse, de Koursk, d'Orel, de Moscou, de Kazan et d'Orenbourg. La fonte des suifs s'opère presque partout avec beaucoup de précipitation et de négligence; le suis de gros bétail est souvent confondu avec celui de mouton; sous le rapport technique cette grande industrie nationale est aussi stationnaire, et on n'y peut signaler que fort peu de perfectionnement.

Le suif sert en Russie de base à trois fabrications importantes : celles des chandelles, des savons et de bougies stéariques. Les chandelles russes participent de tous les défauts de la matière première : elles sont coulantes, puantes et mal fabriquées en général. Les bonnes mèches viennent de l'étranger, celles du pays sont le plus souvent défectueuses. L'usage de ce luminaire est encore peu repandu parmi les paysans, qui s'érlairent pendant les longues soirées d'hiver au moyez de morceaux de Lois sec 'lou!chins. La fabrication des saTons, à base de polasse principal meat, est assez répadue, ma prexeple peu de perfectionnements : les bonnes fabriques de savon sont de rara exceptions. Les savons de Kazan ont le plus de réputation; mais ils sont nous et ont une mauvaise odeur. Depuis l'extension des fabriques de stearine, cette industrie a gagné une nouvelle matière première, l'oléine, que l'on commence à utiliser. Il y a vingt à trente ans, la Russie exportait 8 à 10 mille pouds de savon; en 1824-26 la moyenne de cette exportation était de 8,226 pouds; en 1848-50 elle est tombée à 1,800 pouds. On peut citer quelques savonneries à vapeur établies depuis peu à Moscou et à Kazan. - La fabrication des bougies stéarines est en Russie une industrie de très-fraiche date. Elle a été introduite en premier lieu à Moscou en 1837 par un ingénieur français, M. Callet. Maintenant il y a déjà une vingtaine d'établissements partagés entre Moscou, Saint-Pétersbourg, Odessa, Kazan et Ecatherinbourg. Il y en a aussi en Pologne. La production atteint déjà 300,000 pouds. On a fait des essais d'exportation à Hambourg qui ont bien réussi. Les droits élevés, dont la plupart des tarifs étrangers frappent la stéarine et les bougies stéariques, s'opposent pour le moment au développement de cette branche de commerce avec l'étranger.

Les divers débris d'animaux, tels que crins, soies de porcs, cornes, sabots, os, plumes, boyaux, etc., constituent en masse un article important d'exportation , mais sont peu ou point utilisés par les manufactures russes. Il n'y a que 4 ou 5 fabriques de tissus de crin et une quinzaine de brosseries. Ces der. nières se bornent à la confection des produits les plus communs ; les produits fins, provenant d'une fabrique de Moscou, sont peu satisfaisants. Il n'y a pas de fabriques de noir animal proprement dites : les usines à sucre achètent partout les os et les calcinent elles-mêmes. On n'a pas songé encore sérieusement en Russie à utiliser pour le commerce extérieur et même intérieur, l'énorme quantité de viande qui provient des bestiaux abattus pour la fonte des suifs. Il est juste de dire que l'utilisation en général des matières animales vient enfin d'attirer l'attention des capitalistes de ce pays : une compagnie par actions, formée en 1854, dont le siège est à Saint-Pétersbourg, y a fondé, et a Ecaterinbourg (gouvernement de Perm), deux établissements pour les savons et la stéarine. Une autre compagnie, plus spécialement destinée à la salaison des viandes et l'emploi des débris d'animaux, est entrain d'organiser son exploitation dans le midi de la Russie, à Rostow sur le Don et à Taganrog.

A. BOUTOWSKI.

- La suite au prochain numéro,

BUDGETS DES FINANC ES

DES PRINCIPAUTÉS-UNIES DE VALACHIE ET DE MOLDAVIE (1).

BUDGET DEs DÉPENSES.

Nous avons vu que le budget total des dépenses pour les deux Principautés s'élevait, l'année dernière, à 118,355,786 piastres, soit 42,608,082 francs.

Dans ce total, 73,471,345 piastres (26,449,684 francs) appartiennent à la Valachie; 44,884,441 piastres (16,258,398 francs) à la Moldavie.

Ces deux fractions se répartissent ainsi entre les divers ministères dans chaque principauté :

VALACHIE. MOLDAVIE,
Intérieur. .................. P. 10.071.748 5.319.320
Travaux publics............. 9.178.252 7.658.022
Finances................... 16.602.997 8.737.598
Contrôle .................. » 380.510 )
Affaires étrangères.......... 1.092. 170 890.536
Justice. .................... 5.132.340 3.252.900
Cultes et instruction publique. 14.013.328 7.112.856
Guerre..................... 17.000.000 11.913.209
{l,, -
Totaux............ P. 73.471.345 44.884.441

Examinons maintenant les budgets de chaque ministère en particulier. Nous puiserons dans cet examen, même sommaire, quelques renseignements intéressants sur l'administration et l'organisation intérieure des Principautés.

INTÉRIEUR.
Le département de l'intérieur comprend les services suivants :

VALACHIE. MOLDAV1E. d) L'administration proprement dite et la police. P. 6.743.341 4.245.720 o) Le service sanitaire....................... 1.794.152 565.836 o) Les prisons............................... 1.067.911 507.764 o Les postes............................... 1.398.394 » (1) o) Les archives de l'État..................... 37.700 » (2) f) Les théâtres............................. 282.250 (4) » (3)

(1) Voir la livraison de janvier, p.71. (2) Compris dans le département des finances. Voy. ci-après. (3) Compris dans le département de la justice. Voy. ci-après. (4) Compris dans le département des affaires étrangères. Voy. ci-après. (5) Le total des sommes ci-dessus présente un excédant d'un peu plus d'un million (1.252.000) sur le chiffre énoncé plus haut. Cette différence provient de ce que, parmi ces sommes, il en est qui sont imputables par parties sur le budget de l'année suivante. a) Administration proprement dite et police. Sous le rapport administratif. la Valachie est divisée en 17 districts, ou départements subdivisés en 100arrondissements renfermant 3,348 villes, bourgs ou villages. Les départements sont administrés par des préfets, et les arrondissements par des sous-préfets (1), nommés, ainsi que tous les autres fonctionnaires, par le prince. Chaque village a un préposé (percalabe), élu par les habitants et chargé de percevoir l'impôt (2). Un petit nombre de villes (14 en Valachie, 6 en Moldavie) se sont formées en communes et possèdent une caisse municipale alimentée par les octrois. Cet état de choses qui tient à la constitution particulière de la propriété dans les pays roumains devra disparaître en même temps que les rapports entre les propriétaires et les paysans auront été modifiés conformément à l'art. 46 de la Conyqntiqni et l'une des eonséquences les plus immédiates de çqtte grande et salutaire mesure sera la transformation-de-la terre ou duvillage 6Il C0IIlIIlllIl0. ------ " " - La Moldavie comprenait autrefois 13 départements ou districts, 63 arrondissements, et 1,933 villes ou villages. Elle compte aujourd'hui, par suite de la rétrocession d'une partie de la Bessarabie, consentie en 1856 par la Russie (3), 15 départements, 69 arrondissements, 90 villes et gros bourgs et 2,302 villages.g,o • ..*

b)Service sanitaire.—Ce service comprend, d'une part, les quarantaines et le service des ports; de l'autre, le service médical dans la capitale et les districts, avec un personnel en Valachie de 212, en Moldavie de 54 individus, médecins, chirurgiens, aides, vétérinaires, sages-femm , etc., que TÉtat place et entretient à ses frais dans chaque chef-lieu de district et dans les principaux centres de population, et qui doivent gratuitement leurs soins aux malades et auxinfirmes : belle institution qui date du Règlement organique,o

, c) Prisons,- Le régime des prisons a été beaucoup amélioré notamment en Moldavie, sous le règne du feu prince G. Ghika. Outre un pènitencier dans la capitale (Jassy), il existe des maisons d'arrêt et de détention assez bien entretenues dans la plupart des chefs-lieux de district. La peine des travaux forcés, soit à vie, soit à temps, est subie dans les salines de l'État. Une fois descendus dans les carrières, les condamnés n'en sortent qu'après l'expiration de leur peine. -- • ^ * • - - " à Fostes (;). — s'a#it l'état déplorable de ce service. L'État se préoccupe des moyens de le rosor§r et de l'améliorer. D'après un projet qui doit être §umis aux Chambïes cette année, tóûtés lès villes et les principaux villages Lfi ! nr...-Uo § cette dénominatien a remplacé les anciens noms d'ispraeniks et de privighitors, attribués aux chefs de l'administration dans les districts et les sous-districts. (Décret du 5 février 1859.) - -- • - - - • • • • • • • • •

(2) Voy. ci-après. ., , , , uemu***

(3) Art. 20 et 21 du traité du 30 mars. On sait que la Bessarabie tout entière faisait autrefois partie de la Moldavie, de laquelle elle fut détachée en 1812 et cédée à la Russie par le traité de Bucarest. 42•" ...t - .. , a rt rin 4 * -

(l) A partir de l'exercice courant (1861}, des pestes doivent cesser de faire partie du départament de l'intérieur et être féunies aux finances. (Vote de l'Assemblée du 2S aoit 1860.) • • • .. .... Aaaioa qo'o " " -- , •.1 to

seront desservis par un bureau de poste. Il est question, en outre, de fondre les deux administrations, valaque etmoldave, en une seule, et de conclure des conventions postales avec les États limitrophes, demanière à affranchir le pays du tribut qu'il paie à l'étranger. En effet, les Principautés ne communiquent jusqu'ici avec l'extérieur qu'au moyen des postes russes, autrichiennes, etc., qui reçoivent une subvention de l'État et entretiennent une agence à Bucarest et à Jassy. On comprendra aisément les inconvénients de toute nature qu'engendre un pareil système.

En Moldavie, l'administration des postes relève du département des finances. Elles figurent au budget général de ce ministère pour une somme de 1,550,000 piastres.

e) Archives de l'État.—En Moldavie, les archives sont réunies au ministère de la justice. (Voyez plus bas.)

(f Théâtres.— Les théâtres sont placés sous la surveillance d'un comité spécial, qui examine les pièces et en autorise la représentation. Il existe à Bucarest deux théâtres subventionnés par l'État, le Théâtre national et le Théâtre italien (opéra, ballets, etc.).

En Moldavie, les théâtres ressortissent à la secrétairerie d'État (ministère des affaires étrangères). Voyez plus bas.

TRAVAUX PUBLICS,

En Valachie, les travaux publics forment une simple direction dépendant du ministère de l'intérieur. En Moldavie, ils constituent un ministère séparé (1). Le budget de ce département se compose de la manière suivante :

VALACHIE. MOLDAVIE.
a) Administration cêntrale............ P. 418.920 305.400
b) Ponts et chaussées..... - - - - 6.000.000 4.719,082
c) Lignes télégraphiques............. 1.920,662 975.644
d) Dépenses diverses, mines, postes et
édifices publics(Moldavie), etc... 838.670 1.657.896

J'ai signalé précédemment dans les Principautés, et principalement en Valachie, l'absence à peu près complète de voies de communication. Il serait superflu d'insister sur les préjudices qu'un tel état de choses crée à l'agriculture et au commerce. Il résulte de calculs faits par des hommes spéciaux que les dépenses et les retards des transports, joints aux faux frais, absorbent dans l'exploitation de la propriété plus d'un tiers des revenus (2). Le gouvernement

(1) Au mois de décembre dernier, le gouvernement valaque présenta à l'assemblée élective un projet de loi tendant à ériger la direction des travaux publies en un ministère ordinaire, et à supprimer, par contre, le ministère du contrôle (Voy. plus bas), de manière à compléter l'assimilation avec la Moldavie, sans changer le nombre des départements ministériels. Après des débats assez vifs, le gouvernement retira son projet et adhéra au maintien du statu quo jusqu'à la mise à exécution des projets pour la réorganisation générale de tous les ministères et pour la création de la Cour des c0mptes.

(2 Message de S. A. S. le Prince aux assemblées de Valachie et de Moldavie, en date du 6 (18) décembre 1859.

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